Uildreiti, l. l,p. il
D'est rien de plus que le tabac; c'est-à-dire un simple moyen d'échange et non pas la richesse, une marchandise qui hausse et baisse comme les autres. Tout suliordonner à sa possession comme on le faisait dans le fimeux système de la balance du commerce; ou vouloir l'exclure du marché pour supprimer l'intérêt du capital^ conume on le demandait naguère > c'est donc poursuivre une double chimère. L'exemple de la Virginie rend Terreur visible. L'État eût été insensé s'il eût cru s'eiiricliir en accaparant tout le tabac, et en déiendaut de l échanger; et, d'autre part, personne ne ee fût avisé de demander au planteur qui le premier mettait le tabac en circulation , de ne point tirer de son travail le profit légitime, ou, si Ton veut , Tintérét auquel il avait droit. Ainsi, changez les termes duproblème, la solution en devient des plus aisées; et dans toutes les diseus* sions d'économie politique où sous ne vous rendez pas bien compte du rôle de la monnaie, rappelésvous Texemple de la Virginie^ et la question s'éclaircira.
Au moment où la colonie commençait à se
livrer à la culture du labac, un événement eut lieu qui a marqué tristement dans les annales d^Amérique ^ et qui a eu la plus grande influence sur la destinée de la Virgiiue et le caractère de ses habitants. Un vaisseau hollandais arrivant de la côte de Guinée entra en 1G20 dans la rivière
Saint -James ^ et veodit vingt esclaves aux colons.
Le grand profil qu^on pouvait tirer du traTail
des esclaves y la résistance qu ils opposaient au climat et le prix élevé auquel se vendait le tabac, donnaient anx planteurs le désir et le moyen d'acquérir beaucoup de noirs ; toutefois le nombre en fut moins considérable qu'on ne pourrait croire, par une raison qui mérite d'êti'e observée.
C'est qu'au xvii* siècle , en un temps où vous croyez sans doute que tout esclavage était aboli^ en un temps de civilisation et de lumières» et si
vous le voulez à l'époque la plus brillante du règne de Louis XIY/ TAugleterre expédiait en Amérique les pauvres et les condamnés (eonvicts) pour les soumettre à un esclavage temporaire, il est vrai, maisqui n'en était pas moins des plus rudes. L*écume des prisons était envoyée aux plantations; ce n'était qu'une part infime de la population coloniale, mais c'en était assez pour appeler le dédain de TAngleterre sur les habitants du nouveau monde, et ceci vous explique les injures qu'on adressait aux Américains lors de la révo- ' lution : c'était une race de convicls, nous eussions dit de gitlériens.
Ce n'était pas toujours le crime qui emportait Texil et l'esclavage dans les colonies. Les guerres civiles furent aussi une cause de déportation.
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L une des dernières expéditions de ce genre et dos plus tristement remarquables fut celle qui eut lieu en 4685 après la défaite do due de Montmouth, et qui alla peupler d'esclaves la Jamaïque. Plus de mille prisonniers furent ainsi condamnés à la transportation, et ce qui est plus abominable que la peines partagés comme un bétail entre les seigneurs et les dames de la cour qui vendaient ces misérables à des marchands de chair humaine» C'était la traite des blancs avec tonte rinbumanité de la traite des noirs ^
A côté des convicts il y avait des engagés on serviteurs par contrat (indmteâ jertfafid)'^ ce qui dura jusi^a'à la révolution, et ce qui explique le nom de freemen donné dani toutes les constitutions aux citoyens américains. Gomme la plupart des émigrauts n'avaient pas le moyen de payer le passage» on se chargeait de les transporter moyennant qu'ils donneraient à un maître quelques années de service» cinq ans en général i quatre ans dans l'usage le plus doux. En soi» cela n'a* vait rien d exorbiLaui; mais ce qui était condamnable, c'est la façon dont on traitait les engagés. Des marchands les achetaient en Angleterre pour