Bancroft, I, 38à
YIIi< L£ÇUN. — MASSACHUSSETS. iti3
VOUS engage i considérer que Tone les elioieîsesc
parmi vouB, qu'ils sont liummes, et sujets aux mêmes passions que vous. Nous jurons de vous gouverner suivant les lois de Dieu et les vôtres, au mieux de nuire talent; si nous commettons des fautes involontairement» par manque de capacité, vous devez les supporter avec nous.
^< Ne vous méprenez pas oon plus sur votre liberté. Il y a une liberté de faire ce qui nous plaît saus égard à la loi et à la justice^ cette liberté est incompatible avec lautorité* La liberté civile, la liberté morale, la liberté politique con^ siate pour cliaque citoyen dans la jouissance de sa propriété, dans la protection des lois de son pa^s; c'est cette iiLei Lti que vous devez défendre au basard même de votre vie^ mais elle s'accorde parfaitement avec Tobéissance que vous devei au magistrat et avec le respect que commande le caractère dont il est revêtu. * »
V La propre lin de l'autorité, disait^il encore, c'est la protection de cette liberté qui a pour objet le bon, le juste et Thonnête. Tout ce qui entrave cette Uberléf ce n est plus autorité^ c'est abus'* »
Nobles paroles, qui depuis deux siècles n'ont rien perdu de leur gravité, et qui noub disent clairement combien cette poignée de puritains était avancée dans la pratique du libre gouverne-
7, BuigmII, It 411.
184 LIVRE 1. ^ COLOmSS.
ment. Qui done en Ëarope, au début du règne de Louis XIV, eût compris cette définition si juste
de Tautorité : la protection , la garantie de la liberU?
s. »I0V1I»INCI, imE-ttLARD
iNous avons vu que les persécutions de 1* Angleterre avaient amené la fondation des colonies de New-PIymouth et de Massachuesets. A son tour la persécution puritaine en Amérique allait donuer un résultat semblable » et le petit État de Rhode- Island lui doit son établissement.
£n 4 631 y c'est-à-dire au début de la colonie de Hassaehussets^ un jeune ministre de Salem» Roger 'Williams, réclama la liberté religieuse sous le titre de la sainteié de la conscienee \ Au magistrat civil, suivaiitlui, il appartenait d empêcher le crime» mais jamais de contrôler lopinion; à lui de punir les fautes , mais non de violer la liberté de râme. Et, pour donner à ces principes la sanction de sa conduite, Roger Williams refusa de rester en communion avec l'intolérance, car, disait-il, la doctrine de la persécution pour cause d'opinion est visiblement et tristement contraire à la doctrine de Jésus-Clirist.
1. John GaJIeDder, an hisiorieal âueùWM on the dvU amâ rài' gious aflirin of the CoUmy af nhode-hUind , étm le 4* volume éct
Collections of the Rhode-Island histon'cal society. Provideoce, 1838.
?. Voyez Texposé des idées de K. Williams dnn? les CoUêekomf^ he Rhode-lsland historical Society, i. IV, p. m «isuiv.