‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 64 sur 136 · CHAPITRE IX. 1Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 1Î

ticien, s'affermissait de plus en plus dans les districts wallons.

La situation des affaires, d'abord douteuse et incertaine, se dessine bientôt d'une manière plus nette. De grands changements, destinés à devenir perpétuels modifiaient insensiblement la condition intérieure du pays, et nous les trouvons accomplis en 1581. Le prince d'Orange, désirant mettre les villes du nord à l'abri de la désorganisation qui affaiblissait la résistance des populations belges, leur avait fait conclure la célèbre Union d'Utrecht, suivie bientôt d'une déclaration d'indépendance, basée sur la déchéance de Philippe H. Les cités flamandes, après de longues négociations avec le duc d'Alençon, connu plus tard sous le nom de duc d'Anjou, avaient fini par accepter ses offres, et l'attendaient d'un moment à l'autre.

Le 10 février 1582, quinze grands vaisseaux jetèrent l'ancre à Flessingue. Le duc d'Anjou, suivi du comte de Leicesler, des lords Hunsdon, Willougby, Sheffield et Howard, de sir Philippe Sidney et de plusieurs autres seigneurs, débarqua aussitôt. Il fut reçu à son arrivée par le prince d'Orange, accompagné d'une nombreuse députation des étals généraux. Accueilli brillamment par les habitants de File de Walcheren, le duc visita Mie delbourg, et remit à la voile quelques jours après, pour Anver3.

Une flotte de cinquante-quatre navires, décorés de dru

HISTOIRE DE i/SSCAUr.

m HISTOIRE DE LESCAUT.

peaux et de banderolles, le transporta, ainsi que les seigneurs et les députés des-élats, jusqu'à la grande métropole commerciale. Il prit terre à quelque distance de la ville, un antique usage lui en défendant l'entrée avant qu'il' n'eût contracté rengagement de respecter les privilèges de ses nouveaux sujets.

Le fleuve, rempli de bâtiments de tous genres, pavoises de vives couleurs, présentait un magnifique coup d'œil. On avait construit sur ses rives, où se pressaient des milliers de spectateurs, une vaste plate-forme, ao centre de laquelle s'élevait un trône, recouvert de velours brodé d'or. Vingt mille hommes de troupe bourgeoise, revêtus de somptueux costumes, entouraient cette estrade, sur laquelle prirent place le duc d'Anjou, le prince d'Orange, les principaux membres des états du Brabant, et d'autres grands personnages. Le duc y jura de respecter i la constitution du pays, et y reçut le serment du pensionnaire d'Anvers et des magistrats de la ville. Les trompettes sonnaient joyeusement, des hérauts jetaient de la monnaie d'or et d'argent à la foule, et celle-ci répondait à ces largesses par des vivats et des chants de fête.

François d'Anjou, en succédant à l'archiduc Malhias, ne devait pas jouir d'une autorité plus étendue. Il avait accepté toutes les anciennes chartes, et se trouvait, en réalité, à la tête d'un gouvernement républicain. Une partie de la population l'avait même accueilli avec la plus grande méfiance, et le lui témoigna en le soupçonnant

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