‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 12 sur 126 · ioOOd<»Uin(MûO(rattct)daiMi'ÊUi<ioMew-York · texte numérisé non relu

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14 PREMIÈRE LEÇO».

C'est ainsi qu'en exajîérant les moyens on dépasse le but, et qu'on énerve la répression en croyant la fortifier. Et cette vérité même que nous poursuivons, combien n'en rendons-nous pas la découverte difficile, en terrifiant Taccusé, en le séquestrant, en le séparant de sed conseils, de ses amis, de ses papiers, en le forçant à fuir pour éviter la prison 9 en le contraignant d^attendre à Vétranger, pendant des années entières, les résultats douteux d'une instruction sans contradicteur, quand sa présence eût souvent en peu de mots désarmé l'accusation et peut-6tre conbfida la calomnie I

De pareils etemples ne sont pas rares ; il serait facile de mettre ub nom sons ehacnne de

ces allégations ; cl si les partiS| en arrivant au pouvoir, n'oubliaient point le pasàé, ou songeaient à l'avenir , il y a longtemps qu'en des temps de révolution comme les nôtres, on eût, ne fût-ce que par prudence, emprunté ces pratiques libérales à l'Angleterre et à l'Amérique.

Je ne vous parle point de la liberté industrielle, de la liberté du travail, plus Considérable, mieux entendue aux États-Unis qu'en France. Quoique Téconomie politique rentre dans notre domaine, par la part chaque jour plus grande qu'elle prend daus la législation, je ne veux pas empiéter sur le ressort d'un homme qui honore cette chaire par son courage et son

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talent C*68t à M* Michel Chevalier qu'il appartient de vous dire comment la liberté est une puissaoce économique non moine qu'une force politique y et comment, dans des conditions naturelles qui ne seroat pas ti up inégales y le pays le plus libre dcTiendra nécessairement le plus rfehe. Mais, patitii les sujets de rtfle^don que nous présentent les États-Unis, j'en choisirai encore un d*un intérêt actuel, la liberté des cultes.

Aux États-Dnis, la liberté des cultes est absolue. On n'a pas senlement séparé comme che^

nous, ou plutôt essayé de séparer le spirituel du temporel. L'État ne connaît pas l'Église; ce sont les fidèles de chaque communion qui payent le

culte et le pasteur. On lient que e\jst fyranuie de contraindre un homme à soutenir de son argent une croyance qui n*est point la sienne; car c^est le rendre complice malgré lui de l'erreur et de la superstition.

Cette sépai*ation absolue date de la réTolution américaine; elle est considérée comme une conquête non moins précieuse que celle de Tindépendance; et leffûrson qui en fut un des plus ardents promo leurs, Jefferson deux fois président, demandait qu'on mii wxt son tombeau, pour illustrer sa mémoire, non pas le souvenir del plaees qu il avait occupées , mais rinscription suivante qui retrait les plus grands actes de fta tie, les

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plus grauds, en eileti pour qui ea considère le résultat:

AVTiim BK 1.4 têajMk'twm m L'roinNMiiis amémcaihb» ra mm m timmi mi» u utamA wxuemmt, n itaK M L*iirauiii m marna»

La solution que les États-Unis ont donnée au problème vaut-elle mieux que la nôtre £n émancipant l*Égliae» n*a-t-on pas asservi le prêtre? Ne l'a-t-on pas mis dans la dépendance absolue de son troupeau? Les droits du pauvre que Tindigenee éloigne des secours spiritaeb ont-ik été suffisamment défendus? Je ne veux poiut dis* cuter en ce moment cette grave question ; mais vous sentes combien elle mérite d*ètre étudiée, et quel cbamp d'expérience nous offre un pays où, depuis longues années, tant de sectes diverses vivent et se développent en parfaite liberté.

Je pourrais choisir encore, comme matières de comparaisons curieuses et importantes pour la science et pour nous, la liberté et la diffusion de renseignement I l'organisation municipale, la question des banques , celle de la dette publique;

mais je ne veu\ pas épuiser mon sujet; j eu ai dit assez pour vous montrer tout ce que nous ofi&e de richesses Tétude du gouvernement américain, et quel profit nous en pouvons tirer.

£n vain Tignorance et la présomption attribuent la prospérité américaine à des causes fiitales, telles

DISCOUBS D'OUVERTUaS. . il

que la richesse d'un pays vierge, ou la situation privilégiée de la confédération ^ isolée sur un vaste continent. H n'est pas douteux que toutes ces causes, et d'autres encore ^ n'aient donné au gouYernement américain nn caractère particnlier; mais l'histoire nous apprend que ces grands résultats n'ont nen de nécessaire. Les colonies espagnoles , placées dans les conditions les plus favorables, languissent pour la plupart; et la liberté même avec ses orages les a perdues ; tandis qne la race américaine ^ avec son amour de Tordre et ses habitudes de liberté, se développe et s'étend partout , parce qu'elle s'organise partout.

iNou , la fortune des nations n'est point Tœuvre d*une aveugle destinée; c'est par le caractère» par la constance , par Ténergie que les peuples s'élèvent; et ce caractère, les institutions politiques ont justement pour but de le fortifier dans ses parties faibles , et de le contenir dans ses excès. Sans la constitution I l'Amérique se serait dissoute; i esprit d'indépendance l'eût afiaiblie et divisée à Testrême; et je vous montrerai, pièces en main, qn*elle doit sa grandeur aux honunes qui, dans des circonstances difficiles» devinèrent les institutions qui convenaieiil à son génie, et sauvèrent la liberté en fondant l'Union.

Ne croyez pas que ce aoit du premier coup et sans eHorts que les Américaïuâ aient re6ulu le

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problème d'organiser la démocratie. Us ont passe par des épreuves plus rudes que les nôtres , des épreuves qui, Téchafaud mis de e6té^ rappellent les muUieurs de notre première révolution. Go a essayé d'une assemblée unique > d'un gOM^W*' nient de oomllés; on a fait un papiér^kilonnale, et, en Amérique comme en France^ le mépris des lois jâoonomiqtteset politiques atnena une 6itiia|^0B:ai déplorable, que dé toutes parts les esprits së sou^ levèrent contre un gouvernement sans puissance 01 8anj|^ni;^it Le grand cœur de Washingtos «A vint à douter de l'Amérique*; affranchie et victorieuse de rAnglelerre^ elle succombait soua Tanarchie.

f( Quel chanc^ement étonnant peut se faire en quelques années, écrivait>il en 1786 à John Jay^ son ami , et plua tard Tus des fondateurs de la constitution. J'entends dire que des personnes respeetables parlant aujourd'hui de la monarehie sans horreur. On y pense, dn en parle, et de la parole à l'action il n'y a souvent qu'un pas, maiê quel pas inrévocable et terrible! Quel triomphe pour lès ayoeats du despotisme de voir que nous sommes incapables de nous gouverner nous-mêmes, et que les systèikies fondés sur la base de l'égalité et de la liberté sont chimériques et trompeurs! Dieu veuille qu'on prenne à temps de sages me-

1. Voy. la lettre de Jolm Jay. du 18 mai 1786. Lift ofJolmJafi,

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sares pour détourner les conséquences que nous n*avans que trop de râsons de redouterM »

C'est dans une situation aussi délicate , au lendemain de la guerre > au milieu de ces passions que soulèvent les révolutions et qui, comme les vagues de la mer, s'agitent lotlgtemps encore après Torag^i c*est au travers des ambitions et des ja* lousies de totité espèce , qu'entreprirent de sauver la patrie des hommes qui, pour le dévouement au pajrsy U Ibrce de caractère» l*énergie des convictibiis, ne le cèdent en rien à ce que l'antiquité nous offre de plus admirable: Washington^ Hamilton, Franklin, Jay, Madison^ noms immortels dans l'histoire de rAmenque et du monde l En fondant un gouvernement national , à force de lumières, de courage et de (latience, en fermant la révulution, Washin;j,ton et ses amis sauvèrent une seconde fois la patrie; et ce triomphe, moins éclatant que le premier, mohtlre mieux dans tout leur jour ces nobles caractères. Pour doter l'Amérique de cette constitution aujourd'hui adorée ; il leur fallut risquer leùr populariléi lutter contre l'injustice et la calomnie, emporter chaque résolution de haute lutte, et pendant dix-huit mois ne jamais se lasser, ne désespérer jamais* Hais aussi, la victoire gagnée, on eut comme un pressentiment de la majesté de cet édifice dont les fondements avaient

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