‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 113 sur 126 · Que iofit denaset m Mm p^nHu St la déetaunUkHide 17Y6t · texte numérisé non relu

Que iofit denaset m Mm p^nHu St la déetaunUkHide 17Y6t

c Nous considéroDi eomme vérités évidentes que tous les homm^

ont été rréés cgauï, qu'ils OQt reçu du Créateur des droils inaliénables, el ([ue ces droits sont la vie, la libel le, et la poursuite du boniieur. u Voyez aussi i lugtiuieuse plaisaulerie du Frâiikiiu sur le com^

4ai UVRii; 1. — CaLOKlES.

n'mTODS pis d'esclaves, et notre civilisation pins

huniaïue est par cela même luiiQimeat plus grande et pins relevée*.

lusqu a présent, en parlant de la fondation des

colonies, il a été question de compagnies ou de lords propriétaires. L'Ëtat n'a paru noUe part au début; il nW intervenu que pins tard entre les compagnies et les planteurs, comme en Virginie, on entre les propriétaires et les habitants, comme dans la Nonvelle-lersey ou la Caroline. Èid>lir nne colonie par 1^ ressources directes de TÉtat n'était rien moins qoVne idée favorite an xvii* siècle; on n'y songeait même pas; la Géorgie est, dans TAmérique du 2sord, le premier et le seul exemple d'une plantation faite avec le concours de TÉtat, mais aussi est-elle de date récente. C'est en 1732 qu'un a colonisé la Géorgie, et pour faire une œuvre de bienfaisance^ ce qui la distingue tout à tait des plantations du ivii' i>iècle et la rapproche des entneprises de notre temps.

Un homme de bien^ un philanthrope, comme on dirait aujourd'hui, James Edouard Oglethorpe, officier de Tarmée» membre do parlement, et d'une famille dévouée à la monarchie, eut Tidée de fon-

If Sur loule celle queêlioa de l'esclavage, il lau\ lire les admirable! écrUi du Fénelon aaéricaio, Cbanoiog. L'EstUnage, Paris, ISô», 1S49.

XYP LEÇON. — LA GÊOAGIE. 433

der une colonie où l'on recueillerait les prispnûiers pour dettes , les pauvres , et enfin ( ce qui rattache ia Géorgie aux autres colonies ) les protestants a qui l'Eglise anglicane refusait la liberté religieuse, ou 4UI étaient persécutés daus le reste de l'Europe. Dans un siècle où régnaient les idées de Locke, où la propriété était le premier des droits, Temprisonnement pour dettes était perpétuel, et vous avez vu, dans le joli roman du Vicaire de Wakefieldy ce qu'était cette prison, où i honnête homme malheureux était confondu avec le malfaiteur. Ainsi la charité et la tolérance, tels étaient les mobiles d'Oglethorpe ; il n'y avait qu une exception, toujours la même, au dernier siècle : les papistes étaient exclus de eet asile ouvert à tuutes les communions et à toutes les misères.

Il ne fut pas difficile à Ogiethorpe de trouver des associés pour cette œuvre de bienfaisance. Sur le rapport favorable du Bureau du commerce, une charte de Georges U, du 9 juin 1732, érigea en province le pays situé entre la Savannah et l'Alabama, et lui donna le nom de Géorgie. Ce fut une commission de personnes riches et bienfaisantes qu ou chargea de gouverner la plantation pendant vingt-un ans. Le sceau de k corporation, qui portait pour emblème un groupe de vers à soie ûlant, avec la devise : iVo» sibi sed aliiSf exprimait le désintéressement des patrons de la colonie; et en effet un article inséré à leur demande leur refusait

434 LI?1K I. — COUmiES.

toute coûce&sioa de terre ou Umk autre avantagis dans la plaDtation.

C'eâl ii cette corporation qu'un remeii:: : la souveraineté législative^ mais ïm lois oe devaient être eù vigueur qu'après avoir été approuvées par le roi en son cuaseil. Quant au pouvoir exécutif, il tlait eiereé par un conseil de trente-quatre peroonnait dont quinse étaient nommées dans la eharfe et devaieut couserver leur place quoad se bene gemrint^ e'estrà-dire à vie; qnant aux antres, on eo laissait la nomination aux commissaircà, qui devaient élire à toutes les vacances.

G*éfait le conseil qoi faisait les coneeiBions d« terre; cinquaute acres étaient données à tout émigranty moyennant une quitrent de dix schelUagsi mais il était défendu d'accorder plus de cinq eenti acres à la fois. On voulait éviter les grands dopiaines et ces accaparements de territoire qui , en Virginie et en Caroline, a^ient donné lien à dei abus sérieux et à de justes plaintes. Ën d autres termes» on voulait faire une colonie modèle , qui

fût tout ensemble une œuvre de bienfaisance et de politique, et ea même temps on repoussait le monopole des compagnies et des propriétaires.

La charte accordée, les souscriptions affluèrent. Le dergé y mit une chaleur extrême^ (a parlement donna dix mille livres sterling. On attendait dit merveilles de cette fondation. On voyait déjà U prison pour dettes abolie» 1^ t^ dea pauvres

XVi LEÇON. — LA GEÔUGli:. 431»

réduite. Ces malheureux sauvée d'une longue ser-

Tilude, transportes j^iaLuiLcmcnt dans un pays de liberté et d'abondance , fournie aux irais de. la société de tous les moyens d'améliorer leur condition, ailaieut oublier leurs chagrins sous un ciel meilleur. Ën outroi la charte porterait avec elle sa récompense : l'Angleterre devait gagner plus d'un million sterling anauellement, rien qu'en soie brute Y et Madère était dépassée dans la pro» duction du vin.

Ogielhorpe se mit à la tête de la première expé* dition qui fonda la ville de Savannah. Il fut suivi

par une colonie de moraves, que conduisit rexcellent et pieux Zinzendorf» et par une émigration protestante qui abandonna le pays de Salibourg pour fonder en Géorgie la communauté évangélique d'£benezer. Le calcul était sage, les intentions parfaites f le sèle sincère , et cependant rentreprise échoua complètement.

I/'organisation de la Géorgie reposait sur des bases toutes diiïéreiites de celles des autres colonies. U y avait surtout trois dispositions très^raisonnables en apparence » et inspirées par d'excellents sentiments, qui grnèreuL la vie de la piaulatioB, et ne tinrent point devant l'expérience ^

En fondant la Géorgie , on avait songe au voisinage des Espagnols I maîtres des Florides; et il

1. Wynne, A gênerai hittory of ihi Bnlish empire in AmmeOi Londres, 1770, t. U, p. 301-316.

436 UYAE L COLONIES.

avait paru sage d iuLerposer une colonie militaire entre les possessions espagnoles etlaCarolioe, pa)S d'esclaves et par conséquent de peu de défense.

On avait donc décidé que dans la Géorgie les terres seraient partagées entre les habitants mâles seulement^ et à charge de service militaire. Les filles n'avaient aucun droit à Tliéritage, car ces domaines étaient des fiefs. Le besoin de la défense ramenait au iviti* siècle les lois dû moyen âge.

On avait aussi défendu Tintroduction des esclaves: t( L'esclavage ^ disait^on, le malheur sinon le déshonneur deà autres plantations, est abso- . lument proscrit. Que Tavarice le détende comme elle l'entendra, il y a dans le cœur humain une honnête résistance à l'idée de vendre et d'acheter nos semblables, et de les considérer comme notre richesse et notre propriété'.

c< L'esclavage, ajoutait Oglethorpe, est contraire à rÉvangile aussi bien qu'aux lois fondamentales de l'Angleterre. Nous avons refusé de faire une loi qui permît un crime si horrible. »

A ce motif pieux s'en joignait un autre tout politique. Les Espagnols appelaient à eux les nègres de la Caroline et en faisaient des soldats contre leurs anciens maîtres , dépeuplant et ruinant ainsi doublement le pays. On ne voulait point, suivant l'expression des commissaires ,

i. Bancron, II, 420.

XYI* LEÇON. — LA Gt^ORGIE. 437

posséder une prorinee vide de blancs» pleine de

nègres, propriété précaire d'un petit nombre, exposée tout à la fois à la trahison intérieure et à rinvasion étrangère.

Ainsi on repoussait l'esclavage, non-seulement comme injuste et cruel (car c'est ainsi qu'on commençait à le considérer) , mats comme fatal aux intérêts des pauvres émigrants en vue de qui on établissait la colonie.

Enfin, une disposition tout Iiuinaine, et que de nos jours ont reproduite les sociétés de tempérance» défendait Tintroduction du rhum et des liqueurs spiritueuses; et pour empêcher cette cause de démoralisationi tout commerce avec les Antilles était interdit.

Ces trois dispositions échouèrent, parce que» avec une apparence de justice, elles étaient impraticables dans la colonie.

Los émigrants de Salzbourg, accoutumés au travail des mains» résistaient à Tintroduction de Tesclavage; mais il n'en fut pas de même des émigrants anglais» pris en majeure partie parmi des prisonniers pour dettes, c*est*à-dire parmi des gens habitués à l'industrie plus qu'au rude labeur des champs» et la plupart déjà usés par la misère ou la débauche; ils se plaignirent hautement qu*on les avait trompés. A les entendre le sol n'était pas assez fertile, c'était à la compagnie à les soutenir» à leur fournir des outils» des secours» en un mot

à se charger àn saceès, puisqu'elle 8*était dur-

gée de l'émigration.

An lieu de s'en prendre à enx-mtmes de leur nanvaise fortune , les émigrants 8*en prirent à la

clause qui prohibait Tesclavage; et^ chose singulière, ils appelèrent la religion à leur aide» prétendant que la servitude était un moyen de propager TÉTangiie. Les pauvres esclaves de r Amérique tant devenus de» libres citoyens de la c^esU Jérusalem, disait un pieux missionnaire.

Les émigrés de Salzbourg eurent des scrupules et consultèrent en Allemagne : « Si tous prenei des esclaves suivant la foi, leur fut-il répondu , et avec rintention de les conduire au Christ» Taction ne sera point un péché, mais peut même devenir une bénédiction. » C'était la fausse et mauvaise doctrine d'un petit mal pour on grand bien.

Les esclaves furent alors introduits en foule dans la Géorgici et pour éluder la loi on imagina de les considérer comme des engagés libres, ses* lement rengageincnt était fait pour cent années. C'est de la même façon, et avec la même hypocrisie légale, que de nos jours les Américains réta« bllrent l'esclavage dans le Texas, aÛ'ranchi par les lois libérales du Mexique. Devant cette opposi* lion des planteurs les commissaires durent céder; tout ce qu'ils purent faire, fut d obliger les maîtres, sous peine d*nne amende de cinq livres, à donner aux nègres Vinstruction religieuse au jour

àn Seigneur. C'est l'origine du caractère religieux qui distingue les nègres de la Géorgie.

S'il avait été difficile d'empêcher rétablissement de Tesclavage, il était plus impossible encore de rcfcuir les planteurs dans une colonie naissante où les terres sont la seule richesse, en leur mon*» trant en perspective la dépussessiuii de leurs femmes et de leurs filles » comme conséquence d'un Étal militaire* L'égalité de succession établie dans les autres plantations, ne laissaù point de place dans la Géorgie aux essais de quelques théoriciens.

Enfin, quel que fût le motif qui eût fait prohiber l introduction des esprits , les conséquences de cette mesure étaient désastreuses; çari d'une part, l*usage des spiritueux était nécessaire pour corri» ger les mauvaises qualités des eaux, et, de Tautrei on favorisait la contrebande, c'est-à-dire la plus corruptrice des industries.

Sous ce régime de restrictiousi la Géorgie ne ûi que languir. En 1751, après vingt ans d'efforts désintéressés, après des sacrifices considérables (le Parlement seul avait donné 136000 livres sterling , plus de trois millions); quand les com* missaires rendirent leur charte , la colonie ne comptait que trois petites villes et quelques plan* tations dispersées, avec dix-sept cents habitants libres et quatre cents nègres. Les exportations^ pendant les trois dernières années, n'avaient pas dépassé 80 000 francs.

410 LIVEE I. — GOLOMICS.

. C'est là une de ces leçons comme T Amérique nous en ofSre tant, une preuve nouvelle que la colonisation par l'État est toujours la plus ooAteuse et la moins profitable, car elle ôte le suprême ressort de ces difficiles établissements : le senti* ment individuel , la nécessité de se tirer d^affaÎTe à tout prix et par ses seuls eilorts.

Pater ipse colendi Haud facilem esse viam voluit, primusque per artain Movit agrosr curîs acuens mortslia corda *•

Le besoin et la certitude de se gouverner soimême, d*être maître absolu de son travail et de sa

vie, voilà les deux couditions de succès pour toute entreprise humaine; c'est dans Textrême liberté et dans l'extrême responsabilité qu'on trouve l'éner* gie qui iûude les colonies; ce sont les deux seules forces dont Jusqu'à présent nous n'ayons pas su nous servir.

Sortie de ces premiers embarras, et devenue province royale , la Géorgie fit des progrès rapides. A l'époque de la révolution d'Amérique, elle était en bonne position , quoique sa popula* tion n'atteignît pas cent mille habitants.

Nous voici au bout de cette longue histoire des colonies qui , j'espère , n'a pas été toujours sans intérêt, et qui certes ne sera pas sans profit.

Vous y avez vu comment l'esprit de liberté et

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