‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 6 sur 136 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

contre ïes pirate» du Nord, expire à Aix-la-Chapelle , le 28 janvier 814, saûs avoir pu consolider son empire. Les Saxons, affaiblis par la défaite, se sont à peine courbés sous le joug, que des essaims de Danois, de Suédois et de Norwégiena, confondus sous la désignation générale d'hommes du Nord ou Normands, se ruent sur l'héritage des Cartovingiens.

Plusieurs Yikings ou rois de mer avaient déjà abordé en Frise. Maîtres des embouchures de l'Escaut, ils se présentèrent, en 837, devant le château d'Anvers, dont les chefs s'étaient fait chrétiens. Ce burg, grossièrement construit, se trouvait, comme nous l'avons dit, près du rivage. Une église, fondée par saint Amand, dominait l'ancien camp saxon. Les habitants, dans le but de per* mettre aux navires d'aborder sans difficulté, avaient établi une longue jetée dans les eaux, pour servir de débarcadère. A cette jetée aboutissait une double digue qui , traversant les marais, se prolongeait d'un côté vers Deurne, l'ancienne villa Turinum, et de l'autre côté s'étendait jusqu'à Kiel.

A peine arrivés, les hommes du Nord saccagent l'église et s'installent dans le burg, qui devient leur quartiergénéral. Ayant reçu des renforts, ils suivent la rivière de Schyn, alors navigable, détruisent le monastère de Saint-Fredegand et, Rengageant dans le Rupel, laissent partout des traces sanglantes de leur passage.

Revenus à Anvers avec leur butin, ils relèvent les

murailles du burg et y ajoutent de nouvelles fortifications, tandis que leurs ennemis, au lieu de songer à conjurer les dangers qui les menaçaient, s'armaient les uns contre les autres. Le littoral belge, qu'on ne songeait plus à leur disputer, devait présenter, à cette époque, un tableau désolant, car la mer s'y précipitait, à chaque marée, brisant ses digues, bouleversant les dunes, et roulant ses vagues au loin dans la plaine. Un débordement terrible couvrit, vers ce temps, une partie de la Hollande, remplit de sable et de limon l'embouchure du Rhin, et l'obstrua presque entièrement. Les eaux du bras droit du fleuve, n'ayant plus d'issue, s'épanchèrent par deux canaux, creusés autrefois par les ordres de Drusus et de Gorbulon, ne laissant d'autres traces de leur ancien parcours que quelques ruisseaux, qui allaient se perdre dans la vase.

Ces faits, constatés par de nombreux témoignages, nous donnent une idée des transformations qui ont dû s'opérer sur nos côtes durant les premiers siècles de notre ère. Nous allons essayer d'en tracer une esquisse.

Le sol s'étant abaissé insensiblement à la fin de la domination romaine, une vaste nappe d'eau s'était formée à l'extrémité occidentale du pays, alimentée sans cesse par deux courants rapides, dont l'un débouchait vers Calais, et l'autre vers Mardick. Cette espèce de lac se prolongeait jusqu'à Saint-Omer, et formait, des villes d'Arbres et de Guisnes, deux positions maritimes fort impor-

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