I. Of relwrmaiion in Engimnd, baok L
1 ii LIVRE 1, — COLONIES.
Dans la chambre des commnnesy quelques toîi s^élevèrent en faveur de la modération, mais la reine leur imposa silence; c'était un sajet qui ne relevait que de la prérogative royale. Le par^ lement, toujours docile, consentit une loi par laquelle toute personne qui s'absentait de l'Élise durant un mois, t lait punissable de l'amende et de la prison. On avait le droit, comme Tinquisition , d'interroger sur serment un citoyen et de lut demander son opinion. Tout puritain ainsi reconnu^ qui dans les trois mois ne renonçait pas
à ses erreurs, était oblifré de quitter le ro\aume; et s'il n'abjurait pas ou s'il revenait de 1 exil, il était puni de mort conune félon et sans le bénéfice
de elergie,
L'avénement de Jacques 1, élevé par Buehanan dans tes idées presbytériennes, n'amena point pour les puritains une position plus favorable : <c Je ne veux pas» disait-il , de cette liberté prétendue; je veux une do( ti ine et une discipline; une religion en substance et en cérémonie. Ne toucbez pas ce point davantage , je tous le défends. »
Les puritains demandèrent au moins It droit de s'assembler et dé discuter librement ; mais le rou
prompt h d^^couvrir qu une telle concession entraînerait la liberté politique , Interrompit la pétition : « Vous voulez le presbyt/M'iauisnie (ÏÈ- Qosse, qui s'accorde avec la monarchie aussi
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bien que IMeo avec le diable. Et alors laek, et Tom, et Will, et Dick auront le droit de se réunir^ et à leur plaisir censoreronl et moi et . mon conseil, et toute noire conduite. EtWill se lèveva et dira : Gela doit être aiusi; et Dick répondra : Non vraiment, nous le Tonlona do telle façon. Et moi je vous réitère ma première parole et je dis : roi s'avisera, ie roi seul doit déeider. » Puis, se toumâlit Tsrs les érèques , il lenr déclara que la hiérarchie était le plus ferme appui du titee. ir QtiiÉËt in purHains , aJoiMÉP4fil, Je les rendrai conformistes ou je lâj%ia8serai du paya et pis encore : qu'on les pendtt^l tout sera dit. h
Ainsi on li^aVait rien è attendil^de Jacques, aussi jaloux de son autorité qu'Elisabeth , et qui avee une sagaeifé tonte royale , sentait la question politique qui brûlait sous la question religieuse; et oepeodanty par une singulière fortune, oe fiit Tintolérance du roi qui peupla TAmérique et fit établir la première colonie de la Nouvelle- An^eterre. C'est à la persécution que la Grande- Bretagne doit ces établissements, qui aujourd'hui assurent la suprématie de la race anglaise, et lui donnent TaTenir.
Parmi ceux qui réduisirent en système les idées puritaines, un des plus hardis fut un certain Robert BrowD , qui , en 1 580, fonda une secte, une église qui porta quelque temps son nom.
Brown allait plus loin que les premiers puri-
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tains. Ceux-ci considéraient TÉglise anglicane
comme le temple de Dieu; i autel avait besoin de purification, mais on y pouvait adorer le Christ. Au contraire, Brown et ses disciples, qu'on nomma pour cette raison les séparatistes, repoussaient toute alliance. La part de vérité qui restait dans rÉglit»e d'Angleterre y était captive et souillée par le contact des infidèles; c'était Tarche du Seigneur entre les mains des Philistins.
Brown enseignait donc que l'Église d'Angleterre était corrompue et antichrétienne; ses ministiea n'étaient point régulière incat urdoonés, ses lois et se^^^pprements étaient sans valeur, et, en conséqàèiice, il défendait toute communion avec elle. En même temps il maintenait que la discipline était aussi invariable que la croyance, toutes deux repobiiuL sur la parole de Dieu. Mais quelle était la discipline qu'il lisait dans la Bible? La voici :
Point d'évêques, point de hiérarchie, une formv toute républicaine. Toute société de chrétiens alunissant ensemble pour honorer Dieu , constituait suivant lui une Église indépendante, parfaite en soi^ possédant une juridiction complète pour la conduite de ses propres affaires, et ne relevant d'aucun supérieur ni laïque, m ecclésiastique. De là le nom d'indépendants, donné souvent au brownistes. La grande république chrétienne se composait ainsi d*une fédéra-
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tion de petites républiques indépendantes, souveraines, unies seulement par la foi'. Vous voyez la les premières origines de la démocratie mo*
dcrne.
Ce .n'est pas tout; Brown ajoutait que la prêtrise n*était point un ordre distinct dans TÉglise, et ne conférait pas uu caractère indélébile : c'était une simple fonction. Tout homme capable et pieux pouvait être nommé ministre par Télection des frères et Timposition des mains; et de la même fcçon, par la même autorité» il pouvait être déchargé de son ofiice et réduit au rang de simple chrétien.
Ainsi y tout pouvoir était remis aux membres de rÉglise. Seulement, pour être considéré comme tel, il fallait faire publiquement une profession de foi, et déclarer qu on se sentait en élat de grâce avec Dieu; en deux mots, il y avait certaines conditions d*électioo , mats une fois membre de rÉglise, on était souverain, et tout se décidait par le i>aie mtversel de la cmgrégatien du ChrûL J'emprunte les expressions de Milton.
il est visible que la république était en germe dans cette doctrine des puritains. Il suffisait