COLONIE DE MASSACBUSSËIS
La seconde colonie puritaine qui vint peupltr la Nûuvelle-ÂiigleteFrBy fut eella qui s'établit autour de la baie de Maseac^uaseta. G'eet de toutei la plus importaute; celle qui, dès lorigine, a pris la direetioa du mouvement ppUtique et religieux aux États-Uais, et qui eueorc aujourd'hui y tient le premier raqg. 11 y a des villes qui font un plus grand commerce que Boston, par exemple, iNew-York et la Nouvelle-Orléans; mais il u y en a point qui pèse autant sur Topinion. Aussi depuis l'origine, Boston, fidèle au vieil esprit puritain, a-t-il toujoprâ été 1^ ville la plus coBsidécable de l'Amérique ^ parles lumières, la moralité, Ténergie, la piété de ses enfants. C'est Boston qui a commencé la guepr^ l\}ndépe&r dapce, et aujourd'hui on retrQuv0 cette iaflueqee
au fond de toutes les quesiiuiia qui agitent les esprits y notamment dan^ grande qv|estion de l-esolayoge^
Le Massachusset^ est donc d^ topw^ iei> Qoloiuf^ de TËst eelle dont l'histoire u^as tau^h^ la plus, ear les autres n ont été que des satellites» tqujpui s entraînées dans le muuvement pa^U d^ Bpstoi^. C'est partout la aième wie, ee sont les marnes loii), les aièmes mœurs, mêmes usages î qous pourrons doim passer vi^ des nniMiles «a|i9
vu- LEÇOPf. ^ IIASSAGQU88ETS. 469
sera cel)e de la Nouvelle-Angleterre.
A peu prè9 ver^ l'époque où les pèlerins achevaient le^ir Toyage» Jaeqpe^ voyant que la
compagnie Jq Nord ne donnait point suite à «es projeta dci coloajâatioq, acqqrda^ le 3 no* yenubre 1620, une charte nouvelle au due de Len* ^QXf ai^ marquis iluckiugUain et à quelques autres personnages de di^tiiietiDn. Cette eharte
était imitée de la concession première, mais elle étendait» 1^ territoire apcprdé. Le roi donnait à la compagnie, qui prit le titre de Crand conseil de plymouth, tout le pay^ çompris entre le 40' et le 48* degré de latitude wxàf et ^'étendant en profondeur d'une mer à l'autre, réserve faite des possessions qui se trouveraient appartenir à quelque autre puissance : on songeait sans dpute à sp^ établissements du Canada.
Cette concession, malgré son étendue, n'amena point d'expédition sérieuse ; la compagnie dans l^uelie iigurait un certain nombre de courtisans intéressés, s'occupa de vendre des terres plntAt que de coloniser, et la Nouvelle- Angleterre serait restée Ipngtemps inhabitée, si Ips causes qui avaient amené Teiil des brownistes, n'avaient déterminé une émigration de puritains beaucoup plus considérable.
Les Indépendants, doqt le nombre et Je z^le augmentaient chaque jour, malgré ou plutôt à cause
iG4 UVAE I. — COLONIES.
de ia peroéeution , désespérant d'obtenir dans leur patrie un relâchement des lois qui les frappaient sans pitié, encouragés d'ailleurs par les récits qai représentaient la colonie de New-Plymoulli comme Tasile et le suncLuaire de leurs croyances, résolurent de chercher , eux. aussi, par delà les mers , une patrie nouvelle , où leurs opinions ne seraient point inquiétées, où ia persécutioa n'atteindrait ni leurs femmes ni leurs enfants'.
Ce fuL dans cette intention qu'on ouvrit avec le grand conseil de IHymouth une négociation qui , en 4627, aboutit à une concession considérable, car elle comprenait le territoire de l Etat actuel de Massachussets, le Gonnecticut, New-Uampshîre , Rhode-lsland et le Maine.
Les premiers concessionnaires n étaient ni assez riches, ni assez nombreux pour entreprendre avec leurs* seule» iesst)urces nue aussi lourde entreprise que la colonisation d'un pays lointain; ils cherchèrent donc des associés parmi leurs coreli* gionuaircs, et en trouvèrent bientôt un asbez grand nombre parmi des marchands ou des personnes aisées, qui en public ou en secnn professaient les opinions puritaines. Mais ces der-
1. On peut juger des rigueurs delà persécuUon ^lai un seul exeuh pH, Dans le proeès fatt à l'évèque Wrea , on lui reprocha que peadanl les deux années el demie i|a'll mit edniolslr^ le dioctee da
Norwtcli , il avail déposé cinquante minislref pour n'avoir point observé les rérémonies prescriles, et forcé trois milie personneaà Sortir du royaume, ii^verett, Orations and speeches, L 1. p. 222.
VII« LEÇON. — MASSACHUSSETS. leS
niers, eu hommes habitués aux aûaires, ne voulurent point tenir leur titre d*une compagnie qui pouvait bien leur concéder la propriété du sol, mais non pas la juridiction et Tadministraiion. Ils s'adressèrent donc au roi , à qui seul il appartenait d*accorder cet attribut de la souveraineté.
Charles I" consentit à leur demande avec une facilité qui étonne ^ quand on sait quelle était la sévérité du roi en matière de non-conformité. Le 4 mars il constitua les concessionnaires en
corporation, sous le nom de Gouvernement et compagnie de la baie de Massachussets dans la Nouvelle-Angleterre, et leur donna une charte toute semblable à celle que lacques P avait accordée au grand conseil de Plymouth.
Cette charte, qui porte la signature de Charles P% et qui , pendant plus d'un demi-siècle fut chérie comme le plus précieux des privilèges, constituait, non point un État (il ne faut pas s'y tromper), i^iuib àiaiplenient une corporation, dont le siège était en Angleterre , et qui était organisée comme toutes les grandes compagnies commerciales que les^rit de la monarchie avait alors multipliées par tout le paye.
L adaiinibtrution était confiée, sui\ant 1 usage, à un gouverneur, secondé par un député ou lieutenant gouverneur, et à un conseil d'administration, composé de dix-huit assistants qui devaient
I8ë LIVrB I. — GOLOmÈS.
être att&ueUemeiil élus pàir les freemen^ nous diriotis laé Ubtlotinsires dé la bbmpagnife.
Quatre fois par an, ou plus souvent si on le jugeait Hécessftire, àh datait tenir en Angleterre , au siège de la compagnié, une assemblée générale des freemeny et c'est dans cette assemblée^ où figuraient aussi le gouvernenr et les assistaiiis, qu'on nommait les ofTicierë dë la plaulaùoQi et qu'on faisait en toute liberté les règleijients hécessairès pour la colonie , à la seule condition dé ne rieii établir de contraire aux lois du royaume.
Àueufi article de la charte n*ëxigë k consente^ ment du roi pour la Validité de ces règlements. Et en éffet ce h'étàit qu*tihe compagnie de commerce qu'on avait autorisée et point dt! tout Urt gouvernement. Les actes de cette corporation étaietit conl^idérés eomnie aussi indififôrents à TÊtat que ceut de toute autre société commerciale, et si on lui IrecoDuaissaii une certaine juridiction eii Amérique, c'était simplement à cause de la naturè des aiïaires dans lesquelles les actionnaires étaient engagés.
C'est grâce à cette organisalion, dont Tapparence commerciale écartait l'action directe du gouvernement, i|ue les plantations de la Nouvelle- Angleterre jouirent de plus de liberté intcneure et de plus d'indépendance politique que les colonies des autres peuples. Cet oubli de la couronne, celte liberté piirraite fut la causé principale de
VIP LEÇON. — MAâSÀCttUâS£TS. 16i
leur fortune, et c'est ëé que duus ne devriuiis jamais oubiief.
La ehàrte n*étiMMait pbidf àilii «fnigraKtë 1É liberté de religidil (comme on l'a quelquefois supposé); kn contHité-^ h>i ëhâr^eàit le gdti^ térheur de faire prêtei* aux colons les sefmchià de suprématie et ûdélité. U était ibm de pré- TDi^ Quelle ^tiisëaiil^ VétHigiatMli dôfillëMf à ëé puritaniâme qu'il abhotrdit; Mais par lâ fut-cé dêl êÙoSesj le puUtanismë déVait téj^liét ëd ùiàîti^è dans la Nduvèlle-Angleterré j car Itiî seîil fbyàa devaot l'oppression ; les ihembres de TÈo^lise anglicane; ({ùe Hien hlhqiiiétàii, Â*étaiéht ùtiHenient attirés vers un pàys que he teconiaiantiait ni aâ fenilité ni son tomUjerce. Le privilège religiétii des puHtàîHs he i^eposkit donc ^\rii stki' Uiie boncession légale , mais il résultait si clairement des hiti, Qù'to 1662 le roi d'»glôieri*é, tJrabàblé^ meut à la prière de Clarendon, déclarait que lé ]^rincipe et le fohdéihent dé la charte du Màs^dhûteété, ë*étaU là libeiié dé ëobsciehcë.
Aussitôt la patente obtenue, Une première expéditiûH de blnq daVii^s eïnména trois tents éini* grants vers leur nouvelle patrie. C'étaient, pour la plupart, d'ardehts puritains qui quittaient la tèri^ natale , hoii pat- àhlbitiott , non pài^ avarièè^ mais uniquement parce qu'il leur semblait^ comme le dit Milton , que rien ne pouvait les défendre de la ftiirié des évéques que le vaste Océan et les
soUtades sauvages de ^Amériqae^ Des ministres
émiiiciiLs dans le parti non conformiste accompaguaieat cette colonie qui ne ressemblait à aucune de celles qu'avait connues rhistoire^ colonie non point d'aventuriers y mais de ciieb de famille qui se rendaient au désert, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, pour y porter le flunbean de i Kvangile , pour y prier Dieu en liberté. Au&»i «elon le récit d*un contemporain ^ qui donne à juger d'un mot de l'esprit des émigrants, c'était au moyen de trois longs sermons par Jour qu'on charmait les ennuis de la traversée.
A leur arrivée, le 29 juin 1629, les colons trouvèrent le reste misérable d*une première émigration partie Tannée précédente, sous la conduite d'un enthousiaste nommé Ëndicotty et établie dans un lieu que le gouverneur^ avec Taffectation du tenif)s, avait nommé Salem, du nom de la ville sainte ^
Les émigrants qui avaieut suivi Endicott, et les nouveaux arrivants avaieut les mêmes principes religieux; c'étaient des puritains de l'espèce la plus rigide, et pour des hommes de ce caractère, rétablissement d'une église était un intérêt qui devait effacer tous les autres. Aussi, dès le premier jour^ et sans égard pour la charte qui leur
1. miton. OfRefimnaHonin^^landi édU. de Fletcher, 1. 1, p. 14.
2 . Salem est encore aujourd'hui une des tIUm principales de l'État de MeimedMmeli, ei (ait ua conuDerce eomidénble «fec tee ladei.
Vn« LEÇON, — VASSACHUSSETS. 169
imposait la eonformité, ils organisèrent leur Église suivant Icmrs doctrines.
Ils s'unirent tous en société religieuse ^ par acte solennel fait en présence de Dieu , et en présence Tun de Tautre (on recounaît le premier contrat des colons de New-Plymouth). Puis, en se conformant strictement aux règles de TÉcritare, telle qu'ils 1 entendaient, ils élurent un pasteur» un docteur ou prédicateur, et un ancien qu'ils élevèrent à ces fonctions par rimpusiùon des mains de tous les frères.
Tous ceux qui, ce jour-là, furent admis comme membres de l'Église, déclaièrent accepter une confession de foi rédigée par le prédicateur, et rendirent compte du fondement de leurs espérances conmie chrétiens^ il fut en outre déclaré que désormais personne ne serait reçu dans la communion qu'il n'eût satisfait l'Église au sujet de sa foi et de sa justification.
Quant au culte public qu'on institua , il était d'une simplicité plus que calviniâte : point de liturgie , -pas de communion; tout se bornait à la prédication. Du reste, cette première discipline a toujours été entourée d'une vénération particulière, et elle est restée la règle des églises réformées de la Nouvelle-Augleterre.
Ce fut avec passion que les puritains, libres de leurs mouvements pour la première fois, constituèrent cette pure Église qu'ils avaient rè?ée si
170 LIVRE l. — OOLOMES.
rohgtenips. Cépehdàîit ({uel<)ttëà ëîni^ràntd , éPfrayés de cette brusque fùpture avec l'Église anglicane, &'as6emblèrënt 8é|)àrémeiit (ioàr honorer Dieu suivant le rite de la métropole. K\clusifs comme tous les partis qui sortent de la persécution y lés côlobs déchlHrétit qiiHte nb 8tip«porteraieut point répiscopal. Cràignànt toujours une invasion de leai^ droitë, ih regardaietal les partisans de TÉglise établie «comme des éspions dans leur camp; la religion qui les avait fait souffrir, ils la repoussaient moins eiicbre boilil&é une secte que cunnae une tyrannie. «Vous êtes des Séparatistes, disaient leurs adTersaires, et vous 6erâ2 bientôt des anabaptiistes. — IHouft boiis séparons, répondaient les ministres, non pas de TÉglise d'Angleterre, mais de ses corruptions, l^dtilr fiiir la liturgie et les céréniuines anglicanes, bous avons quitté notre patrie où nous àVôns beaucoup àoiiif* fert à cause de la noh-cdiiformité : dans ce liéU de liberté, nous ne pouvons pas, nous ne voulons p&s admettre i*idolâtrie. te serait violéi* de fàçon coupable le culte de Dieu.» Ëu d'autres termes, les bénédictions de la terre promise devaient être réj^ervées pour les seuls puritains ^ On ne 8*ed tint pas aux paroles, et les persécutés de la veille, àe^ venant persécuteurs à leuir tour, eé qdi est auséi cuummu eu religion ([n'en politique, on traita comme des ennemis publics les deux principaui
i. iiaacroU, I, 349.
VII* LEÇON. — MASSàCHUSSëTS. ITI
mécQiiteiiis qui, au nom iiiême do la charte, revendiquaient là liberté du culte, et On les emt>arqtia atibtilôt pônt l'Âiigletëhrè étiir les vaisseaux méuies qui les avaient atnenés. Ce h'était là que le prélude dës persécutions que devait soulever l'intolérance puritaine, et eu en verra bientôt de plus cruels exemples.
Opend^Ut^ les dlreétëurs de là cbbipagnie ell Angleterre travaillaient à renforcer la colonie, et eomme on était au motneut où lesprit intoléraiit de rarchévêquë Laud dotninait dans le eonsel! dn roi, le nombre était grand de ceux qui se résignaient à chercher un abri dans la Notivelle*Angleterre. Partni eux, se trouvaient des gens d'une condition plus relevée, d'une fortune plus grande, que celle des premiers èinigrànts.
Mais des bommes qui voulaient risquer leurs biens et hasarder leur vie à fonder un grand éta-
blissemenl dans un monde nouveau, ne puu vaient accepter ce gouvernement à distauce, que nù\xè nous obstinons à ebnsét^ver pour l'Algérie» et qui a toujours été la ruiue de nos colonies. Des Anglais habiltiés dès lors à la pratique de la liberté, n'entendaient jiaa devenir les serviteurs d'une corpératiou placée à Londres et ils refusaient d'ao^ cepter des lois fiiites sans leur aveu, et rédigées par un conseil que réloiguement condamnait à ne jamais connattrë qu'imparfaitement la société qu'il prétendait régir.
Nous avons vu que daiib une situation pareille, la Virginie s'était fait coucéder une espèce de charte^ et qu^elIe n^ayait été vraiment libre quV près la cliute de la compagnie. Les colons qui se présentaient pour la NouTelle-Angleterre, prirent une meàuio jilus simple et plus énergique, et qui leur permettait de se passer de la royauté. Ils demandèrent à la corporation de se tratuporter, en quelque façon, d'Angleterre en Amérique, en remettant tous les pouvoirs , tout le gouvenie* ment de la colonie aux mains de ceux des membres de Tassociation qui s'établiraient dans le nouveau monde.
La compagnie hésita, doutant de la légalité de cette mesuroi qui^ en apparence, semblait ne changer que le siège de la société, qui, en fait, transformait une corporation commerciale en un gouvernement provincial indépendant; elle se décida cependant, en présence des oSre& brillantes des nouveaux colons, qui emmenaient plus de huit cents personnes à leur suite. L^élection des officiers de la plantation se ût parmi ceux des con* cessionnaires qui émigraient. John Winthrop, protestant zélé, dont riutégrité et la capacité étaient célèbres, fut choisi pour gouverneur* L'administration et la patente furent ainsi portées outre mer, et ce qui n'était que la charte d une compagnie devint la loi d'un État*
La compagaie avait-elle le droit de transporter
vu* LEÇON. MASSACUUSSËTâ. 173
ainsi son sié^i^e en Amérique? Malgré Tavis favorable donné par quelques listes d'Europe il est permis â*en douter avec le plus grand jurisconsulte des États-Unis, le juge Story. Mais comme le remarque Roberteon, peu favorable» il est vrai, aux émigrants : dès le premier jour, les planteurs du Massachussets ont été pris de l'esprit d'innovation en politique aussi bien qu'en religion» et l'habitude de rejeter les usages établis dans un cas» les avait préparés à s'en écarter dans un autre. Et si en Angleterre, ils avaient agi comme une compagnie de commerce qui a besoin d'une cbarte royale pour confirmer ses possessions, à peine débarqués en Amérique , ils se considérèrent comme des individus unis par une associi^ tion volontaire , et ayant de droit naturel le choix du gouvernement, et des lois qui leur convenaient le mieux.
C'est d'après ce principe , c'est comme ayant le droit de juger et d'agir par eux-mêmes» que sans égard à leur charte, sans égard aux institutions anglaises, ils a\ aient organisé leur Église sur un modèle tout différent de l'Église établie» c'est avec la même indépendance qu'ils constituèrent leur gouveruemeut. Dès le premier jour» ce penchant fut visible. « Ce n'est pas à une nouvelle discipline» c'est à la souveraineté que prétendent les
f. EvereU, Orationt, 1. 1 , p. 228.
174 l'iy^^ 1* — COLQNISS.
d'appel au roi dans 1^ cqur géqéralç (c*est le nom qu'on donnait alqrs et qu'on donqp Qpcpre «^VU^U^: d*hui , daps 1§ NouTeUe-Angletenre , au pouTpir
législatif) est répulc li'aliiàuii. » En d aulrcs lL'nî|i:5 Çi^arles I^*^ p'§ùt point toléré cette u^^rg^tiopy maii fXprs i\ était trop occupé, trop embarrassé de ses qu^relle^ avec (e parloiaent ppur prpQdr^ souci de pfis prernifir^ essais de république, qui aTai^t Jieu dans upe pplonie lointaiiio et iirnorée.
nouvel ^tat avaitj, du restei un caffiçtère particulier, et qui prêtait rieo moine que démocratique. Les émigraiiU, ouT^vi^, étaient biea moins une aociété politique qu*u|ie église plantée dans le désert. Conserver la foi. n'admettre que des bommes purs, était le but pcinc^pai de la communauté; aussi se constitiia-t'eUe comme une théocratie. Une loi de 1631 décida que personne autre qu*iin membre de TÉgliae ne pourrait prendre part au j?ouveroement , être élu maîçistrati faire fpuctipu (Lq juré. Ei\ d'autres tt^rmea quiconque ne pi^ofessaif pas (es opinions reçues et) fait de (Jogme et de ^ii^cipline, était dcpunille de ses droite de citoyen, et mis au ban de la sq* ciété. C*est Dieu lui-mènae qui devait gouverner par ses saints^ dirait-on. ht comme les ministres et les chefs de chaque congrégation , avaiept «ai^ appel et sans contrôle, le droit d'accorder ou de refuser Feutrée dans la cmim)unioi|| il en réaultait
VU' Hit^q.N. — MASSAyiUlJSSËTS. ^ïë
gu^ 1p 4« citoyen ^épepflait d'qne qua-
lité, purement religieuse*, ta suprême ipPuence f e trpDTait i^insi çntre les n^^^ins ^es niini&trps élus par le suffrage du peuple, c'est-à-dire entre le» jQaius dps plus e^agéréâ parmi des eol})pu8iast^
de^ fftu^tiqqe^f €l|iacun dès lors prU pour leu^ j^laire cette austérité apparente, cet extérieur fprioali§te, p^s m^i^ières cérémonieuses qui sont restées longtemps dans les habitudes de la NoqyeUe-^ngleterre, et lui out 4pDué uu aspect dliyppcrife ^évéri0 qu; répugne à la Yivs^çité et la franehiso toute ménJioiiale de nos mœurs.
Jl^ais il ne faut pas s y ^fon^per, sous c^t extérieur austère, sous pe fanatisme rigide i| y avait qn amour ardent de la liberté, et oi^ s'en aper^^t• ^s Je preoïiey jq^r.
Dapif Us pren)ière§ apnées 4u ti'aq^ppft^ de la
1 i.e it'élatl poDit, du rc^te, chose aisée que de deveuir inctniire de rÊ^Iise. Ep Angleterre, daps la Boutique aux scrupules d'Q:f.\oid, le poiol le plus difficile k flxer> c'était Pheure de là reiiatesaDce, de la rêg^éralifm > c'esi-li*dire le moineol prépis ok Dieu avait r^véM ou monlré aux fulcles leur nom irsrrit parmi les prédesUnés. Qui ne pouvait irxiiqucr ce moment n'avnil aurun (îroil au lilre de sainf Ka Amc'uqiie il lallail fournir ia uièine preuve aux réunions du jeudi, eiâblieb aus.silôt après l'arrivée. Vour devenir noa-sculcmuitl un laini, mal» un f:iloï^p, M Aillati Sser le monieiit exact de la jusliflcatioo. Il y avait en outre 4'>*i^re8 conditions, telles qu'un discolin d'une heure devant l'assemblée. < Ici, dit un contemporain (Lechford, Plain Dealiiig or Netccs from New Enyîand;^ on çxigp de telles pro fessions v\ < oiiressioii«; ])uldi(|ucs et privées des Itnmmfs el des femmes avant de ies admettre dans l'église, que It^ Iruis quarts du pays restent en dehors, si bien qu'en peu dp temps, si Vf^n contipue, la' plupart da peuple Ylvra sans baptlpé. » {NcrfhAmèrican Beetèw «h:!, tf é«,
17(> LIVRE i. COLONIES.
charte en Amérique, on avait procédé comme le voulait l'acte royal ; le gouverneur et les assistants étaient choisis dans la cour générale formée par la réunion de tous les propriétaires (/reemcn). C'est également dans cette assemblée que^ d*un commun accord, on arrêtait toutes les mesures qui intéressaient la plantation.
Mais quand les colons se furent répandus an loin, iiiK* réunion géncrale de tuas les propriétaires devint img^^fprhle, et dès 4634 , les planteurs choisirent, Prieur propre mouyement, des délégués pour les représenter dans rassemblée.
Ces délégués, par une décision hardie, trans« formèrent en une démocratie représentative ce qui n était encore qu'une assemblée d'actionnaires. Ils déclarèreiit dès le début que, réunis avec le gouverneur et les assistants , ils se considéraient comme le suprême pouvoir législatif de la colonie; que la cour générale serait tenue de s'assembler quatre fois par an; qu'elle serait convoquée à ravènir par le gouverneur, sans pouvoir être dis» soute que du consentement de la niajorité de ses membres; qu'aucune loi ne serait établie, aucune taxe imposée, aucun officier public élu que dans l'assemblée générale; quà elle seule également appartenait la disposition des terres publiques. C'était la charte d'une république.
Dans Torigine il n'y avait qu'une seule chambre; les assistants et les délégués siégeaient en-
vu- LEÇON. HASSACUUSâËTS. 477
semble^ mais les premiers réclamaient un droit de veto sur les décisions de rassemblée. Les disputes qui s'élerèrent à ce sujet durèrent longtemps, et plus d'un jîtdicieuœ sermon fait par les anciens sauva la prérogatiTe des assistants. « Si le peuple gouverne, disait Cotion Matlier, qui donc st3ra gouverné? Mais enûn il iaiiut céder; et en 1644 on décida que la cour générale serait partagée en deux chambres distinctes et indépendantes» ayant chacune droit de veto. Ce système de gouvernement dura jusqu'à la révocation de la charte en i 684.
Telle fut la constitution que se donna le peuple
de la nouvelle Angleterre. Les colonies de Rhode- Island, Connecticut et New-Hamsphire tirèrent leur origine du Hassachussets, et en suivirent l'exemple.
On Toit que moins de six ans après son établissement, la compagnie du Massachussets était parvenue à efiectuer un projet qui dès le premier jour était dans Tespritdes émigrants. La colonie^ dès ce moment, doit être considérée, non plus comme une corporation dont les pouvoirs sont dé« linis et raction réglée par l'acte de société, mais bien comme un État indépendant qui, de son propre mouvement, s'est choisi une constitution modelée sur celle de l'AngletfTre.
Ainsi, en Amérique, la liberté politique est de même date (^ue rémigialion, et^ à bien considérer
178 UVftS 1, GOLOMIKS.
les choses, ces républiques de la NouveUe-Angie' iêite, qui êùûi la force et la gloire derUaioni oat, non pas aoixantotdix ans» mais deux siècles d'exi- 9teuoe. Il est vrai que dès le premier jour oo annonça que la démoeratie ne fivrait guère. « Ces éleclions ne peuvent durer, » disait un légiste du lemps ^ Avis à ceux qui pensent que les États-Unis ne tiendront pas et qui en prophétisent la mine.