‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 112 sur 126 · fipItredaPattlàPliUtaoa · texte numérisé non relu

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XVf LEÇON. — RÉFLEXIONS SUR L'ESCLàf 4i9

Cet adoucissement commencé par saint Paul ne 8'e8i arrêté qu'à la transformation de la senri-» tude en senage ; resclare est devenu un colon , un laboureur, attaché à la terre, il est vrai, mais par un lien plus réel que personnel. 11 a fallu sans doute de longs siècles pour amener ce résultat; mais dès le premier jour la réforme a été en germe dans le respect de TÉglise pour la personne humaine , temple de Jûsus-ChiisL L'esclave a été pour ii^Use un chrétien, un homme ^ un époux, un père, et non point une bête de somme, un outil, un capital dont un abuse à volonté.

JSn Amérique 9 au contraire, la condition de nègre ne s'est en rien améliorée. Vous arez tu tout à l'heure la dureté de ceâ ioiS; faites cependant à une époque où l'Angleterre se gloriiiait de sa civi* lisation, où Voltaire et Montesquieu la présentaient à la France comme modèle d un gouvernement et d'une société libre. Depuis lors TAngleterre a marché. Giare à Romillv, urâie à Wilberforce, LM Lice à Clarkson, elle a pris l'initiative de l'émancipation et a sacrifié des millions à cette œuvre sainte. L'Amérique n'a rien fait. Elle n'a pas aboli l'esclavage; elle ne Ta pas transformé en servage. Ses lois sont ansei dures que le premier jour* Entre cette assemblée coloniale, qui déclarait, en 1712, qu'il n'était ni juste ni convenable de mettre les r.ègre8 en liberté, et les lois et les idées d'aujourd'hui, rien n'a changé, sinon peut-être que Toppo-

flHîoQ des abolitionistes a donné plni d^andaee d de Tivacité à la dèliense de l'esclavage. L est au nom de U Bible et par rexemple de» patriarches, qu*on justitie un système qui fuule aux pieds les droite du père et du mari, qui se Joue de la pu* deor des féinmeB, qui condamne dos millions d boni mes à la misère et à 1 igaorauee. La loi défend de les instruire, car, dit naiTement le préam* bule : ir Montrer anx esclaves à Ure et à 6mre, oe sert qu'à exciter le mécouteutemeut dauà leur ccBur, et à produire l'esprit de rébellion* i» P6or que le maître soit tranquille, il faut étouffer dans l'esclave k cœur et 1 àme, tout ce qui n est pas de Taounal. La paix de la Caroline est à ce prix.

On s ima^^ine soiiveiU qu'on pourrait adouiir

cette triste condition ; mais c'est une erreur. C'est k nature des choses qui Esit la cmauté de resolaF

vage* Ou peut sans doute remplacer la servitude par le servage, c'est<4-dirt par une aimation où l'ouvrier alfaehé au sol est^ du reste, traité comme un homme ; mais Tesclavage, qui fait du nègre un animal domestique, n'admet ni pba ni moins. Reconnaître un seul droit à Tesclave, c'est en faire une personne, et, par conséquent^ c^est d'un seul eoup lui reconnaître loua les droits do l'individu. Respecte-t-on le mariage, il faut respecter le droil du pôre et nourrir les enfantsi mais alors le maître a tott Intérêt à ftûre du nègre un ouvrier ou un métayer. La condition du sol change avec ia con^

XVI* LEÇON. — itrUDUONS 8UH L*ESGUYAGfi. 491

diùou des personnes. Ëst-co le travail qu'on respecte» nuÛB auMitèt nègre a un pécule, cl on ne peut lui refuser de se racheter. C'est ainsi que dans les choses humaines et par une génération fatale y le bien enfante le bien, le mal enfante le lual. C'est huiiout dans l'esclavage que celte terrible (éeondité du crime eat viiibic.

Dans une moitié dee fitats-Unie, il y a deux bo^ ciétés établieii sur le même sol ; l'une toute puis-maie, activa, unie, vigilante» Fautre faible, déa** unie y indifférente , exploitée comme un bétoil ; et t^ependant , ce troupeau méprisé est pour VAr mériquc une menace éternelle. Si jamais une

guerre étrangère apprenait aux uoirs a se compter, et tournait contre l'oppresseur cette force eodor-^ mie , le Sud deviendrait un théâtre de désastres plus effrayant que Samt-Domingue.

Sans prévoir des malheurs que le temps rendra inéfilaUes, il n'en est pas moins vrai qu^aujourd'hui Tesclavage est le ver rongeur des institutions améfieaines, un démenti donné aux fondateurs de rindépendance^ La Uche qui souille cette pandesociiétélaoïetaurdesâou» de i ikirope. Nous sommes sans doute moins avancés que les £tefs- Unis dans la pratique de la liberté ^ mais nous

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