CHAPITRE XIII
point admirable pour attendre le développement des intrigues politiques en Hollande et en France; on espérait les troubles de l'intérieur pour agir plus fortement sur les frontières de l'empire.
Les Anglais menaçaient Anvers, mais ne purent s'y établir, grâce à la force de cette place de guerre, et à une levée de gardes nationaux dans les départements du Nord. Le gouvernement impérial, réagissant avec énergie contre les mécontents, les avait obligés d'ajourner leurs projets; l'expédition était manquée. Après un séjour assez long sur les rives marécageuses de la Zélande, lord Chatham comprit enfin qu'il n'avait plus qu'à se retirer, et il évacua Flessingue après avoir subi des pertes considérables.
Telle est, à grands traits, l'histoire des principaux faits dont l'Escaut fut le théâtre jusqu'en (814. A la chute de l'empire, la Belgique et la Hollande se trouvent réunies sous un seul sceptre, et composent le royaume des Pays-Bas. Les deux nations ne formant plus qu'un même peuple, il devenait dès lors inutile de remettre en discussion le principe de la liberté de l'Escaut. Dès le 2 juillet 1814, Guillaume I er , qui ne portait alors que le titre de prince souverain, avait affranchi les navires belges de certains droits de tonnage en Néerlande.
Ces événements modifiaient entièrement nos relations industrielles et commerciales. En effet, la rupture de nos rapports avec l'Angleterre, à la suite des décrets de Na-
poléon, avait resserré la production et les transactions dans le cercle des départements français. Plusieurs industries, jusqu'alors inconnues, s'étaient développées en Belgique sous l'influence des règlements prohibitifs. Il eût fallu, pour les soutenir, une protection extraordinaire, et le gouvernement hollandais tenait tout d'abord à encourager la marine et à favoriser ses colonies. Le nouveau tarif des douanes, publié en 1814 et complété en 1816, se ressentit de ses préoccupations. Les diverses denrées coloniales n'y étaient soumises qu'à un droit de balance; le café n'était imposé qu'à 50 centimes les 100 kilogrammes, le sucre brut à 30 centimes, le tabac à 2 p. c.
La. navigation devait nécessairement subir l'influence de toutes ces crises. Leur effet ne fut pas cependant immédiat, car plus de trois mille bâtiments de mer relâchaient encore au port d'Anvers en 1815 et 1816.
Le nombre en diminua dès 1817, descendit à 999 navires de différents tonnages, et l'on n'en comptait plus que 585 en 1818. Les états de la Flandre sollicitaient avec instance du gouvernement, dès 1816, la canalisation de la Dendre jusqu'aux houillères du Hainaut. Cette demande se reproduisit en 1817, et ils appelèrent en même temps l'attention de l'administration sur l'envasement du canal de Gand au Sas.
Le roi Guillaume, pour faire droit aux réclamations qu'avait suscitées le tarif de 1816, nomma une commis*