‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 45 sur 126 · MAS6ACHUSSCTS ^suite · texte numérisé non relu

MAS6ACHUSSCTS ^suite

Messieurs,

Nous avons laissé le Massachussets au moment

où grâce à Tesprit de religion et à l'esprit de liberté qui les animait, les émigrants avaient achevé de fonder une église nationale et un gouvernement populaire, en se montrant jaloux au même degré de quiconque ne professait pas leur culte, et de quiconque osait restreindre leurs droits politiques.

La religion , c'était le roc sur lequel reposait l'État qu'ils avaient établi ; c'était le lien qui avait rassemblé et réuni les émigrants en nation : aussi poussaient ils à 1 extrême Tintolérance religieuse, croyant défendre ainsi leur patrie non moins que leur foi. Pour eux la contradiction n'était point la simple profession d'une opinion différente , c'était la menace, c'était Tinvasion d'un ennemi. S'ils avaient l ui en Amérique, c'était pour y trouver la terre promise aux seuls fidèles, et y fondev la nouvelle Jérusalem; c'était pour jouir en paix

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de ce culte cjui faisait leur vie; c'était pour fuir riûlidèle et le dissident. Leur société était moins un État qu'une congrégation cloae à quiconque n'était point reconnu i^o\iv un frère. Il n'y avait point de place pour Tétranger

Mais ces hommes qui n'admettaient d*atttre communion que la leur, ces hommes si sévtres , si cruels pour les opinions d'autrui» étaient pour eux-mêmes, pour ce qui concernait leurs droits, d'une jalousie, d'une exigence excessive, et si leurs idées religieuses n'étaient point en avance de leur siècle, leurs idées politiques, on peut le dire, dépassaient en hardiesse nos théories de 4789.

Nous avons vu qu'en 1634, six ans après le premier départ, les émigrauis laissant de côté la charte de la compagnie comme une écorce impnisp santé à contenir cette séve nouvelle qui éclatait de toute part, avaient constitué un gouvernement représentatif, et que dès 1644 ils avaient, sous le nom de gouverneur, d'assistants et de députes, organisé les pouvoirs exécutif et législatif, et partagé le pouvoir législatif, avec une sagesse qu'on n'a point encore dépassée. Ils ne se monUtîrent pas moins jaloux d'assurer robéissance des magistrats, et de maintenir l'égalité civile.

C'est ainsi que dès 1639 on voit établir le principe de la courte duice des fonctions publiques,

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