CHAPITRE XIII
sion de dix-sept membres, parmi lesquels MM. Lecocq, Van Crombrugghe, Engler, Joseph Olislaeghars représentaient les intérêts des provinces méridionales.
Du travail de cette commission naquirent les lois du 12 juillet 1821, et celle du 26 août 1822. Par leurs dispositions, une remise de 10 p. c. était accordée sur les marchandises importées ou exportées par navires nationaux. Le droit de tonnage fut porté à 1 fr. 05 c. par tonneau, payable à chaque voyage, sur les navires étrangers, et réduit à 45 centimes sur les navires nationaux, payables annuellement.
Le sel brut fut déclaré libre à l'entrée quand il serait importé sous pavillon des Pays-Bas, et frappé d'une taxe de 2 florins par 100 kilogrammes dans tout autre cas.
La situation s'améliora à partir de 1824, époque vers laquelle le gouvernement, en créant la Société générale, donna au commerce et à l'industrie l'appui d'une banque d'escompte au capital de 50 millions de florins. Les fabricants belges, ne se contentant plus du marché intérieur, commencèrent de nouveau à expédier leurs marchandises au dehors. La possession des colonies des Indes, où des droits protecteurs favorisaient l'introduction de leurs produits, leur ménageait des débouchés faciles et assurés.
L'établissement d'une Compagnie puissante, la Handels Maatschappy, vint encore activer ces relations. Son but était de donner une vive impulsion aux forces productives du pays, ea ouvrant de nombreux comptoirs à l'étran-
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ger, el en se livrant à des entreprises commerciales considérâtes, par l'intermédiaire d'agents fixés dans les principales places de commerce.
Cette institution bienfaisante, qui fit la prospérité de l'industrie cotonnière de Gand et de la marine d'Anvers, fut cependant l'objet de bien des critiques tant dans les provinces du Nord que dans celles du Midi.
Les Hollandais se voyaient obligés, avec regret, de partager une partie de leurs bénéfices avec des concurrents, et ces derniers se plaignaient de ne pas être équitablement représentés dans l'administration de la société, et de ne pas avoir obtenu un nombre d'arrivages égal à celui dont jouissaient les ports de la Hollande. Quoi qu'il en soit, les résultats des opérations de la Handels Maatschappy furent des plus satisfaisants. Les bénéfices que la Société ménageait aux armateurs — assez considérables pour les rembourser, en quelques voyages aux Indes orientales, de leurs avances de construction — ranimèrent à Anvers le goût des armements, et bientôt ce port posséda bon nombre de belles frégates de commerce qui jaugeaient jusqu'à douze cents tonneaux, et pouvaient à l'occasion être armées en bâtiments de guerre.
Nous avons vu plus haut que le mouvement du port d'Anvers n'était plus que de 585 navires en 1818. Sous l'empire de la nouvelle législation, il parvint, en 1838, à 911, et en 1829 à 971 navires.
Tandis que la prospérité matérielle du pays accroissait,