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Art. a, 98» too al loi

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mais rÉcritnre likrement înterpréfée ; car c*était

uoe muxitiie qu il répétait souvent : qu'au jour da jugement f Dieu ne loi demanderait pas 8*il avait enivi Luther ou Calvin, mais s'il avait aimé et cherché la vérité. Il voulait de la liberté , non pas comme nn moyen de s^affiranehir de tonte religion f pour lui l'athée était un moiistn ), mais au contraire comme un moyen de ramener l^homme à Dieu, en ouvrant tontes les voies à la sensibilité et à la raison.

Telle fiit la constitution qulmaginèrent Locke et Shaftesbury. Comme le nom des auteurs n*est

point en tête de la loi, quelques historiens, des Américains surtout , ont prétendu qu'il était impossible d'attribuer à un si grand philosophe cette œuvre qui reproduit, en les exagérant, toutes les injustices de la féodalité; mats tout en reconnaissant que certaines maximes de liberté politique et surtout religieuse, que Locke a défendues dans ses écrits, ne reijotyent qu'une satisfaction incomplète dans la constitution de la Cai uline ; tout en ftkisant la part des circonstances et des influenees extérieures , il faut bien reconnaître que dans ses lignes générales la charte de la Caroline est en harmonie parfaite avec les âiéories politi* ques de Locke, et qu'elle a, dans le traité IHi ginh vemement civil, sou commentaire naturel.

Si Ton en croit M. Bancroft ^, Locke ^ dans sa

1 I urne II, p. 160.

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▼ieilleue, «mifiervait eneore» Gomme m monument de sa gloire y le souvenir de ses labeurs législatifs, et ses admiratiiirs, le mettant bien ao-dessus de Penn^ son contemporain et son rivai, le comparaient à ces anciens phiiosophesi à ees premiers législateors» à «{ni le monde éleva des statues. La constitution fondameutiile, signée eu mars 1669 (vieux style), fut accueillie en An^eterre avec des acclamationa universelles. On ne Tappelâ que le grand modèle. Les empire^, disait un admirateur de Sbaftesbury» se disputeront la gloire de sa soumettre au noble goa> vernement qu une profonde sagesse a préparé pour la Caroline, m Quant aux propriéfaireo , qui devaient bientôt récompenser Locke, en le nommant landgrave, ils étaient convaincus qu eu sceiiani ce grand acte, ils attachaient leur nom à une ceavrs sainte, inaltérable, et qui, selon leurs propres paroles, devait durer à jamais *.

La constitution adoptée , les propriétaires 8on> gèrent à organiser le gouvernement, et Monk, le duc d'Albemarley lut, comme le plus âgé, nommé palatin; jusque-là tout était facile; msts à i arrivée de la charte en Amérique, quand on voulut appliquer cette grande et complexe oigsnisation à la simple société de quelques cultivateurs, on s aperçut bientôt que les faits démea-

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faient la théorie et la condamnaient sans retour.

Où trouver en effet la cour d'un palatin, les manoirs d'un landgrave et d'un cacique dans cette forêt qu*on nommait la Caroline, pays sans villes, sans villages 9 où quelques éuiigraats avaient dispersé leurs cabanes de bois, où Ton ne connaissait d'autres routes que le chemin d'une plantation à l'autre, chemin non point même tracée mais indiqué par des entailles faites aux arbres , de distance en distance? Les colons du Nord comme les colons du Sud , rejetèrent cette constitution impraticable, qui ne tenait compte ni de leurs besoins, m de leurs idées, ni de leurs droits. Maîtres du sol qu'ils avaient défriché et mis en valeur, ils ne voulurent d*autre régime que celui qu^on leur avait offert à l'origine : un gouvernement tel qnt celui des autres plantations , où toute distinction ' de naissance était inconnue, où chacun avait un droit égal à la terre et au vote, où toutes les affaires se traitaient par les représentants de la co* lonie. Après vingt-trois ans de luttes et de mécontentements perpétuels, les propriétaires, cédant i la demande expresse des planteurs, abrogèrent une constilulion impossible, et dont Tapplicalion incomplète avait été aussi désastreuse pour eux que pour les colons.

« Peut-être, dit Texcellent et profond jurisconsulte Story, peut-être dans les annales du monde ne trouverait*ou pas un plus salutaire exemple de

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la parbite folie de ions ces essais , qui ont pour

but d'établir les formes d'un gouverneoieut suivant de pures théories; peut-être ne tronTerait-on pas une preuve plus sensible du danirer do ces lois faites sans consulter les habitudes i les mœurs, les sentiments y les opinions du peuple qu'elles doivent régir » Rien de plus judicieux que celle observation, mais bien des gens peut^tre n en comprendront pas toute la portée. Du mauvais succès qu'eut le grand modèle, de Terreur de Locke, on ne conclura pas à l'impuissance radî<cale de toutes les législations à priori. Considérons de plus près la tentative du philosophe anglais , et, en estimant davantage l'homme et son œuvre, nous comprendrons mieux pourquoi tous deux devaient fatalement échouer, comme échoueront tous les essais semblables.

Pourquoi la constitution de Locke nVt-elle pas réussi, et pourquoi ne pouvait-elle pas réussir?

Est-ce que celui qui l'a rédigée était inhabile? Non sans doute; c'était un sage qui ne donnait rien à Ti^iagination; c'était un esprit réfléchi, qui duus un temjis du Iroiibles, quand les bases mûmes de la société étaient mises à nu, avait profoudément médité sur la nature et les conditions de TËtat; c'était enfin un écrivain politi(|ue dont les doctrines, sanctionnées par la révolution de 1688^

J* Story, ComtMtUaire, I. J, § 134.

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furent uduptées avec la plus grande faveur par l'Amérique du Nord tout entière , quand elle se sépara de la métropole; et ces doctrines, remaniées par llousseau, sont au fond de toutes les constitutions que. nos assemblées ont élaborées depuis soixante ans. En politique, comme en philosophie, il n'est personne qui ait exercé sur le xviii" siècle une influence comparable à celle de Locke*

Mais, tlira-t-on, il faut au muins admettre que ce génie remarquable s*est trompé en rédigeant une constitution impossible. Pourquoi? Cette constitution n'était rien moms que chimérique; c'était la loi même de TAngleterre. Un homîne aussi positif que Shaftesbury, un esprit aussi sAr que Locke, ne s amusaient point à refaire l'Utopie; leur modèle, c'était le gouvernement même qu'ils avaient sous les yeux, l'empire dont tous deux dirigeaient la politique.

Laissons cette érudition puérile qui entasse pêlemêle les palatins, les landgraves, les caciques , les lords de manoir; allons au fond des choses » qu*y voyons-nousf Une royauté de huit personnes, une noblesse, une geiitry, le peuple, quatre classes qui existaient en Angleterre, et qu^on y distingue encore. Locke n'avait rien inventé; il avait observé^ analysé, reproduit ce qu'il voyait. Comme étude politique, son œuvre est parfaite; c'est l'Angleterre prise sur le vif. Comme conception théorique, elle est irréprochable; tout s'y tient^

tout est caleulé pour la fia qu'on se propose; e*e8t

ror^anisuLion aristocratique la ^jIus forte, la y'iûi serrée qu'on puisse imaginer.

Ainsi donc, Locke et Shaftesbory avaient ndi dauâ leur travail tout ce que peuveot donner d'ingénieuses combinaisons, l'étude, le génie, rhabitude des affidres; et cependant on sent biea qu'il n'y a là qu'un jeu d ioiagiuation ; c^est un projet impossible. On voit de suite que cette législation , empruntée d'une société aristocratique et féodale, ne pouvait pas convenir à une société où les personnes et les terres étaient dans d'autres conditions qu'en Angleterre. En Amérique, i'éga* lité absolue, l'égalité des bommes et des choses, sortait du sol.

L'erreur de Locke, c'est d'avoir méconnu le premier principe de la science politique. Il n'a pas compris que les lois ne sont point une abstraction philosopbique , un idéal, mais bien l'exprès- , sion de rapports existants. £n d'autres termes, les lois et surtout les constitutions sont faites, non pour r humanité, mais pour certaines agrégatious d'hommes, vivant dans un temps et dans un mi*

lieu déterminés; c'est pour ces sociétés particulières qu'il faut établir des règles diverses comme elles, et c'est une étrange méprise que d'imaginer à priori des iuslitutions , comme si les hommes étaient faits pour les lois , et non pas les lois poor les hommes.

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On ne crée point de lois; on ne crée point de

constitutions. C'est une vérité qu'il ne faut pae se lasser de répéter, car elle renferme toute la politique et tonte la science du législateur. Les lois ue sont que la consécration de rapports sociaux qui s'établissent d'eux-Qitmes et par mille causes particulières; ces rapports, la législation peut sans doute les modifier lentement, indirec* tement: mais croire qu'on les fût naître ou qu'on

les sujjprime en un jour avec quelques lignes jetées sur le papier, «'est une folie qui serait ridi* cule si depuis un demi-siècle elle ne nous coûtait si cher!

Pour ne pas sortir du cercle d'idées que Locke poursuivait, croit-ofn qu*ayee deux mots de loi

CD abolirait l'aristocratie anglaise ? La Révolution 7 échoua, etde nouveaux puritains supprimeraient demain la chambre des lords, qu'à moins d échafauds et de confiscations, il faudrait compter comme aujourd'hui avec cette noblesse» qui est

maîtresse du sol; c'est là une ïorcc vive que Ton rencontrerait à chaque pas, et à laquelle, de façon on d*autre, dans la commune ou dans TÉtat, il faudrait faire une part d iuîlueuce égale à celle qu'elle possède aujourd'hui*

Sans doute on peut, par de longs efforts, détruire l'aristocratie en lui ôtaut la possession exclusive de ce sol, de cette richesse héréditaire qui fiiit sa puissance. Nos lois ont déraciné la noblesse ; non

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pas ces lois de proscripUou qui ont décapité tant de TÎctimes dont la naissance était le senl erime» non pas même ces lois de confiscation qui n'auraient fait que changer le» propriétaires sans dé* truire la grande propriété, mais ces lois qui, sans tremper dans le saçg, ont supprimé les majoratà et les substitutions, réduit la toute-puissanea testamentaire, établi régalité entre les enfants^ amené en deux mots la division de la propriété , la multiplication des propriétaires, et, comme conséquence forcée, la disparition de la uoblesbe et ravéoement de la démocratie*

Si par une loi on ne peut détruire raristociatie, comment par une lui pourrait-on l'établir? C'est là rillusion de Locke; ce fut également une des erreurs de la Charte de 4814, quand dans un pays si proiondement nivelé, elle institua une pairie héréditaire, croyant donner à la royauté dans ce fragile appui le solide rempart de la toute-puissante noblesse d'Angleterre. Pour transformer la pairie frani^se en aristocratie, il eàt fallu, comma le rêva un înaUnU Charles X, ranimer, iairu sortir du tombeau Tancienne société, concentrer la terre entre les mains d'un petit nombre de privilégiés, « au moyen du droit d aînesse, et Timmobiliser par des substitutiouB, Mais remonter ainsi le courant démocratique, c'était un rêve, et ces vaines teiH tatives ne faisaient que hâter la ruine d une institution sans force et sans viel

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