‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 81 sur 136 · CHAPITRE XI. 15T · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 15T

phases de ces sanglants débats, durant lesquels Marlborough et le prince Eugène acquirent une si brillante réputation militaire; bornons-nous à en rapporter quelques épisodes, qui se rattachent à notre sujet.

Le 1 er mai 1702, une flotte hollandaise manœuvrait près d'Anvers, devant le fort de la Perle. Le lendemain, deux frégates, connues des marins sous le nom de Drommelers, se rapprochèrent du rivage, et ouvrirent le feu sur les ouvriers qui travaillaient aux ouvrages qu'on y élevait. Les batteries des forts Sainte-Marie et Saint-Philippe leur répondirent aussitôt, et les forcèrent à prendre le large. Plus tard, en juin 1704, quatre bâtiments de guerre français cinglèrent dans l'Escaut et vinrent jeter l'ancre devant Anvers. Cette ville ne fut évacuée par les troupes de Louis XIV qu'en 1706, après la victoire de Marlborough à Ramillies. La garnison, composée de onze bataillons, capitula en juin, et fut dirigée sur le Quesnoy, avec armes, bagages, et quelques pièces d'artillerie.

Les Pays-Bas espagnols, évacués par la France, reconnurent l'autorité de l'archiduc Charles d'Autriche, compétiteur de Philippe V. L'élévation du nouveau souverain au trône impérial, en 1711, fut le signal du ralentissement des hostilités. On ne voulait pas, en abaissant Louis XIV, élever un autre Charles-Quint.

La paix se fit à Ulrecht, en 1715. La France, épuisée par les eflbrls immenses qu'elle venait de faire, chargée d'une dette de près de trois milliards, abandonnait les pro-

vinces belges à la maison d'Autriche, y compris tout ce qui lui avait été cédé par le traité de Ryswick. L'empereur, après avoir refusé d'abord d'accepter cet arrangement, y souscrivit en 1714. Des conférences s'ouvrirent à Anvers, entre ses envoyés et ceux des états généraux. Le traité des Barrières, signé le 15 novembre 1715 sous la médiation de l'Angleterre, consacra une fois de plus le principe de la fermeture de l'Escaut. L'article 20 de ce traité prescrivait en effet « que le commerce des Pays-Bas autri- (( chiens et tout ce qui en dépendait, devait rester sur le « pied établi par la convention de Munster, en 1648, qui « se trouvait conûrmée. » Les états généraux, afin de garantir leurs frontières contre une nouvelle invasion française, obtenaient le droit de mettre garnison à Ypres, à Namur, à Tournai, à Menin, à Furnes et à Warneton, aux frais de leurs voisins.

Les Belges protestèrent inutilement contre cet acte, qu'on leur imposait sans les avoir consultés. L'empereur, en recevant la députation qu'ils chargèrent d'aller porter leurs plaintes jusqu'à Vienne, allégua des raisons d'intérêt général, et se contenta de promettre d'envoyer le marquis de Prié à La Haye, afin de réclamer quelques modifications au traité.

Ces démarches étaient condamnées à rester stériles : la clause fatale qui consacrait la ruine de nos provinces faisait désormais partie du droit public en Europe.

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