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XV LEÇON. — LES DEUX CAROLINES

Établir une seconde chambre élait une idée peli-

tique; la division du pouvoir législatif ( l'exemple des trente Êtata de T Amérique est là pour l'attester) est une des conditiona esaeptieUea de la li^ berté; c'est la seule garantie contre la tyrannie ou la feublesse du parlement; c est aussi le seul moyen connu de tempérer la démocratie et de l'empêcher de se perdre par l'entraînement ou la mobilité de ses passions. Mais rbérédité» quand les mœurs ne la demandent pas, n'est nullement une conditipn nécessaire d existence pour un sénat} ane chambre de pairs héréditaires dans la France de 1814, c'était, comme les landgraves et les caciques de la Caroline» l'importation d'une insti^ lotion anglaise sur une terre aussi démocratique que les Etats-Unis « et qui» elle au^si» rejetait l'inégalité.

Comparons la constitution que Locke imagina pour la Caroline» avec celles qui s'établirent d'elles-mêmes dans les autres coloaies, et nous

verrons de suite quelle est la dilTérencc d un aystème artiiiciei et d'une loi qui est le produit naturel des circonstances. Partout nous trouYona' la même organisation : un gouverneur chargé du pouToir exécutif» un conseil ou chambre supé» rieure, mêlé tout à la fois à Tadministration et à la législation » enfin une assemblée nommée par le Bttffivge uniTersel des pbuiteura. C'est h con« stitution de la métropole, maiâ duLairassée des

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privilèges de Tanstocratie et du clergé » car la noblesse et 1 l'élise (rAoizîeterre n'ont pas émiîrré daos le nouveau moode; c'est en même temps un régime simple» naturel, d^nne application facile» et qui se prèle si bien à tous les besoins uationaux, qa'anjourd'iiui, après deux siècles, il subsiste tout entier sous des noms peu différents. Dans ce système, rien d'imaginaire, rien de forcé, pomt de combinaisons étranges, point de castes , point de privilèges; mais que de vérités politiques déeoavertes par 1 expérience et déjà passées eu maximeal L'unité du pouvoir exécutif , l'institution d'un eon* seil qui contrôle et tempère le commandement, la division du pouvoir législatif, le droit ^al de tous à la représentation; combien de principes que nous entendons mal, et que Locke a méconnus I

Gomprendon maintenant pourquoi un gouver* jiement, produit naturel de la vie nationale, tel que celui do l'Angleterre ou de l'Amérique ; un gouvernement qu*on nimprovise pas, mais qui s'établit de soi-même, et se modifie peu à peu suivant les besoins et les idées, est inûniment supérieur à toutes ces formes abstraites qu'un législateur, ou qu'une assemblée impose aux nations? Quand on est sans expérience, ou s'imagine aisémeat qu'il serait beaucoup mieux qu'un Lycurgue inspiré, puubsàt le genre humain vers des destinées nouvelles. C'est Terreur constante des utopistes, qui restent toujours jeunes. Hais les faits inexorsUfs

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