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m UyRE I. — COLONIES.
Héunissez maiotaaant un gmnd nooibro do eoa petifa propriétaim, faito6«en m peuple, et à ce peuple essayez d'imposer rorganisatian de la aooiéié aoglaiaoi parloE-lui de noblease hérédilaiFe, de aobatitutioii , de droit d'atnesae» il ne voua comprendra pas ; non-seulement ces inatitutiona n'ont point ohea lui de raiaon d'être, maia elles y seraient aouYorainement injustes et oppresaives.
Pourquoi une nobleaae en un paya où toua aont
égaux par le travail et la propriété ; pourquoi un droit d'aînesse là ou tous les enfants prennent une part égale à l'œuvre commune? Pourquoi dea substitutions qin favorisent l'oisiveté, la uii la société tout entière n'a qu'un but, le travail?
Yoyea-voua comment de cette société ainai eon- « stituée ne peut sortir que l'égalité civile et politique; car, je le répète, 6tea les riebesses prinoiôres et Textrème miaère de quelques ports de mer qui rappellent l 'Europe , la grande, la très-grande majorité des Amérieaina se compose de propriétaires qui cultivent par eux-mêmes, et par exemple dans iea vaates États de l'Ouest, le défrichement est de date récente , et c'est à peine si Ton est à la se» coude génération de planteurs. Cincinnati , la capitale de rOueat, qui compte iiujùurd iiui plus de cent mille Ames S était, en 1800, un Tillage de
1. CeDi quiniQ mille qualr« mdu en ib&O; et omabre a Ctit augmenté députe Ion.
XIX» LEÇON. — - OlUiANISATlON CIVILE. S03
iept eant cinquante habitants. H y en avait deux
mille cinq cents en 1810^ et dix mille en 1820. Ajoutez qu'il y a encore plus de trois milUona d'acrea à mettre m culture dans TOhio; il y en a neuf dans llndiana, seize dans rillinois, huit dans le Michigan, six dans i iowa et dans le Wis* eoiisin; en d'autrea termes, la colonisation est d'hier !
Reportons-nous maintenant au début de la plan* tation, à une époque où les difficultés étaient plus
sévères et Tisolement plus grand qu'aujourd'hui, car la société n'était point à quelques vingt lieues, elle était au delà des mers ; donnons à ces émigrants les idées et les habitudes anglaises, u 'estil pas évident qu'en face d'une situation aussi nouTelle leurs idées se modifieront et qu'ils aban* donneront des usages faits pour une condition sociale toute différente*
C'est là un fait inévitable et dont les lois colo« niales nous donnent la complète démonstration.
Parmi ces lois, les plus intéressantes sont les lois de succession. En tout pays, ces lois ont une importance majeure, car c'est par elles que le législateur agit avec efficacité sur la réparti* tion des richesses, et il est évident que suivant qu'on pfllnrîendra à concentrer ou à répandre la ricbesse, le gouvernement tournera à raristocratle ou à la démocratie. L'exemple de la France est une preuve visible de cette vérité; cinquante an-
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nées de Code civil ont fait de ia société fran^se un peuple tout nouveau et y ont tellement développé i esprit démocratique que nous ne coniprenoQS plus les idées de nos pères. La révolution en ce point est si profonde que ceux mêmes qui aujourd hui rèveut un autre gouvernement que la république, ne peuvent imaginer que des institutions déniocraliques, quelque chose comme la monarchie belge, c'est-à-dire une démocralid» avec ùn président héréditaire sous le nom de roi. Cet état de choses ne vient pas des dix constitutions contraires que nous avons usées ai vite, il vient du Gode civil; c*est lui qui a nivelé la France, lui seul.
On voit, par cet exemple, quelle est l énergie des lois de succession. Elles font le passage du droit politique au droit civil, et par le droit civil influent sur les mœurs et Tétat social. Grâce à ce double caractère » elles sont pour Thislorien et pour le philosophe , le thermomètre exact de la condition d'un peuple à un moment donné.
Les lois de suecession dans les colonies vont donc nous monti^er comment ce principe nouveau -d'égalité modifia et transforma les coutumes de la métru|)ûle.
La loi anglaise toute féodale f tout àristocratique dans son esprit, ne s'explique que par son origine; le fief étant uq domaine qui devait fournir au service militaire , c'est en vue de ce service
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que tont fnt calculé du jour où le fief devint héréditaire; la VOIX du snng ne fut pas écoutée et ne devait pas Tôtre, car ç'eut été énerver la défense et compromettre la société.
En partant de ce principe, que ie service militaire est la loi suprême du fief » on comprend aisément que le fief devait être indivisible , car le diviser c'était ruiner le service. Le iief étant indivisible, uo seal des enfants pouvait Tobtenir , à charge d'aider les autres; cet enfant devait ître i'aînéy celui qui par sou à^e était ie.pius avancé dans le métier des armes. L*exclasion des filles se justifie aisément; lui hérita*^e tombé en quenouille n'eût point fourni de soldats*
Droit d*aînesse, eiclusion de femmes , voilà ce que donne le droit féodal.
Quand la féodalité eut amené Taristocratie en perpétuant le sol dans les mêmes mains, Tldée de la iamille remplaça le principe du service militaire, et donna au droit de succession un caractère particulier. L'héritac^e appartint aux descendants de celui qui, le premier, avait mis Timmeuble dans la famille; iji terre était désormais inséparable de la famille , et le propriétaire actuel n'en avait que le dépôt, comme uu roi, par exemple^ n*a que Tusufruit de sa couronne.
De là certaines règles de saccession qui , aujourd'hui, nous étonnent: le père et la mère sont exclus de l'héritage ; car si la terre était venii<^
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de leur cùié elle gerail restée dans leurs mains, ou en la donnant ils se seraient réservé le droit de retour, l.a succession se divise par souches et non par têtes, les parents plus éloignés sont préférés aux parents plus proches mais qui ne descendent pas de Fauteur conunun; des substitutions enchaînent le sol indéfiniment; en un mot, tout est subordonné^ tout concourt au maintien de cet être de raison qu on nomme la Camille. Voilà respnt de la loi anglaise.
Dans les colonies il était difficile de consenrer une pareille législation eu face des idées puritaines si favorables à Tégalité, et de cette égalité forcée qui sortait de la culture même du sol. En ce point vous allez voir combien , parmi des hommes de même race, la différence des circonstances ( et aussi celle dos idées religieuses ) amena de variété dans les institutions.
Les plantations du Midi, en y comprenant la Virginie, devinrent des coluDÎes à esclaves, c'est-àdire qu'il y eut comme en Angleterre! et avec bien plus de force encore, une classe d*horames qui se reposait pendant qu'une autre travaillait pour elle, il fut donc aisé de rester fidèle aux usages de la métropole. A Tépoque de la révolution , la propriété dans le Sud était encore partagée en grands
domaines et possédée par les familles des anciens
planteurs ; les branches cadettes dépendant en mille points de la branche aînée , qui avait ainsi