CHAPITRE XIV
établissements avait été fixé hors du territoire belge; on avait aboli en 1814, comme contraires aux mœurs et aux traditions bataves, l'institution du jury et la publicité judiciaire ; des peines sévères avaient été promulguées contre la presse; les impôts avaient été établis sur de nouvelles bases ; l'inamovibilité judiciaire, promise par la constitution, avait été ajournée, et les Hollandais obtenaient, dans toutes les parties du royaume, la préférence dans la répartition des fonctions civiles et militaires.
Il devint bientôt évident que les puissances, en réunissant les Pays-Bas sous un seul sceptre, n'avaient fait qu'organiser un antagonisme : une catastrophe était à craindre, et elle éclata en 1830.
La lutte s'engagea spontanément sur tous les points du territoire. L'armée des Pays-Bas, désorganisée par la retraite ou l'inaction des Belges qui servaient dans ses rangs, ne put comprimer une insurrection aussi étendue. Elle évacua en moins d'un mois, toutes les places des provinces méridionales, à l'exception de Maestricht, de Luxembourg et de la citadelle d'Anvers.
L'attaque sur Bruxelles, tentée en septembre par le prince Frédéric, compléta la rupture des derniers liens qui unissaient la Belgique à la maison d'Orange. Un gouvernement provisoire se forma le 25 septembre ; il se composait de MM. le baron d'Hooghvorst, Ch. Rogier, comte F. de Mérode, A. Gendebien, S. Van de Weyer, Jolly, J. Yander Linden, Nicolai et Goppin. Le 28, M, de Potter
fat adjoint à cette commission administrative, qui se hâta de convoquer un Congrès national, par arrêté du 4 octobre 1830.
Cette assemblée, qui allait décider des destinées du pays, ouvrit ses séances le 10 novembre, et, dès le 18, proclama l'indépendance des provinces belges, sauf les relations du Luxembourg avec la confédération germanique. Il fut décidé, quelques jours plus tard, que le nouvel État formerait une monarchie constitutionnelle. Un ensemble de lois, destinées à devenir notre code politique, fut aussitôt soumis à l'examen des sections; celles-ci y proposèrent quelques changements, les groupèrent dans un ordre plus méthodique, et la charte fondamentale de l'État se trouva achevée le 7 février
Dans Tintervallë, de graves questions surgissaient de toutes parts, réclamant une prompte solution. L'Escaut était bloqué par les Hollandais en vertu de l'article 14 du traité de Munster : ce beau fleuve allait-il être fermé à nos navires, le lendemain de notre émancipation sociale?
Les puissances européennes se préparaient à prendre une part active au débat. Dès les premiers jours d'octobre, le roi Guillaume s'était adressé à l'Autriche, à la France, à la Grande Bretagne, à la Prusse et à la Russie, dont les plénipotentiaires s'étaient réunis, sur son invitation, en conférence à Londres. Ils comprirent, qu'il s'agis-