CHAPITRE I
cier la rançon de son mari, en offrant de rendre la liberté aux Normands arrêtés. Roi Ion, rejetant dédaigneusement cette proposition, lui fit répondre que si elle ne lui renvoyait promptement ses compagnons, avec tout ce que la contrée possédait d'or et d'argent , il ferait trancher la tête au chef hennuyer.
Il fallut se soumettre à ces exigences, et Aldrade, en congédiant les hommes qu'elle avait détenus jusqu'alors, les supplia, les larmes aux yeux, de fléchir le courroux du iarl, et de le décider à lui rendre son époux. Rollon, plus généreux que ses compatriotes ne l'avaient été jusqu'alors, consentit non seulement à relâcher son captif, mais lui restitua même la moitié des trésors qu'on venait de lui apporter. Peu de temps après, abandonnant les rives de l'Escaut pour celles de la Seine, il s'établissait à Rouen, renonçait aux expéditions maritimes, et acceptait, avec le titre de duc de Normandie, la main de Gisèle, fille de Charles le Simple.
Le dernier des Yikings, fatigué d'aventures, venait d'entrer dans la grande famille féodale.
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