CHAPITRE XII
veaux sacrifices pour s'en libérer, et en obtinrent la suspension, le 10 décembre 1767, moyennant le versement d'une somme de 600,000 florins. Ce droit, perçu non seulement à Anvers, mais dans lesautres ports flamands, fut attribué, par suite d'autres transactions, aux provinces et aux villes. Une aime d'eau-de-vie, entrant par Ostende en destination pour Charleroi, était frappée d'une taxe de 9 florins 12 sols, payables aux bureaux de Bruges, de Flandre, de Termonde, du Tolhuys, de Ruppelmonde,de Willebroeck et de Hessen.
On publia, de 1751 à 1759, diverses ordonnances ayant pour but de faciliter le transit, par nos provinces, des marchandises envoyées vers l'Allemagne, le pays de Liège, la France et la Hollande. Des entrepôts furent ouverts dans les villes d'Anvers, de Bruxelles, de Bruges, de Gand, de Malines et de Nieuport. Les marchandises qu'on y déposait n'étaient passibles des taxes qu'après une année révolue. Le droit d'entrepôt fut fixé à un demi p. c, sauf quelques exceptions pour lesquelles il était accordé, par tolérance, un délai de quinze jours.
La mort de l'empereur Charles VI, en 1740, exposa la Belgique à une nouvelle invasion française. Louis XV, appuyant les prétentions des adversaires de Marie Thérèse, fille ainée du monarque défunt, entra dans nos provinces en 1744, et se rendît maître de Menin , de Furnes et de Gand. Les Hollandais, forcés d'abandonner les villes de la Barrière , se disposaient à percer les digues de Sainte-
Marguerite, lorsque la menace de sanglantes représailles modifia leur première résolution. Bruges, Audenarde et Termonde ouvrirent bientôt leurs portes à l'ennemi. La situation s'aggravait pour les alliés, qui, craignant d'être cernés dans Anvers, prirent le parti d'évacuer cette cité, en se contentant de laisser de faibles garnisons dans la citadelle et au fort Saint-Philippe. Un commandant français, le marquis de Beze, se présenta en effet devant la place à quelque temps de là, et la somma, mais sans succès, de se rendre, fi renonça à son entreprise, après six jours de siège.
La guerre s'élant étendue, en 1747, an pays de Cadzand, la Hollande chercha à conjurer les périls auxquels elle se voyait exposée, en proclamant le stadhoudérat, qui devint bientôt héréditaire. Elle n'en fut pas moins réduite à conclure avec la France une paix désavantageuse, en 1748, à la suite de laquelle les provinces belges se trouvèrent délivrées des troupes étrangères.
Nos relations commerciales et industrielles reprirent un peu d'activité durant les dernières années du règne de Marie-Thérèse. L'instruction publique se développa sous son administration, et les lois relatives à la répression des crimes et des délits perdirent de leur excessive rigueur. L'impératrice ne se contenta pas de recommander l'abolition de la torture, mais prit même l'initiative de réformes plus radicales : « Je laisse à la considération de mon tribunal suprême de justice, écrivait-elle en 1776, s'il ne