Beverly, p
i- Berefk'ly, p. 143.
Ii6 UVRE J« — COLONIES.
ne l'avait été la royauté ; il se crut le droit de traiter les colons, Don pas comme des concitoyens, mais comme des sujets ; et subordonna les droits des plantations à l'intérêt de la métropole. C'est la politique du parlement qui fut la cause des événements de 17TG et sépara les deux pays.
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SIXIÈME LËÇOJ!i.
HISTOIRE DES COLONIES DE LA NOUVëLLB-àNGLETËRRE.
I* cm/m u MBw«»LfMiOinB.
Messieiin»
En commençant llustoire des colonies anglaises,
nous avons vu qu'en l'an 1696, le roi Jacques I*' partagea le continent entre deux compagnies^ rnne du sud, dont le siège était à Londres, Vautre du nord, formée par une société de marchands de Bristol et de Pljfmouth. Nous avons fait rhistoire de la première compagnie qui colonisa la Virginie; il nous faut maintenant étudier la colonisation du nord.
11 y avait sans doute une pensée politique dans le siège assigné à chacune de ces deux compagnies , Tun placé à l'est, Tautre à l'ouest de l'Ângleterre. Le roi espérait répandre ainsi Tesprit d'industrie, en répartissant sur différents points le commerce avec l'Amérique; mais à cette époque, Londres seul possédait assez de capitaux et avait assez de relations pour se lancer dans les aventures. La compagnie du nord, avec peu de ressources, et par conséquent , peu de hardiesse; échoua dès le début, malgré le zèle de ses deux
1^8 LIVKE I. — COLUMKS. •
chefs, sir John Popham, grand juge d'Angleterre, et sir Ferdinando Gorges, ^uuverneur de Plymouth, Tami, le compagnon de Kaleigh, deux hommes qui, assurément eussent réussi, si la volonté seule faisait le succès.
Le premier vaisseau expédié par la compagnie fut pris par les Espagnols, qui s'attribuaient le monopole du nouvel hémisphère. En 1607, ou essaya d un établissement à Sagahadoc ( c estanjourd hui l'État de Maine); mais la rigueur du climat le fit abandonner, et pendant quelques années on se contenta d'expéditions de pêche au cap Cod \ ou de quelque miséraijie traiic d'huile et de pelleteries avec les naturels.
Mais en 16)4, le capitaine Smith, dont le nom nous est déjà connu par ses exploits en Virginie ^ et qui avait compris avec une rare sagacité et soutenu avec énergie que la colonisation de TAmérique était la véritable politique de l'Angleterre, le capitaine Smith équipa deux vaisseaux, en société avec quatre marchands de I^ondi'es* U arriva sur la côte du Maine à la fin d'avril, et non coiiLi^iii de trafiquer avec les Indiens, il reconnut la côte nord-est, depuis la rivière Penobscot jusqu'au cap Cod, et dressa la carte du pays, comme il avait l'ait pour la baie de la Ciiesapeake.
1. Le nom indique une sUoaUon favorable : Cod veut dire ea an* glais s morue.
VI* LEÇON. — NEW-PLYMOOTH. il9
Avec une eiagération qu'on pardonne aux faiseurs de découverte, et qui s'explique aussi par la beauté de la saison où il vit T Amérique ^ Smith peignit ces contrées nouvelles sous des couleurs si brillantes, que le jeune prince , qui fut depuis Charles déclara que le pays^ dont Smith loi présentait la carte, serait désormais appelé la Nouvelle-Àngleterre, nom qui a eûacé celui de Virginie, et qui est devenu cher au delà de toute expression aux habitants de ce rude, mais salubre climat.
Ce nom de Nouvelle- Angleterre, qui reviendra souvent dans nos éludes, a depuis lors désigné tout le pays à Test de P^ew-York; c'est-à-dire qu'il comprend les États de Maine, New- Hampshire, Yermonty Massachussets, Rhode-lsland et Connecttcut. C'est une dénomination un peu arbitraire, car il n*y a jamais eu de province ou d*État de la Nouvelle- Angleterre ^ mais c'est un titre eoiumode qui comprend sous uue même désignatioQ toute une classe de colonies, marquées d'une empreinte commune et qui les distingue du reste de TAmérique *•
I. Le caractère du eolon de la Nouvelle-An^ieierfe s'eet eomervé dans les provinces primilîTes, asseï pur de tout nélange, pour
qu'aujourd'hui encore OD diUllgue le Yankee des autres Américains.
I/C YanVee (corruption indienne du mt>\ 'ngîi.^h on nntilnis], c'çsî le •îolon de la Nouvelle-Angleterre, avec imiles ses qnniilés comme avec tous ses défauts, c'est-à-<iiie avec ce caractère âpre el aN enlurttti, nali religieux et oiorat, qui marque cette race républicaine d^aie tiiettiabi* «fiflBalllé.
Malgré le récit iavorable de Smith et le succès de son voyage , la eompagnie ne donna pas auite aux projets du capitaine ; il fallait un motif plus puissant que l'intérêt pour décider des hommes à 8*eii!er dans on pays qui était loin d'offrir les séductious de la Virginie ou les ressources de la patrie. Un climat rude, une terre pen fertile, couverte de forêts séculaires , occupée par des tribus sauvages, c'était là toute la Nouvelle- Angleterre.
Aussi , ce lie fut ni Tindustrie d'une corporation, ni les privilèges du roi Jacques qui peuplèrent le nord du continent : ce fut la rdigion. La foi exaltée par la persécution donna aux émigrants ce courage i]ui surmonte tons les obstacles, cette persévérance que les misères, la guerre el la mort même n'épuisent pas, cette énergie enfin qui rend capable d'eflbrts suiliumains, pares qu avec une confiance absolue dans l'assistance de Dieu , on ne doute point de ses propres forées
eL ou n'attend rien d'autrui.
Pour bien comprendre quel fut l'esprit de ces émigrants qui ne ressemblaient guère aux colons de la Virginie, il nous faut entrer dans quelques détails sur leurs croyances et sur les persécutions qui les poussèrent dans le nouveau monde.
Ces détails» ne sont point un hor^ d oeuvre , car s'il est nue vérité évidente pour qui étudie ta société américaine daiii> ses origines, c'est que