‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 27 sur 126 · I. Beverly, UUtoire dt la VirgitM. Parit 1707, p · texte numérisé non relu

I. Beverly, UUtoire dt la VirgitM. Parit 1707, p

8t LIVBK 1. — C0LOHII8.

et demi, doub conteat la mauTaUe fortune des essais de communauté tentés en Virginie. H «a fut de même dans la première colonie de la NoaTelle*A.ngleterre; et, quoique les colons puri-

laiïis fussent unis par une foi ardente et ramonr de l égalité chrétienne» un essai semblable amena d'aussi tristes résultats. Hormis les ooirrents, toutes les entreprises pareilles ont avorté, révélant ainsi un fait constant, et ce qu'on peut nommer une loi naturelle : c'est que Thomme a le sentiment et le besoin de la propriété , et que la propriété est la première condition du tranrail individuel, de la vie de famille et de la société.

C'est là une vérité qu'on ne contestait pas au* trefois > une vérité que nous démontre Tétude de rhomme , et qu'il n'est pas inutile de confirmer par rhistoire, la pierre de touche de toutes les théories, Técueil où se brisent toutes les idées fausses et creuses, si brillantes qu*eiles soient en apparence.

Je reviens maintenant à la charte de concession dont il nous reste à examiner les dispositions politiques.

La colonie étant l'œuvre et en quelque façon la propriété d'une société dont le siège était à Londres , c'était à Loudres qu'on avait établi le conseil supérieur auquel appartenait le gouvernement de la plantation. Mais comme on ne peut administrer que sur place, la direction fut remise à un

président et à un conseil loeal, nommés tous deux

par le conseil supérieur, sous le contrôle du roi. Ces deux autorités se partageaient le pouvoir ex^ entif et le pouvoir législatif. Les décisions comme les ordonnances rendues dans ia colonie n'étaient toutefiois valables qu*autMit qu'elles n'étaseot pas en opposition atec les lois d' Anglefenre ; et le eonseii supérieur ainsi que le roi aYaient en toutes choses le dernier ressort.

L'administration coloniale n'avait pas non |)lus de pouvoir sur la vie et sur les membres des colons, et quand le crime était grave, c'était en Anglefem qu'on devait envoyer l accusé pour être jugé» Pour les délits moins sérieux, le président et le conseil les punissaient du châtiment qu'ib jugeaient convenable.

Quant aux colons, on ne leur accordait point de droits politiques. Ils étaient soumis aux ordonnances d*une oorporatîon commerciale dont ils ne pouvaient être membres, k la domination d'un conseil local qu ils ne nommaient pas, au con«< trôle d'un conseil supérieur qui ne leur recon^

naissait aucun titn au gouvernement, et enfin à Tarbitraire du souverain. Les historiens américains, qui de nos Jours ont retracé les annales de leur pajs, et dans le dernier siècle, Roberteon^ qui avmt commencé une histoire des colonies an*» glaises que malheureusement il a laissée inachevée, ne peuvent assez s étonner que soiis l empira

S4 LtVIlS I. — GOLORIES.

d'une cbarle aussi peu libérale» il se soit trouTé des Anglais poor s'établir en Amérique. Quitter ba patrie pour aller vivre sous des lois semblables j n*était-ee pas abdiquer les plus nobles pri* viléges de Thomme et du citoyen? Mais raisonner ainsi, c'est se tromper de siècle. Des aventuriers» des cherehaurs de fortune, simples agents d'une compagnie, ne pouvaient avoir les prétentions du citoyen anglais* Vivre et s*enridiir dans h plantation nouTelle, c'étidt sans doute leur unique ambition. Ce ne fut que plus tard, quand la propriété acquise eut éveillé le sentiment de l'indépendance , qu'on sentit le besoin de la liberté.

Revenons à la colonie naissante. La première

expédition faite en 1607 sur une petite échelle^ et dans laquelle on eomptait un ouvrier contre quatre aventuriers et gentilshommes , est plus célèbre par les exploits du capitaine Smith que par les résultats qu'elle a donnés. Le capitaine Smith est le seul héros de roméin que possède Tbistoire d'Amérique, trop récente pour suj^rter ces fables charmantes qui cachent le berceau des uations. Lui-même nous a conté , dans un curieuii récit^ sa vie aventureuse, ses combats contre les Turcs y sa prison, sa fuite au travers de la Kudsie, et eulin Tépisode le plus touchant de ses voyages, sa prison chet les Indiens, son indomptable courage, ^t comment il lut âauvé

IV* LicoN. — hk viMiras. as

de ta mort par la jeune iiiie du chef iudien PowbaUao , la belle Poeabootae, ~ la priseesie Pocahoutas^ ûlle du roi Powhattauy suivant le capitaine. — Le eharmant récit d'Atela n'est que rbistoire de PocahoDtae et de Smith, anree cette différence que la pitié et non l'amour guidait la jeune Indienne, qui pins tard, adoptant la foi des étrangers, épousa un des émigrauU, M. lluUti, et le suivit en Angleterre où elle mourut.

La ooloaie, attaquée par les Indiens, épuisée par la vie commuue, et composée de geus venus pour chercher de Tor et incapables de remuer la terre, fut bientôt décimée par la faim , la misère et le désespoir, lie fut Smith qui, par sou courage, en sauva les. débris; il en fîit le chef et le véritable fondateur. Le premier aussi il reconnut avec une habileté et un courage admirables la baie de la Chesapake , centre de la colonisation fatore. Abandonné par le conseil colonial et la compagnie, son eonrage ne lai fit pas défaut. 11 revint

à Londres pour essayer de deux expéditiuns dans la Nouvelle* Angleterre I et en&n, brisé de fatigues, il consacra le reste de ses forces à écrire rbistoire de cette province de Virginie dont il a mérité d'être surnommé le père.

De nouvelles expéditions faites par la compagnie sous les ordres de lord Delaware, relevèrent un peu la colonie; mais elle dut son salut et m puissance à une cause qui montre assez

•6 Um I. ^ COLOUIKg.

ce qu'il y a de fortune dans les événements humains | oette «auM» ee fut la oulture da tabac. C'est le tabac qui a peuplé le îmidi de l'Amérique et lait la grandeur de 1 Angleterre sous ces nou- ?eaux olimata.

L'usage du tabac arait été introduit en Angleterre par les oventoriers de la première expéditiim ds RaMgh. Dorant une courte résidenee, ils avaient emprunté auxlndiensi habitude de tumer. Les Indiens qui ne oonnaissaient ni le Ytn, nî

l'opium, ni les Utjueurs eniviaïUes qu uu ublieul par la distillation ou la fermentation, trottTaient dans le tabao ce stimulant du système nerreat que recherchent tous les peuples, quel que soit hiur degré de civilisation. L*nsage s*en répandit promptement en Angleterre, malgré les efforta du roi Jacques qui écrivit un livre tout exprès contre cette plante maudite. Dans les oomédies anglaises du xvif siècle, les élégants, les beaux fumaient, et cela dura jusqu'au règne de Geor* ges III où , à rîmitaUon des marquis français , la mode vint de se barbouillei' le nez de tabac d'Espagne. La demande de cette plante fut si grande et k prix offert était si avantageux (on calcule que c'était à peu près dix fois le prix actuel), que les colons n'y pouvaient suffire ; on se livrait a la

cuUuji^ avec une telle ardeur que les rues et les places de iamestown étaient plantées en tabac» et que les colons manquèrent plus d une fois mourir

n* LEÇON. — LA memiE. tr

de faim, faute d'avoir cultivé le grain uécesBaire à leur Bubaistance.

Ce lut lungtemps la seule pruduction et la seule eiporiatioa de la Virgiaie; et comme Tai^nt y était rare, ainsi qu'il arrive tonjoura dan» les pays nouveaux, le tabac devint la monnaie counota» la mapnre^ommune des valeora da la colonie. Les ministres des cultes \ les fonctionnaires IMibiicâ étaient payés en tabac; et quand, ea 4 620> la onnpagnie eai)>édia aux colons une cargaison de femmes « pures et sans taches^ n ce fut au prix dwNOfoIsnsgt ou cent cinquante livres de tabae^ et qai valait à peu près soîiante-quirnse dollars^ qu'on céda leur main aux euiigrants. L'année d aprèti le ' prix avait doublé* C'est avec nette valeur qu'on

payait la plupart des taxrs piihlniueb ; et, comme le prix en variait isuivant i abondance des récoltes» le consoil colonial fixait chaque année le prix courant du tabac pour qu'on pût payer en cette monnaie le grain « la viande et les autres articles de consommation générale.

La Virginie nous donue ainsi dans son bistoire la démonstration d'une c|es vérités les plus vieilles de l'économie politique^ vérité qu'on a singulièrement méconnue. C'est que Targent ou la monnaiCf

1. En 1758, c'est encore ainsi qu'on payait te clergé. Le budget du rtjltf anglican était arrêté, en 174R, à soixante mille livres de taliac. Le l'i tx de la livre a deux pences ou scue scfielUn^, %i buU peacas le quiulal. Wirl, Life of Patrick Henry t p. 24.

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