‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 88 sur 136 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Anvers sons la domination française. — Communications directes avec Paris. — Visite du premier consul à Anvers. — Un débat aux Tuileries. — Travaux exécutés sur les bords de l'Escaut. — L'empire et la guerre. — Les chantiers anversois. — Les Anglais à Walcheren. — Réunion de la Belgique à la Hollande. — Relations commerciales et industrielles sous Guillaume I".

Là ville d'Anvers, devenue le chef-lieu du département des Deux-Nèthes, ne se relevait que lentement de ses ruines. Sa population, au moment où le brillant général de la république victorieuse, Napoléon Bonaparte, négociait le traité deCampo-Formio avec PAu triche, ne dépassait guère le chiffre de ses habitants au xv e siècle, sous le règne de Marie de Bourgogne. Les Anglais, dont les forces navales se composaient, dès 1791, de 423 bâtiments de toute espèce, bloquaient les côtes flamandes, et rendaient la liberté de l'Escaut presque illusoire. Huit navires étrangers, appartenant à des nations neutres, débarque-

rent leurs cargaisons sur les quais anversois, en 1799; on en compta 49 en 1800, naviguant sous différents pavillons, et 76 en 1801. Presque tous nos marins, de quinze à cinquante ans, avaient été mis en réquisition, et servaient dans la marine militaire. Le droit d'entrepôt ayant été accordé à Anvers, en 1802, la situation s'améliora quelque peu, et 969 bâtiments, de nationalités diverses, jaugeant ensemble 58,817 tonneaux, entrèrent au portàcelte époque. Les perceptions des douanes augmentaient proportionnellement. Elles montèrent, en 1803, à 6,088, 770 francs, rapportèrent 8,237,078 francs en 1804, et atteignirent 16,062,403 francs, en 1805.

Le gouvernement français ayant reconnu l'utilité, pour notre commerce, d'une communication directe avec Paris, ordonna, par arrêté du 25 nivôse an IX, la jonction de l'Escaut à l'Oise. Cette mesure produisit une grande sensation dans le district charbonnier de Mons, où Ton désirait vivement faire comprendre dans l'ensemble de ce projet la canalisation de la Haine. On fit droit à ces réclamations le 3 avril 1806, en traçant un réseau complet de voies navigables dans le Nord de la France, formé du canal de Saint-Quentin, de celui de la Sensée entre la Scarpe et l'Escaut, et en ordonnant la rectification du cours de ce fleuve entre Cambrai et Tournai. La Haine devait être canalisée, ainsi que l'Oise, de Chauny à Sam-

Ce fut l'ingénieur en chef Pion, qui fut chargé de l'exé-

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