‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 66 sur 136 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et le son lugubre du tocsin commença à se mêler aux décharges de mousquèterie. La lutte, d'abord confuse et inégale, devint bientôt plus vive et plus acharnée. Partout les bourgeois couraient aux armes. Des barricades se dressaient devant les soldats, dont les rangs s'éclaircissaient peu à peu, tandis que ceux de leurs ennemis s'accroissaient rapidement. La population anversoise, secouant sa première stupeur, se levait en masse, frémissante d'indignation et de colère, et combattait pour ses foyers. Les étrangers, se voyant arrêtés dans leur premier élan, plièrent à leur tour, essayèrent de battre en retraite, puis, débordés par la foule, menacés de toutes parts, prirent la fuite dans le plus grand désordre. Une seule issue leur était ouverte, la porte de Kipdorp, et tous s'y précipitèrent à la fois. Cet étroit passage fut bientôt bloqué, et un grand nombre de personnes y perdirent la vie. Quinze cents prisonniers, parmi lesquels se trouvait Fervaques, évêque de Goutances, et plusieurs seigneurs de haut lignage, restèrent entre les mains des bourgeois.

Le duc d'Anjou, qui se tenait hors des murs, assista au dernier acte de ce drame sanglant. Consterné de l'échec éprouvé par les siens, il se retira vers Termonde, tandis que les Malinois, enfonçant les digues de la Dyle, noyaient une partie de son armée dans les grandes plaines qui s'étendent entre Anvers et Malines.

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