CHAPITRE XIII
plus des principes qni lui avaient donné naissance. La oation, fatiguée des agitations de la place publique, redoutant de retomber dans l'anarchie, ne s'était opposée que faiblement à ses usurpations. Il avait fait alliance avec le clergé» en signant un concordat avec le pape Pie VII; la presse, dont il craignait les révélations, avait été soumise à des lois restrictives, l'armée lui était dévouée. On était préparé au rétablissement d'une monarchie hé* réditaire, et un senatus-consulte la rétablit en 1804, en conférant à Bonaparte le titre d'empereur, sous le nom de Napoléon I er . Le nouveau souverain se fit sacrer le 2 décembre à Paris , et couronner à Milan comme roi d'Italie, le 26 mai 1805.
La paix conclue à Amiens entre la France et l'Angleterre n'avait été qu'une suspension d'armes. La proclamation de l'Empire fut le signal d'une coalition européenne, dont les Français triomphèrent sur le champ de bataille d'Àusterlitz. D'un autre côté, leur flotte, unie à celle d'Espagne, avait été vaincue à Trafalgar par l'amiral Nelson. La souveraineté des mers était désormais assurée à leurs rivaux.
La guerre recommença en 1805. La Prusse, accablée à Iéna et à Auerstadt, fut bientôt conquise par les armes impériales. Les iles britanniques furent déclarées en état de blocus, et un décret, promulgué à Berlin, le 21 novembre 1806, défendit tout commerce avec celte puissance. Le 1 er janvier 1807, dix vaisseaux de ligne, Y An-
versois , le Commerce de Lyon , le Charlemagne , le Duguesclin, X Audacieux, le César, {'Illustre, le Thésée et ÏAlbanien étaient en construction à Anvers. Toutes ces forces étaient préparées pour des combinaisons très prochaines, et attirèrent une expédition anglaise sur les bords de l'Escaut en 1809.
Depuis six mois il était question en Angleterre d'une immense armement, qui devait comprendre plus de quatre-vingt-dix navires de guerre. Cet armement, disait-on, se ralliait sous le pavillon amiral dans la Manche, et se rattachait à un vaste plan ourdi contre la dictature de l'empereur Napoléon. On espérait déterminer un soulèvement du parti républicain en France, et ramener partout, en Espagne, en Germanie, en Hollande, en Italie, les sentiments de nationalité des populations opprimées.
Dans les derniers jours de juin, une flotte formidable sortit des ports de la Grande Bretagne. Elle se composait de trente-sept vaisseaux de ligne, de vingt-huit frégates, et de navires de transport pour plus de 38,000 hommes. L'amiral Richard Strackam commandait la flotte, et le comte de Chatham l'armée de terre, aussi belle que bien équipée. L'escadre devait pénétrer dans l'Escaut et s'emparer de l'île de Walcheren. Les vents contrarièrent un moment les premières opérations, et cependant le débarquement eut lieu : Flessingue fut assiégée et rendue par le général Monnet. La campagne se réduisait dès lors à la possession de l'île de Walcheren ; Flessingue était un