‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 62 sur 136 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

la politique royale. Désormais la domination espagnole était odieuse à tous, même à ceux qui étaient restés fidèles jusqu'en ce moment à la cause de la légitimité. Les étals des provinces belgiques, à l'exception du Luxembourg, se mirent aussitôt en rapport avec le prince d'Orange, et envoyèrent des députés en Flandre, où l'on attendait les délégués des états de Hollande et de Zélande. Ils y conclurent la fameuse Pacification de Gand, qui avait pour but d'assurer, par une fédération entre le Nord et le Midi, le rétablissement des anciennes libertés du pays, l'expulsion des troupes étrangères, et la fin des persécutions religieuses.

Tandis qu'on célébrait avec joie ce grand événement, un nouveau gouverneur, don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles-Quint, était arrivé à Luxembourg. Les forces dont il disposait étant peu considérables, il se montrait plein de condescendance envers les états, et s'en fit reconnaître, en accédant au renvoi des soldats étrangers, ainsi qu'aux clauses de la pacification de Gand. Les Espagnols, obéissant à ses ordres, évacuèrent la citadelle d'Anvers le 26 mars 1577, et la remirent au duc d'Aerschol. Ces démonstrations n'étaient rien moins que sincères, et tandis qu'il cherchait à inspirer une fausse sécurité à ses adversaires, il attendait de puissants secours de France et d'Allemagne. Voulant s'assurer la possession de quelques places fortes, comme base de ses opérations, il s'empara par surprise du château de Namur, tandis que ses ageui A

parmi lesquels se trouvaient Louis de Blois , seigneur de Treslong, et les colonels Frondsberg et Fugger, prenaient les mesures nécessaires pour le rendre maître d'Anvers, en l'absence du duc d'Aerschot. Les intrigues de ces derniers eussent probablement été couronnées de succès, si des lettres interceptées à Bordeaux n'en, avaient révélé le mystère. Treslong fut arrêté par ses propres soldats, le 1 er août 1577, et le baron de Liedekerke prit possession du château au nom des états.

Ce coup de main produisit une vive émotion parmi la garnison allemande de la ville, où don Juan comptait de nombreux partisans. Ceux-ci, entraînant leurs compagnons d'armes, les réunirent sur la place de Meir où tous se hâtèrent d'élever des barricades, en criant à la trahison. Les bourgeois, effrayés, cherchaient à obtenir leur départ à prix d'argent , lorsqu'une escadre de navires zélandais , toutes voiles déployées, se présenta au tournant du fleuve, en face de la Nouvelle -Ville. L'amiral de Haultain, informé de ce qui se passait, venait prêter son appui aux habitants, et les aider à se soustraire aux exigences des mercenaires de l'Espagne. Quelques décharges d'artilleries, lancées vers la Nouvelle -Ville, portèrent le trouble dans les rangs des séditieux, qui se précipitèrent vers la porte de Slyk, fuyant la vengeance des Gueux de mer. Les Anversois, après dix ans d'oppression, recouvraient leur indépendance et leurs libertés. Quelques jours après, le 24 août, le Large-Conseil, avec l'autorisation des

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