CHAPITRE XII
devis, mais leurs* estimations ayant laissé à désirer, on n'y donna pas de suite. Le canal projeté fut remplacé par une chaussée allant de Mons à A th.
Ces prohibitions injustes, imposées à la Belgique par des concurrents commerciaux, sans autre sanction que la force brutale, y étaient discutées et commentées avec beaucoup d'énergie. M. de Neny et, après lui Charles Patin, défendirent avec autant de talent que d'autorité la cause de leurs concitoyens. « Il ne faut pas, s'écriait l'auteur du « Mare liberum, il ne faut pas qu'une nation usurpe l'avan- « tage des transactions mercantiles dans le monde entier, « et traite toutes les autres en esclaves, comme si elle « était souveraine de la mer et des vents. Il ne doit pas
< être permis, dans la grande société des peuples, de s'at-
< tribuer un monopole non moins odieux lorsqu'il frappe « une seule ville que lorquil s'étend à tout l'univers. Nous « dirons donc comme Grotius : Ne reculez point, habi-
< tants des Pays-Bas; en maintenant votre liberté, vous « défendez celle du genre humain. »
C'était proclamer, en opposition au patriotisme étroit et exclusif qui dominait à cette époque, le principe de la solidarité des races. Ce langage ne pouvait être compris. La dépopulation des campagnes, dans les environs d'Anvers, en démontrait néanmoins, d une manière navrante, toute la justesse. Des bandes de loups parcouraient le territoire des villages d'Austruwel , d'Eeckeren , de Wilmerdonck, d'Oorderen, de Stabroeck, de Stoevene, de Capelle,
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de Breschaet, de Schooten, de Deurne, et l'autorité se vit obligée de promettre une récompense considérable à celui qui abattrait l'un de ces animaux. Les grains s'y vendaient à un prix si élevé, en 1741, que le magistrat dérendit, sous peine d'amende, d'en donner au bétail. Les réjouissances du carnaval furent prohibées par les échevins , la même année, comme une insulte à la misère publique.
Il fallut songer à en diminuer les effets par d'utiles réformes. Les négociants anversois avaient été astreints jusqu'alors, à l'arrivée des marchandises qu'ils recevaient dès Provinces-Unies, à faire procéder au déchargement des colis par des facteurs désignés par l'administration. On les dégagea de celte obligation , et le salaire des facteurs, dont ils pouvaient désormais refuser les services, fut soumis à un tarif. Le canal du Sas de Gand, qui avait été commencé dès les premières années du règne de Philippe H, fut nettoyé et approfondi en 1737. Il portait des navires de 60 à 80 tonneaux. On rétablit, en 1750, les communications par eau de Gand à Ostende, et les états de Flandre contractèrent, dans ce but, un emprunt d'un million de florins. Le canal de Louvain fut commencé vers le même temps, et terminé en 1753; son niveau s'élevait à neuf pieds d'eau.
Les Anversois s'étaient affranchis, en 1644, de certains droits de toi ou de tonlieu, au prix de 360,000 florins. L'impératrice Marie-Thérèse leur ayant fait rembourser <>.et argent, pour rétablir ces redevances, ils firent de nou-