‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 37 sur 126 · I, Êlisab., t haï», ii · texte numérisé non relu

I, Êlisab., t haï», ii

2. C'est le tyMèm« défeortn |)nr Hnokcr «lai» un célèbre tnilé 4 ouveni réimprimé t Thetaw* of EMleiia»iieat poUty i Lood.»

LEÇON. — NBW-PLVMOLTU.

changer le joug de Aone contre un Joug domestique, prétendaient que ces rites d'ioTention humaine compliquaient dangereusement le service simple et raisonnable requis par le livre de

Dieu. Sui\aiit eu\, la Bible seule faisait loi puur la discipline comme pour la croyance, k Dans les matières religieuses^ » disait Gartwrigbt, un des premiers écrivains du parti i <<on ne doit rien faire qoe suivre la parole de Dieu. Ce n'est pas

assez que 1 Kcrilure ne dise rien contre un usage, il faut qu'elle rétablisse et le justilie. » A voir Texcessive sollicitude avec laquelle on exige la cooiormitéy ajoutaient les puritains, la mulUtud^ prendra si haute opinion de la valeur et de Timportance des cérémonies qu'elle quittera la religion pour en suivre l'ombre; elle croira que des observances extérieures compensent le défaut de sainteté. Pourquoi enûn conserver les cérémonies qu'une Église corrompue a longtemps employées pour cacher ses défauts, et fasciner le genre humain; il le/i faut rejeter comme des reliques de superstition» indignes d'une lÉ^lise qui se glorifie du nom de Réformée.

Tel était le sujet qui mettait aux prises les en» nemis communs du catholicisme, TÉglise étsblie et les puritains. Ces querelles nous paraissent stériles et sans intérêt; allons au fond des eboses, nous verrons que sous ces formes vieillies s'agitaient des questions toutes vivaces auiour-

iS6 LITRE I. ^ COLONIES.

d'hui ; et sous le puritain nous trouveroos le républicaio.

Qu'était-ce que cette prétention de ne reconnaître que la Bible corome règle de croyance ou de diseipline^ et en même temps de s*en réserver Tinterprétation ? Qu'était-ce que refuser ce droit au roi y au parlement, à l'autorité ecclésiastique, sinon la revendication la plus complète de la liberté d'opinion, la négation absolue, non-seulement de la suprématie spirituelle que réclamait la royauté, mais encore de la suprématie temporelle, puisque la Bible était la loi souveraine des actions humaines devant laquelle tout pouvoir devait s'inciluer?

A une époque où la cbaire était la seule tribune ouverte a qui voulait parler au peuple, où les prédicateurs touchaient à toutes les questions du moment avec une liberté qui ne peut plus exister aujourd'hui, car les questions politiques ont une autre place; qu'était-ce que cette liberté de pro* phéliser que réclamaieiit les puritains, sinon ce que serait aujourd'hui la liberté de réunion et la liberté de la [)re88e sans limites, et telles enfin qu'une république même peut à peioe les supporter?

Aussi personne ne s'y trompa : le peuple qui va aisément aux partis extrêmes parce que la sim*

plicité le séduit, et qui d*ailleurs, tout san*

glaut des persécutions de Marie Tudor, avait en

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horreur tout ee qui ressemblait au papisme, le peuple courut en foule aux puritains, dont le nombre et la hardiesse croissaient chaque jour. Les éveques accusèrent les dissidents de pousser à l*état populaire^ et Elisabeth^ effrayée pour son autorité 9 jugea qu'il était temps d'arrêter les progrès d'une secte qui meuaçaità la lois ÏÈtat et la religion.

Malheureusement, il faut bien le dire à la honte du passé et pour 1 mstructiou du présent , on ne comprenait guère les droits sacrés de la conscience et de la raison. Cette patience qui, tout en condamnant Terreur, souffre ceux qui s'égarent , cette charité que Tinfidélité ne rebute pas , cette douceur qui est l'esprit même de la religion, étaient des vertus inconnues en Europe au XVI* siècle, et connue Va remarqué Robertsou, ridée de tolérance était si étrangère alors, que te mot même n^existait pas.

En ce point, nulle diilereuee entre les catholiques et les protestants. C'est une erreur de

croire que les réfunnateurs soient veiuis pour ^ émanciper la conscience et lui donner la liberté dont elle jouit à présent. La reconnaissance des droits de la raison humaine, loin d'être la cause qui lit rompre avec Rome, a été un des derniers fruits de la Réforme. Luther était plus dogmatique que ses adversaires, quoique du reste Télevation de son esprit Téloignât des moyens

ISS LIVRE I. — GOLOMIBS.

ïioldot»* Calvin , eauemi déclaré de quicouque ne pensait pas comme lui, brûlait le malheureux Servet coupable d'hérésie; Henri Vill jetait au feu ceux qui oaaient uier la tranesubatautiation; Édouard VI frappait quiconque osait y croire» et ai Tinquisition poursuivait à Home ceux qui niaient l'infaillibilité du pape, Élisabeth faisait pendra à T^'buiri ceux qui ne recouiiai^^aient point sa suprématie*

Aucune secte ne mit en doute UinfeilUbilité de

ses doctrines et de ses pratiques î ou eût dit que chaque église ne prétendait être en commuMO avec Dieu que poui avoir le droit d'excommunier le reste des chrétiens* Ce n'était point comme des aveugles dignes de pitié qu*on regardait les hommes d'une autre opimou, c'était comme des idolâtres, des sacrilèges» des ennemis publies qu'il fallait exterminer par le fer et par le feu ainsi qu*^ les Juifs ayaient fait des Madianites. SouSùrir Terrenr comme un moindre mal que la violenee (laite aux oonsciences, c'était agir en politique, en athée qui cède à de miséridiles considérations temporelles. L'ht'résie t' tait un crime aussi graiid que le meurtre , l'extirper était le premier devoir du magistrat.

C'est une remarque proionde de Hume, qu'il y a peu de martyrs qui, au sortir du supplice, ne l'imposent volontiers à autrui. La lutte des sectes d'Angleterre est la justification de cette

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pensée de saint Paul, qa*on peut liww son

corps au bûcher sans avoir la charité La perséeuUoii qui £ait violence aux jsenUmenU d'humanité qui sont notre essence même, la peraécu* lion trouva des apologistes parmi le» liomuies de la vie la plus sainte; la foule racooeillit avec transport; les docteurs la défendirent; les magië* trats la favorisèrjBnt) le i^èie aveugle du sectaire la soutint, que dis-je, dn sectaire? le xèle même du martyr; le puritain luuuruut amuistiaii le sup* plice : il accusait le bourreau d'erreur» et rien de pins*

flc Les hérétiques, écrivait Cartwright, doivent être mis à mort. Si vous appelea cela être sangui* naire et extrême, je suis satisfait d'être compté dans ce nombre avec le Saint-Esprit. Je nie que le repentir entraîne le pardon de la mort« Les magistrat» qui puniBseol le meurtre et sout lents & punir rinfraetion de la première table de la loi commencent par le mauvais bout. »

Cet aveuglement nous étonne, et cependant, changes le sujet de la passion bumainSf mettes la politique à la place de la religion, et cette Uistoire est la nètre«

11 Li Fallu le sang verbe ptiiumit la Kévolutiun, et les brusques retours de la l'ortuue et de Topi"^ nion pour ébranler notre fanatisme, pour nous

>, Paul 9d CninUi.^ xm, 9.

imposer à force de douleurs cette tolérance, qui

indique Taurore d'un âge nouveau ^ La ûn de l'importance qu'on attache aux formes de gouvemement. Qu'est-ce que Robespierre, sinon un puritain politique qui croit en T infaillibilité de son esprit étroit et jaloux? Qu'était-ce que cette accusation de inodérantisme avec laquelle on menaçait la tète de tous les gens tièdes ou indifférents? Révolution ou réforme , c'est le même spectaete. Dans ces lièvres de Thumanite, il n'y a plus que des partis extrêmes : persécuteur ou persécuté, victime ou bourreau! C'est une fiuerre sainte où Ton poursuit la victoire ou le martyre» où ion ne sent ni les coups portés , ni les coups reçus jusqu'au moment où 1 ivresse du sang dissipée, il ne reste plus à tous que l'horreur et le remords.

Nulle part Tintolérance ne fut plus grande qu'en Angleterre. L'Église établie réclama avec pabsiun l extirpaliou de Thérésie ; elle y intéres&a la royauté que les puritains avaient blessée dans son orgueil et sa puissance. C^était une réflexioa favorite de Jacques 1, que l'intérêt de la monarchie était le môme que celui de TÉglise : Paini d'évêque, point de roi, disail-il, iSo cross, no crotvny et cette maxime fait encore aujourd hui le fonds de la constitution anglaise.

Les lois du royaume armèrent de moyens violents Elisabeth ^ singulièrement disposée à en

VI* LEÇON. — NEW-4»LYM0UTH. 1 il

user avec rigueur. L^amende, la prison, ia mort

l'rappaient les chefs des puritains, et comme toujoursy au lieu d'éteindre le zèle, k persécutloQ reoflamma. Les puritains exaspérés, poussèrent leurs opinions aux dernières limites; la haine de TÉgUse anglicane leur fit prendre en horreur toute autorité ecclésiastique ; les presbytériens qui avaient conservé un semblant de hiérarehie, parurent froids et politiques. On ne voulut plus souffrir aucune règle, aucune contrainte; on demanda la liberté la plus absolue dans le gouvernement de l'Église. En deux mots ^ e*étaît1e régime républicain dans la croyance , eu attendant qu il passât dans le gouvernement.

Le martyre, cette force irrémtible de la faiblesse, comme le nomme éloquemment Miltou % doubla le nombre des puritains. En i 593» il fut dit dans le parlement, qu*il y avait plus de vingt mille individus fréquentant leurs réunions, et on proposa de les bannir comme 1 Espagne avait fait des Maures. La déportation seule pouvait donner la conformité 9 car la rage des persécuteurs était impuissante, malgré le zèle de la haute commission pour les affaires ecclésiastiques , tribunal d'exception qui , pour la cruauté et le mépris des formes ne le cédait en rien à rinquimtion d Es* pagne, qu^on abhorrait en Timitant.

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