‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 80 sur 136 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Seneffe, et Turenne pénétrait en Allemagne, où la mort l'attendait à Saltzbach. La paix se fit à des conditions avantageuses pour la France, en 1678. Elle garda la Franche-Comté et douze places des Pays-Bas. La Belgique affaiblie subissait la loi du vainqueur. Nous avons dit la splendeur d'Anvers vers le milieu du xvi e siècle; en 1659, le chiffre de la population de cette ville était tombé déjà à 55,916 âmes, et, en 1678, la décadence y avait fait de tels progrès, que plus de douze cents maisons se trouvaient sans habitants.

Le règne de Louis XIV était arrivé à son apogée. Arbitre des destinées de l'Europe, l'orgueilleux monarque réclame Strasbourg, bombarde Gènes, et neutralise les deux derniers obstacles opposés à son autorité à l'intérieur du royaume : la puissance pontificale et l'opposition protestante. Une nouvelle ligue se forme contre lui, en 1686, au moment où Jacques II, son dernier allié, se voyait renversé du trône d'Angleterre par Guillaume d'Orange. Il accueille le prince dépossédé, provoque ses adversaires, et envoie le maréchal de Luxembourg dans les Pays-Bas, qui défait les alliés à Fleurus et à Steenkerke. La fortune fut plus favorable à ces derniers après la mort du maréchal , car Guillaume parvint à s'emparer de Namur. La puissance militaire de la France commença dès lors à chanceler, et Louis XIY se trouva réduit, pour la première fois, à conclure un traité de paix dont les stipulations lui étaient défavorables. Il abandonna la cause des

Stuarls, reconnut le roi Guillaume, el restitua les villes de Mons, de Luxembourg et de Courtrai à l'Espagne.

Cette paix, conclue à Ryswick en 4697, n'était qu'une trêve accordée aux souffrances du peuple. Une grave affaire occupait l'Europe; il s'agissait de régler la succession de Charles H, c'est à dire de la monarchie espagnole. Ce prince, dernier représentant de la branche aînée de la maison d'Autriche, mourut en 1700, instituant le duc d'Anjou pour héritier. L'article XIV de son testament mentionnait les Pays-Bas.

Louis XIV accepta ce legs , et envoya le second de ses petits-fils prendre possession de la couronne, en lui répétant au départ cette parole : « Il n'y a plus de Pyrénées. » C'était s'exposer à une guerre européenne, qui éclata peu de temps après. L'armée française, dont le commandement était réservé au duc de Bourgogne, passa la frontière de Flandre en 1701, afin de faire reconnaître les droits du duc d'Anjou, devenu Philippe V. Une garnison française, composée d'un régiment picard, prit possession d'Anvers, dont la citadelle fut restaurée d'après le système de Vauban, sous la direction de l'ingénieur Courtebon.

Dans l'intervalle, l'Allemagne, l'Angleterre et la Hollande s'alliaient étroitement, afin de conquérir les Pays- Bas espagnols. Us voulaient établir une barrière contre la France, en fortifiant les villes de Ruremonde, de Venloo, de Narhur, de Charleroi, de Mons, de Termonde, de Damme ' d'Ostcnde. Nous passerons rapidement sur les diverses

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