‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 121 sur 126 · XIX* LEÇON. ^ ORGANISATION CIVILE · texte numérisé non relu

XIX* LEÇON. ^ ORGANISATION CIVILE

est celle qui , ne reconnaissant point de privilèges héréditaires, laisse le gouvernement accessible à touS| y élève les supériorités naturelles, et s'abandonne, non point à l'anstocratie arUficielle de la richesse ou de la naissance, mais à la véritable aristocratie , c*est-à-dirt5 coumie l'indique Tétjmologie j aux meilleurs et aux plus capables.

La loi de Jeffersou^ qui abolissait les substitutions, ainsi que celle qui supprimait le droit d'aînesse et le privilège de masculinité, ont répondu au but qu'on se proposait, celui de détruire cette grande inégalité de fortunes qui» autrefois, prévalait en Virginie. Et non -seulement ces lois ont modifié la distribution du sol il divisé les grands domainea en une multitude d'héritages, mais bien plus, elles ont agi si fortement sur l'esprit public, que, malgré une liberté testamentaire absolue, il est rare aujourd'hui qu'un père de famille avantage un de ses fils au préjudice des autres. C'est un des exemples les plus frappants de i iniluence qu'exerce la loi de prc^riété ; en modifiant la dis» ^ibution de la richesse, ou plutôt en laissant agir les causes naturelles, elle amène avec l'égalité du soi le goût de l'égalité civile, et l'horreur du pri<* vilége*.

Les effets de ce changement dans la distribution de la propriété sont visibles, dit un biographe de Jeflenon,

1. Sur ceUe action de la propriélé, vayci niMi JUMoire dm droit de prù^riété. Parte, lSd9.

M. Tacker, professeur de pbilosopbie morale à 1 université de Virginie; i( n'y a plus malnlenanl une classe de per* sonnes en possession de grands domaines héréditaires qui 8'élève au-dessus des autres par le luxa et Toslentation ; le pins grand nombre de ceux qoi sont riches ont acquis leurs propriétés à force de talent et d'industrie, et la plu«p u L 5e contentent de cette dépense modérée que demando l'opinion sans aller jiisquà ce degré de luxe qu'elle iie fait que tolérer.

Ainsi» autrefois en Yii^inie il y^vnit beaucoup de per* sonnes qui se faisaient conduire à six chef aux. On ne voit plus aujourd'hui un pareil équipage; avant la réTolution il y avait probablement deux ou trois fois pins d'attelages à quatre chevnux qn .mjonrd'hui, niais le nombre des voitures à fleux elievnux est maintenant dixelvin^t fois plus grand que dans l'ancien temps. Quelques familles pouvaient se vanter de posséder plus d'argenterie qu'on n'en rencontrerait aujourd'bni dans aucune maison, mais U quantité générale dans font le pays est vingt fois, nnon cinquante fois plus considérable qu'elle n'était jadis*.

Sur une moindre échelle, rhiatoire de la Virginie est l'histoire même de la 1 1 auce. C'est qu'en efTety régale répartition de la richesse en amène la rapide augmentation , parce qu'elle ne dispense pas le riche de travailler, et ne décourage pas le pauTre i tous deux étant trop près du niveau qoi sépare la pauvreté de la fortune, Fun pour ne pas espérer d'y atteindre, l'aulre pour ne pas craindre de retomber au-dessous. 11 en résulte donc une quantité de travail beaucoup plus forte,

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