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VUI« L^ÇON. — MASSâCHUSSETS. 181
ce qu'on a nommé en Amérique la rotation des oflices* Empêcher le magistrat de se perpétuer daos ses fonetions» de crainte qu'il ne tourne contre le peuple Tautorité même que le peuple lui a confiée y c'est une idée toute républicaine , et qui a toujours été populaire aux États-^Unis. Quand y avec Tau ton té attachée à son titre, un des anciens proposa de donner à vie la place de gou- Terneur(el il avait en vue Winthrop, le directeur et le père de la colonie )> les députés décidèrent à Tinstant qu'aucune magistrature ne pouvait durer plus d'un an; et ce principe reconnu, ils remplacèrent aussitôt leur ancien et cher gouverneur comme à Rome on eût fait d un consul.
L'égalité civile ne leur était pas moins chère que ta liberté. Quand lord Say et Seal, et lord Brooii, tous deux amis des puritains, et concesaionnaires d'une partie de la Nouvelle*Ângleterre, songèrent à passer en Amérique avec leur fortune, ils demandèrent l'institution d'une chambre haute dans la colonie et le privilège héréditaire d'y siéger. Les ministres, les chefs de la plantation, très-disposés à accueillir de pareils alliés , leur offrirent des avantages viagers , maïs quant à une dignité héréditaire, ils la refusèrent par la voix de Cotton Mather, et maintinrent l'égalité au nom de la religion.
(c Quand Dieu, disait Cotton, bénit une branche de quelque noble et généreuse famille en lui don**
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nant l'esprit et les qualités nécessaires au gouvernement, ce fierait prendre le noai de Dieu tu vdD que de tenir un tel talent aouê le boisseau; ce serait un péché contre Thonneur de la magistrature que de négliger de tels hommes dans nos élections politiques. Mais s*il platt à Dieu de ne pas douer leurs enfants des qualités nécessaires au magistrat, nous les exposerions^ et rÉtatarec eux, au\ reproches et aux dangers, plutôt que nous ne les honorerions , en les appelant à Tautorité quand Dieu ne le veut pas^» Et sur ce principe ou repoussa i étahUssemeut de tout privilège héréditaire.
Du reste ces hunimes, si jaloux de Tégalité et de la liberté» ne comprenaient pas moins quelles sont les conditions d'un gouvernement; et nulle part il u y avait plus d'amour de Tordre et plus de respect pour la loi. Winthrop, qu*on accusait
d'outrepasser son pouvoir parce qu'il refusait de mettre en liberté sous caution des perturbateurs de la paix publique , pouvait prononcer, aux ap« piaudiâsements publias ^ les nobles paroles que voici :
a Les questions qui , dans ces derniers temps , ont troublé le pays , touchent à l'autorité des magistrats et à la liberté du peuple. Les magistrats sont certainement une institution de Dieu , et je