CHAPITRE X. ttt
Uur départ excita un vif enthousiasme parmi les confédérés, qui ae doutèrent plus du succès* de leur entre* prise, La rupture de la digue exigeant un assez long travail, ils commencèrent à décharger les bateaux hollandais, sans» attendre que le passage fût navigable, et à en transporter la cargaison jusqu'aux barques anversoises, Munis de Sainte-Aldegonde, accompagné du comte de Hoheolobe, monta bientôt à. bord d'une de ces barques, et cingla en triomphe vers la viUe, où il fut reçu au son des clocles, et au bruit des salves d'artillerie.
Tandis qu'on se réjouissait à Anvers de ce brusque revirement de fortune, le prince de Parme s'apprêtait à faire un effort suprême pour relever l'honneur de ses armes. Réunissant à la hâte deux cents hommes d'élite, il accourt vers le Cwwnsttin, rétablit l'ordre parmi ses troupes, fait bombarder l'escadre ennemie, et renouvelle le combat Il fut des plus meurtriers, car des renforts arrivaient successivement aux deux partis, qui se disputaient avec fureur chaque pouce de terrain. Les confédérés, groupés autour de la batterie qu'ils venaient d'établir sur la digue, repoussèrent cinq fois les bataillons italiens, espagnols et wallons qui cherchaient à les en déloger. Accablés de fatigue, entourés de morts et de blessés, ils résistaient encore, lorsqu'ils s'aperçurent tout à coup que leurs vaisseaux mettaient à la voile et gagnaient le large, dans la crainte de tomber entre les mains des soldats du prince à la pwrée descendante.
Ut HISTOIRE DE L'ESCAUT.
Ce fut lé signal d'une déroute complète. Bientôt la digue fut perdue, ainsi que le fort du Boerenschans. Les Anversois n'avaient plus désormais aucun espoir d'être secourus par leurs alliés.
Il ne leur restait plus qu'à se soumettre. Leurs magistrats, obéissant à l'influence de Marnix de Sainte-Aidegonde, cherchèrent d'abord à prolonger le siège, mais les clameurs d'un peuple affamé triomphèrent de leur résolution. Le Large-Conseil, convoqué le 8 juillet, décida qu'on enverrait des députés au prince de Parme pour traiter de la paix. Après différentes entrevues, les négociations aboutirent à un accord, qui replaça Anvers sous l'autorité de Philippe II.
Les conditions du traité de capitulation, acceptées définitivement vers la fin du mois d'août 1585, étaient favorables aux assiégés. Une amnistie générale et sans réserves était accordée aux habitants, et ceux* d'entre eux qui ne voulaient point renoncer aux doctrines de l'Église réformée obtinrent la permission de ne quitter la ville qu'après un délai assez long, afin de mettre ordre à leurs affaires. Tous les anciens privilèges concédés jadis aux Anversois devaient leur être rendus, et le vainqueur s'engagea à respecter les conventions commerciales conclues autrefois avec le saint -empire et d'autres contrées.
Quelques jours plus tard, les défenseurs de la cité sortaient de ses portes, avec armes et bagages, sous la