XIX* LEÇON. — ORGANISATION CIVILE
notiiB aiMsiété, déaipcratique par ses lois ei?ile«y ne
Test point par ses moeurs. Elle n'a point cette p08fies&iou d'elle-même y ce& habitudes d ordre, ce respect du droit qui constituent la yéritabie liberté. Q^el que soit le gouverDement qui régisse la France on y gène la liberté et on Tétouffe par la oenlrali- * sation. Nous en connaissons le trouble et Tagîtatien , nous n'en avons jamais goûté les bienfaits. L'Amérique se tient plus près des conditions de la nature humaine, dont le respect est la suprême loi du législateur^ et elle a su faire la part de réalité aussi bien que celle de la liberté. L'éducation y égalise autant que possible le point de départ. Les institutions civiles repoussent le pri- Yilége; c'est ensuite à la liberté qu'on s'en remet du soin d'organiser cette aristocratie naturelle qui, pour le bien de tous, remet aux plus capables la direction de la société.
Vous savez à présent que les lois civiles et politiques ne sont que le résultat des mœurs» des idées y des besoins d uii pays, et que les séparer de ce milieu c'est se condamner à ne pas les comprendre. Ce principe a été l'âme de nos leçons, c'est la lumière qui nous a guidé dans cette longue étude sur les colonies. C'est ce qui explique pour* quoi l'histoire tient une si grande place dans nos recherches. Elle seule en ranimant le passe, en faisant revivre les générations éteintes avec leurs
iSSO LIVRE I. — COLONIES.
passions et leurs idées , nous douae le secret de leurs codes et le véritable esprit des lois. Quel a été cet esprit en Amérique? Dès le premier jour, deux mots le résument : les deux, mots de Voltaire bénissant les petits-âls de Franklin , God and /tberty, religion et liberté !
FIN DO Liras panitni.
APPENDICE CA)
(Page 292.)
Je ifOQf • cas principes edmirableiiient résumés dans une lettre de John Adanu , lettre qu'il éerivil en 178t et qu'il imprima en 1787, comme poîl^flcriptum de sa J>c^ fmse of ihê OmttituiUm of GooernemetU of îhe Dniteê- Siaies ofAmerieaK Cette lettre, où John Àdams, avec une finesse digne de Franklin, raille les prétentions de l'abbé de Mabiy, prouvera combien en Amérique on était plus avancé que nous dans la connaissance et la pratique de la libel lé. Ku France, c'est chose assez comuiune (juti de croire au bonheur plus qu'à la sagesse des Américains ou des Ânjjlais; c'est un delaul qui tient à notre ignorance. Si au lieu d inia^ine^ des systèmes et de dédaigner l'expérience, comme luisait l'abbé do Mably, nous prenions la peine d'étudier l'histoire et les institutions des autres pays, peut-être ne donnerions-nous pas au monde le triste spectacle d'un peuple toujours ballotté entre l'anarchie et le despotisme , et qui confond l'amour de le liberté avec le goût des révolutions.
Voici la lettre d'Adams et les réflexions qui la précèdent, ces réflexions sont en anglais dans l'original ; mais la lettre même est en français, et j*en ai respecté les débuts. '
1. Une traduction frauçalia de ce livre a clé publiée à Parts en 1792 , par M. de la Croix, sous le litre de Di^fense dex constitutions américaines , ei de la nrrfss-it*^ d'une balance dans Ifs pouvoirs d'un gouvernement libre, par M. Johu Adams, ci-UevaiU niluislre piénipolentlalra dat Ëlalt-Oaii prêt la eoer de Londrca, st aetudleaimt vica-piésldeat dss tilalt-UaU. t vol. la-S*. La lattis ladiquée plus haut figure dans cette Iraduetloa comne lettre fie*, 1. 1", p. bOk et talT.
APPENDICE