‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 48 sur 126 · III» LEÇON. — PROVIDENCE, RHODE-ISLAND · texte numérisé non relu

III» LEÇON. — PROVIDENCE, RHODE-ISLAND

Contraindre un homme à s'unir avec des gens

d*iine croyance diiVérente, c'était, aux yeux de Koger VV iiiiamSf une violation manifeste d'une liberté ou d*un droit naturel ; traîner à l'église celui qui ue croit pas, ou celui qui ne veut pas venir, c'est imposer Thypocrisie. Personne ne doit suivre ou soutenir un culte contre sa volonté, w Quoi! s'écrièrent les magistrats étonnés de cette hardiesse d'idées qui devançait de si loin le siècle, est-ce que l'ouvrier ne mérite pas son salaire?— Sans doute, répondait Roger Williams, mais celuilà seul doit le salaire qui a employé Touvrier. »

Par une conséquence nécessaire de la grande et simple vérité qu'il proclamait avec tant de courage, le jeune ministre en venait à demander la séparation complète de TÉglise et de l'État, de la croyance et de l'autorité, u Pourquoi, disait-il, choisir exclusivement les magistrats parmi les membres de l'Église. Autant vaudrait choisir un

médecin ou un pilule a cause de ises connaisances théologiques, et de son assiduité au service divin?»

En vain ou lui objectait que pour le magistrat c'est un devoir que de garantir de la corruption Tesprit du peuple , c'est un droit que d'arrêter et de punir Terreur et 1 hérésie. Le nouvel apùtre montrait en deux mots que cet argument n'était qu uu sophisme. « Les magistrats, disait-il, ne sont que les agents du peuple « les dépositaires de

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ton autorité ; on ne peut leur conférer une autorité spirituelle, car la conscience appartient I rindividu et non point à l'État; le magistrat eÎYil ne peut pas même intervenir pour préserver une église de Tapostasie ou de rhérésie; son pouvoir ne s'étend qu'aux corps, aux biens» aux actes extérieurs des individus.

« Écarter des âmes ce joug qui les opprime « ajoutaîMI avec une assurance prophétique^ qde Tavenir n a pas démentie^ c'est non -seulement faire un acte de justice et de charité, c'est encore

di^velopper une iurce puisbaiile, c'est euga^tT tous les inlérêts, toutes les consciences a conserver la paix et la liberté communes »

Les idées de Roger Williams sont aujourd'hui le patrimoine de l'Amérique » et c'est là sa gloire, mais à l'époque où il vivait, les puritains infatués de leur doctrine , ne virent dans le nouvel apôtre qu*un homme d'un esprit mal assis et dan* gereux , car sa doctrine allait à substituer le suffrage universel au gouvernement de TÉglise privilégiée. Roger, proscrit et menacé, s'enfuit chei les Indiens Narragansets ; il fut accueilli comme un fils par les deux Sachems Miantonomy et Ga» nonicus. Pour eux ce n'était pas un visiteur ordinaire j car, dès son arrivée en Amérique , Roger s*était montré leur défenseur et leur ami ; il avait

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