‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 82 sur 136 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Efforts tentés pour relever les affaires commerciales. — La Compagnie d'Ostend». — NaYjgation dans le Bas-Escaut.— M. de Neny et Charles Patin. — Triste sitoation des riverains de l'Escaut.— Travaux publics et réformes politiques.— Règne de Marie-Thérèse. — Négociations de Joseph II relatives à la liberté de l'Escaut. — Convention de Fontainebleau. — Revirements politiques. — La Révolntion française. — Réouverture de la navigation de l'Escaut décrétée par la Convention. — Retour des Autrichiens. — Cession des Pays-Bas à la France.

Les populations belges, en passant sous la domination autrichienne, firent de vaillants efforts pour se débarrasser des entraves qui paralysaient leur activité commerciale et industrielle. L'Escaut étant interdit aux navires nationaux , on conçut le projet d'établir , entre Ostende et Anvers» un canal reliant cette dernière ville à la mer du Nord. Ce travail était déjà commencé sur divers points, lorsque de jalouses rivalités en firent abandonner l'exécution.

Frustrés dans leur attente , les armateurs ostendaisse créèrent des relations au Bengale» et en amenèrent de

riches cargaisons. Une compagnie des Indes fut fondée à Ostende, en 1723, au capital de six millions de florins. Ses premières opérations ayant été fort fructueuses, le pays entier s'en émut, applaudissant avec joie à la reprise des affaires. Les expéditions se succédaient rapidement, lorsque les directeurs de la compagnie hollandaise des Indes orientales présentèrent un mémoire aux états généraux, prétendant que les conventions internationales nous défendaient de négocier avec le Bengale et la Chine. Leurs réclamations, énergiquement appuyées par l'Angleterre, la France et l'Espagne, triomphèrent en 1728 des hésitalions de Charles VI, qui, désirant assurer la couronne à sa fille Marie-Thérèse, était disposé à tous les sacrifices pour le maintien de la paix. Le privilège de la compagnie d'Os tende, d'abord suspendu, fut définitivement retiré quelques années plus tard.

Arrêtés dans le Nord par la jalousie inquiète de la Hollande, les Belges se virent obligés, vers le même temps, de renoncer en partie à la navigation du Bas-Escaut. Au commencement du xvm e siècle, après la découverte des mines d'Anzin, de Fresnes et de Vieux-Condé, nos bateaux n'étaient plus admis à faire le transport des charbons de terre que lorsque les barques françaises n'y suffisaient plus. Le gouvernement n'ayant pu remédier à cet état de choses, on mit à l'étude un plan nouveau, ayant pour objet l'ouverture d'une voie navigable de Jemmapes à Ath. Quelques entrepreneurs furent chargés d'en dresser les

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