‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 72 sur 136 · CHAPITRE X. iS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. iS

Saint-Jacques, de Saint-Georges, de la Palissade et de Stabroek. Le comte de Mansfelt était campé près de ce dernier, et entretenait, par la digne, des communications avec les gardiens du pont, et le quartier général de Beveren.

Ce fut sur ce sol marécageux, qu'il s'agissait de plonger sous les flots, que Marnix de Sainte-Aldegonde se décida à livrer une nouvelle bataille à l'ennemi. Trois fanaux, allumés sur l'une des tours d'Anvers, devaient annoncer aux Zélandais le départ de la flotte anversoise, et le commencement du combat. Après de nombreuses alertes, ayant pour objet de fatiguer l'armée espagnole, les marins du comte de Holenhohe, par une nuit sombre et brumeuse, virent enfin briller les signaux convenus. Cinq cents hommes furent détachés aussitôt vers la digue, et repoussèrent les troupes royales, auxquelles ils firent subir des pertes considérables. La garnison des forts voisins, accourant au bruit de la lutte, les arrêta dans leur retraite, et força les assaillants à reculer à leur tour. Les Zélandais, ne se voyant point secourus par les Anversois, se replièrent en désordre, et abandonnèrent enfin, après une vaillante résistance, le terrain qu'ils venaient de conquérir. On les poursuivit jusqu'à leurs vaisseaux, où ils eurent à peine le temps de se rembarquer.

Une seconde attaque, mieux concertée et plus régulière, fut aussitôt projetée. Elle fut fixée au 16 mai 1585, et nul moyen ne fut négligé pour en assurer le succès. Les

Hottes de Hollande et de Zélande, unies à celle d'Anvers, formant un total de deux cents vaisseaux, reçurent Tordre d'assaillir en même temps la contre-digue de C^uwenstein, tandis que Giarobelli, à l'aide de ses brûlots, opérerait une diversion sur l'Escaut.

Ce combat devait être décisif. Les confédérés se mirent en mouvement, au jour indiqué, et débarquèrent presque en même temps sur un point situé à égale distance des deux forts de Saint-Georges et de la Palissade. Us s'y retranchèrent aussitôt, sous les yeux de l'en Demi, à l'aide des matériaux qu'ils avaient apportés avec eux, tandis que leurs pionniers, pleins de zèle et d'ardeur, commençaient la démolition de la digue. La flotte était munie d'une artillerie considérable, et les protégeait contre les Espagnols. Ceux-ci sortirent cependant de leurs redoutes, et, tandis que les canonsdu fort Saint-Georges ouvraient le feu contre les navires confédérés, ils se ruèrent sur leurs adversaires. Une mêlée furieuse s'engagea sur cet étroit terrain, battu par les vagues, où allaient se dénouer les destinées d'une grande et belle ville commerciale. On combattit corps à corps, sur les deux versants et au pied de la digue, avec un indicible acharnement. Marnix donnait l'exemple aux siens, et déployait un courage et une valeur que les écrivains catholiques eux-mêmes ont loué. Après une lutte prolongée, les Espagnols, ayant perdu la plupart de leurs officiers, commencèrent leur retraite, et se replièrent vers les forts.

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