CHAPITRE XII
c conviendrait pas d'abolir successivement la peine capi- « taie, du moins dans la plupart des cas, en la bornant aux « crimes les plus atroces. »
Son successeur, Joseph II, visita les Pays-Bas, en 1781, et conçut le dessein de rétablir, de gré ou de force, la libre navigation de l'Escaut.
Les états généraux, informés de ses intentions, se mirent sur la défensive. Ils firent obstruer le cours du fleuve à l'aide de gros bateaux chargés de pierres, et augmentèrent les garnisons qu' ils avaient établies dans la Flandre hollandaise. Neuf forts, parfaitement armés, portaient le pavillon des Provinces Unies, et pouvaient foudroyer au passage tout navire se rendant à Anvers.
Dans l'intervalle, le commandant du brick Y Attente, qui se trouvait alors à Ostende, mettait à la voile, d'après les ordres de l'empereur, et tentait de remonter l'Escaut. Il fut arrêté dès son arrivée à Flessingue. Un autre vaisseau, le Louis, confié à Liévin Van Iseghem, arriva par l'intérieur jusqu'à Anvers, d'où il partit bientôt après, emportant quelques marchandises. Parvenu à Lillo, il y rencontra le bâtiment d'avant-poste hollandais, qu'il dépassa sans se soumettre à la visite ordinaire. Il essaya de repasser de la même manière dans l'après-midi, mais cette fois le patron du garde- côte lui enjoignit d'obéir aux règlements , et de baisser pavillon. Van Iseghem s'étant refusé à obtempérer à cet avis, quelques Hollandais montèrent bientôt à bord du Louis. On leur refusa
toute satisfaction. Parmi les assistants se trouvaient le major Vorstcr, quelques magistrats du Doel et le grand bailli de Beveren. Ce dernier, répondant aux agents des états, étendit la main en s'écria ni : « Ceci est territoire « impérial, et nous ne sommes point ici sous l'autorité « hollandaise ou zélandaise. Le capitaine Van Iseghem a n'a nul compte à vous rendre. »
A peine cette réponse fut-elle connue du garde côte, qu'il s'approcha du brick belge, contre lequel il tira d'abord un coup de canon à poudre, puis à demi-charge, et enfin en pleine charge. Le Louis mit en panne, et reçut de nouveau les officiers hollandais, qui en commencèrent la visite, malgré les protestations des hommes de l'équipage.
Joseph If, qu'on instruisit de ce qui venait de se passer, demanda aussitôt le renvoi des forces navales stationnant à Lillo. Des conférences venaient de s'ouvrir à Bruxelles entre les agents des deux pays, lorsque 300 soldats autrichiens , profitant d'une nuit nuageuse çt sombre , prirent tout à coup possession du Vieux Lillo, poste militaire situé à trois quarts de lieue du fort de ce nom, et qu'on avait négligé d'occuper depuis la paix d'Aix-la- Chapelle. Ce mouvement agressif effraya leurs adversaires, qui mirent une partie de la contrée voisine sous les eaux, en perçant une digue, dont la rupture occasionna la mort de plusieurs personnes.
A cette nouvelle, 60,000 autrichiens se disposèrent à