XIX* LEÇON. — ORGANISATION CIVILE. S
quelques - Moes des prérogalives dei baro^iuies anglaises*
L'aristocratie est si naturelle en uu pays où règne TeBclavage, quand un despotisme supérieur no eoraprime par tout sous son inflexible niTeau» que la Virginie se montra plus jalouse des substitations que TAngleterre, et qu'en i 705 elle déclam ne plus admettre les moyens de procédure par lesquels, dans la métropole» on éludait la disposi^ tion du fondateur, et on faisait rentrer dans le commerce le bien substitué.
Au nord , où TesclaTage était repoussé par le climat, où le cultivateur libre avait seul vaincu le désert, la coutume an^^laise fut repoussée, et dans la nouvelle Angleterre (^ode-lsland excepté) le partage égal entre tous les enfants fut la seule iLiile admise, toutefois avec cette modification empruntée de la loi mosiuque , que Taîné aurait double part. Ge n'était plus Tidée aristocratique, c'était ridée religieuse qui modifiait en ce point le principe d'égalité.
Le Maryland, depuis 1715, la Pensylvanie dès son établissement adoptèrent Tégalité dans le droit de succession; New» York et New «Jersey, provinces royales, conservèrent la coutume anglaise 'Jusqu'à la révolution ; mais quoique en ces provinces une partie de la population, d'origine hollandaise, eût accepté une position de paysan et pay&t certaines redevance» qui permettaient le
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loisir de quelques grands propriétaires» la loi anglaise y fut plutôt soufferte qu'acceptée, et elle tomba dès le lendemain de la révolution.
Un procès qui eut lieu en 4727| nous montro combien l'idée d'égalité était chère anx colons du nord. La charte du Couoecticut, comme toutes les autres » portait que rassemblée coloniale aurait le pouvoir législatif, mais sans que les lois pussent être contraires aux lois d'Angleterre. Sur ce motif de contrariété on attaqua devant le roi en son conseil la loi coloniale qui donnait part égale aux fila et aux filles , et on la ût annuler.
Cette décision alarma singulièrement le Connec*
ticul el les pi'û\inces voisines; et sur rjnsiôtanco des agents de la colonie, sur les réclamations généralesy le décret fut rapporté , la loi maintenue.
Il fut ainsi décidé que, dans cette question si importante du droit de succession, les législatures locales étaient compétentes, etqn*elles pouvaient modifier le droit de succession sans toucher à ct's lois de la métropole , qu'on plaçait sans les déii* nir au-dessus des pouvoirs coloniaux.
Dans toutes les provinces où prévalut le partage égal des successions , les concessions premières , loin de se maintenir dans leur étendue originaire se divisèrent en fermes de médiocre grandeur; et cette égalité générale des propriétés amena des habitudes d'économie et de travail ^ dont les effets sont visibles dans les mœurs, les lois, Tadmi-
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nisfration des colouies. £t, par exemple, il esl visible que rorganisation eommuDale de la Non- -velle-Angleterre n*était possible que dans un pays ou tout le monde était propriétaire, et. à ce titre, intéressé au maintien de Tordre et des lois. Ën ce point comme en beaucoup d'autres, il est impossible de méconnaître la liaison intime qui existe entre la distribution du sol et le fonds même du p>nvernement. Quel qu'en soît le nom politique, empire, république ou monarchie, un pays où le plus grand nombre est propriétaire, et où les propriétés sont divisées hmx une certaine égalité, sera forcément une démocratie, je prends le mot dans son meilleur sens, car si je voulais exprimer la différence de la démocratie à la démagogie, je dirais que Tune est un gouvernement de petits propriétaires, et l'autre le gouvernement de ceux qui ne possèdent rien.
Les hommes d'État de la révolution américaine sentirent bien tout ce qu'il y a de force dans ces lois de succession. Aussi Thomme qui, aux États- Unis, personnifie le principe d*^alité , Jefferson , dès le lendomain de l'indépendance, proposa-t-il ù rassemblée de Virginie d abolir le droit d'aînesse et les substitutions.
Son but était de détruire rcttc espèce de palricial qui s'était formé peu à peu dans la colonie sous rempire de lois aristocratiques. En effet , les grands domaines immobilisés dans ccrlaiues
SlÛ UVR£ I. — COLONIES.
famines, il ayait fallu compter avec l'infliience de
la richesse et de la propriété. C'est parmi les grands propriétaires que le goayemeur prenait les membres du conseil , et Tespoir de cette dis* tinction mettait le corps entier à la discrétion de la couronne. Dans les contestations fréquentes qui s'élevaient entre le gouverneur et le peuple, les grands propriétaires seuls étaient assez puissants pour faire triompher les prétentions de la royauté,
et assez accessibles à la laveur poui' rtre facilement disposés à prendre ce parti. JeU'erson voulut, suivant ses propres expressions , sans recou-* rir à lavioleneii, sans restreindre le droit naturel, mais tout au contraire» en lui rendant son empire, € annuler le privilège et Taristocratie de la richesse, car c'est toujours un danger plus qu'un bienfait pour la société, et il est essentiel à une république bien ordonnée que toutes les routes soient ouvertes à l'aristocratie de la vertu et du talent» les deux forces auxquelles la nature a des* tiné la direction de la société et qu'elle a répandues d'une main égale dans toutes les conditions'. »
Pensée profondément juste ! L'idée de détruire tOLiie aristocratie, d'empêcher ({Lie personne ne s'élève au-dessus du niveau commun ^ c'est un rèxe de déniago<;ue ; c^est Tenvic et la jalousie érigées en vertus républicaines. La véritable démocratie
l, Tucker, Ufe of Jelferson, i, 91.