I. En 1 SIS, Robinion publia i Leyde Boa Àpohgia fro ««ulîbw
Ànf^is qui Brownist^e vulgo appellantur ^ el U 7 défiBil très-claire* mrnt rindéiîrmlaîirc de i liaque Église : « Cœlum quemlihel paiii- • njl;ucm, esse lo la nï , intégra m et perrerlam Ecclesijifri, c\ suis « par iibus cunslanlein , immédiate et independenter ((luoaci diias « Eccletias) sub ipso Ctiristo. »Àpoiùiiia, cap. v, p. 22, citée par Moiheiiii, Eeckf. liiit., toL V* p. 388.
146 UVRE i. — GOLÛNiES.
d'appliqaw à la TÎe politique les règles de k vie religieuBe pour constituer une démucraUe INure; et, ne Toublioas pas» les idées gouvernent le mundc, et c'est toujours la croyance qui âliit par remporter et par transformer ia société et le gouTeroement» Le passage de la religion aux a&ircs était si aisé^ que les écrivains et les hommes d'aetion ne s'arrAtaient point sur cette pente. Ou* vrez les traités de Milton , qui fut le grand pamphlétaire dee puritains^ vous y verrez qu'à chaque page^ la république chrétienne mène à la dteo> cratie politique; rien ne vuus fera mieux comprendre quel germe la persécution allait porter sur le sol américain.
La secte des brownistes, plus tranehée que les antres et surtout pins hostile à rÉglise éta*
blie , appelait sur elle le dédain des beaux espriU^ et i'eÛLort de la persécution. On lit des lois partieulièies pour exagérer le cbâtinient : IV mende, la prisou^ ia mort frappaient sans relâche oss indomptables adYersaires. Brown» aTse une légèreté et une faiblesse rares chez les fondateurs de secte» mais qu on rencontre souvent chea les imaginations Brown, qui avait résisté à Is persécution et aux em liots, se lubsa de Texil cl se réconcilia avec TÉglise anglicane, jusqu'à en accepter un bénéfice. Il abandonna le Seigneur ef
1. Bmoo il ShaksiMra nlllé les puriUlat est tiMoe asMituDit. Evertu» Spnelwt oraMbiMi t. U, |». 4ia
VI' LEÇON. — KEW-mMUUTU, 147
le Seigneur V abandonna, dirent ses disciples ; mais sa détection n alïaiblil point le partie qui fit de noQTeaux progrès parmi le peùple et*ia elaeae moyenne. Les Indépendants jouèrent un grand rôle au temps de Cromwell, et aujourd'hui, bous ce nom d'Indépendants ou deConsfrégationalisteSi c'est encore une des communions les plus considérables des États-Unis.
Toutefois, l'ardeur avec laquelle les tribunaux eivils et ecclésiastiques poursuÎTaient ces uivelenrs, leur rendit intolérable le séjour de T Angle* terre» et en 160T, les plus ardents brownistes, eondoils par leur pasteur John RobinsoUi homme de grand mérite, 8*enfaifent sur le continent » à Leyde^ en Hollande^ «là où, suivant ce qu'ils « avaient oui dire, la liberté de religion appartei< uait à tous les hommes. »
lia y restèrent quelques annéee tranquillea et obscurs ; luttant contre la néeeseité qui , dans un pays d'industrie, était extrême pour des hommes aecoutnmés an travail des champs. Mais chaque jour diminuait leur nombre, et le mariage des jeunes gens dans les familles hollandaises, afibiblissait la petite Église qui ne se recrutait plus en Angleterre et qui ne faisait point de pro^lytes à Leyde. Décidés à rester Anglais et à propager une doctrine qu'ils regaidaient cominc la seule vraie, les exilés résolurent, pour ne point laisser perdre le trésor dont ils étaient dépositairee, de et transe
118 UVHt i. — COLONIES.
porter sur quelque terre anglaise , où il leur fût
possible, de trouver un abri contre la lureur des évèques» «aus perdre leurs droits de citoyens. Leur ambition était de fonder une cité de refuge où il leur fût enlin permis d'enseigoer et de propager leurs opinions avec une pleine liberté.
L'Amérique, où l'Angleterre tentait d'installer des colonies , s'offrit alors à leur pensée ; déjà leurs frères» les calvinistes de France, avaient essayé» mais sans succès, de s'eLublir au Brésil, en AcadiOt dans ce qui fut plus tard la Caroline; les puritains voulurent suivre cet exemple. Les dangers de Témigration» les périls de la mer n'effrayaient piHnt des hommes habitués à Texil,
soutenus par la foi , e[)rou\ és par la soufiVaiice communei et qui n'attendaient plus rien de cette patrie marâtre qui les rejetait de son sein«
« Il y a longtemps, disait Robinson, que nous sommes sevrés du lait délicat de notre mère-patrie et habitués aux
(liflicultés d une terre étrangère; le peuple est industrieux et frugal. Nous sommes lies ensemble, en corps, par un contrat consacré par Dieu môme ; ce serait conscience à nous de le violer, et nous nous croyons étroitement engagés à nous occuper tous du bien d'autmi et du bien de la communauté. 11 n'en est pas de nous comme des hommes que les petites choses peuvent décourager ^ »
Le premier soin des exilés de Leyde fut de & assurer le libre exercice de leur religion. Jac-