‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 107 sur 126 · LA «^OfifiU · texte numérisé non relu

LA «^OfifiU

Megaieursi

Pendant que Locke élaborait sou œuvre impossible» les plaDteurs du comté d'Albemarle, noyau de la Caroline du nord, se donnaient, de Taveu de Berkeley, la seule cooâtitution qui pût leur conveair. Un gouYero^ur, un conseil de douze personnes, six nommées par les propriétaires et six par 1 assemblée, une assemblée composée du gou* varnear, du conseil et de douze délégués des colons, telle était la seule constitution qui put vivre, la seule qui eût la coniiance du peuple. On n'at* tendait rien du dehors; les concessions de terre a:\^aient été conili'méeâ par les propriétaires aux • conditions faites par les colons, et on avait accordé aux planteurs la liberté religieuse, et le droit de ne payer d'antre impôt que celui qu'ils Toteraient. Que leur fallait-il de plus pour pros* pérer? N'était-ce pas la pleine liberté? Cette poignée d'hommes, car en 1677 il n*y avait eacox^e que quatre mille personnes dans la colonie ^

i. bâucrofl, U, loi.

414 LiVAE I. — COLONIES.

n'avait-elle point des droits plus étendus , [»lus complets que ceux que nous refusons à l*Algérie après vingt ans de conquête, et quand la population s élève à cent mille habitants?

Lorsque le grand modèle fut apporté à Albemarle, le gouverneur se trouva fort empêché : ce peuple que Locke voulait organiser à sa fantaisie^ résistait à IHntroduction d*un système où il n'y avait pour lui (ju'unc place d'esclave, tandis que dans les colonies voisines il était souverain. La promulgation de la constitution ne fit que favoriser IV narchie, en invalidant le système eu vigueur sans pouvoir le remplacer. Les propriétaires , malgré leurs promesses, renversaient le gouvernement qu*î1s avaient accordé; les planteurs rejetaient resolûment une charte qui installait le privilège sur une terre où ils étaient venus pour chercher la liberté.

Et ces planteurs, c^étaient des émigrants de la

Nouvelle-Angleterre, ou des fugitifs qui avaient quitté la Yirgùue^ après la grande rébellion du colonel Bacon; en d*aatres termes, c'étaient des gens déterminés^ intraitables, et qui, dès le premier Jour, mirent en prison les agents des propriétaiies et se gouvernèrent par eux-mêmes; singuher peuple , agité dès qu*on veut lui imposer une volonté étariDgère, calme et docile devant les lois faites par ses représeutants!

Les propriétaires ne pouvaient songer à une

XV1« LEÇON. — LES DEUX GAROLiNES, 415 expédition armée contre ces sujets révoltés; c'eût été la plus coûteuse et la plus folle des entreprises. Il fallut donc essayer d^one transaction. La situation de la colonie du sud, où tout s'était passe comme dans le nord, car les besoins et les désirs étaient les niAmes , pressa aussi de son côté nne pareille détermination.

Les propriétaires y qui tenaient toujours à leur noblesse licréditairc , et à ces privilèges des personnes et des terres^ auxquels la colonie n'entendait rien y offrirent quelques modifications qu*on repoussa comme iiisuflisantes. La question des qmtrerU amena des difficultés nouvelles , les émigrants n'entendant nullement payer de redevance sur ces terres qu'ils avaient arracliées au désert, et fécondées de leurs sueurs. Ce qulls consentaient à payer devait servir à défrayer les salaires des magistrats coloniaux» et les dépenses publiques. Ënfin, en 1693, et de guerre lasse, les propriétaires renoncèrent à cette constitution, aussi gênante pour eux jue pour la colonie.

« Le peuple ayant signifié qu'il aimait mieux être gouverné par les pouvoirs que coneede la charte, sans égard à la constitution fondamentale, il est bon, pour son repos et la protection des gens bien disposés, d'accorder cette requête *. »

Avec cette déclaration disparut la législation

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