‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 66 sur 126 · C'eit un drott que n'avaient pas les proyinces royales · texte numérisé non relu

C'eit un drott que n'avaient pas les proyinces royales

1X« lEÇm. — MÂSSAGHUâSËTS.

détermineip l<3ar pcnivoir et leur rang; d'exereer par des luagiâ irais et des députés annuellement élus toute autorité législative» exécutife et judiciaire; de se défendre par la force des armes contjre toute agression , et de rejeter, eomme une iafraetioD de ses droifi, tonte moBUrer ordonuée par le parlennant ou le roi qui serait préjudiciable au pays, et eontndre à un aete régulier de la légis^ lation coloniale. » C'était Taete de mmgation coi^ tre lequel la plantation protestait avec tant d'é* neigie.

Vin ni, les devoirs de la colonie envers la métropole étaient réduite à un petit nombre de points ' quT ne conféraient ni frrofit ni puissance au soa^ verain.

Eo 4664, quand Charles U envoya une expédition contre la colonie hollandaise des bords de i Uudson, il y joignit quatre commissaires char» gés d'examiner comment avaient été exécutées les chartes de la Nouvelle- Angleterre , avec « pleine autorité de pourvoir à la paix du pays , conformé' ment mx instmetidns royales, et à leur propre discrétion. » *

La colonie plus que Jamais effrayée adressa am

roi ia k'tLrc .suivante* :

u Souverain redouté» les premiers entrepreneurs de cette plantation obtinrent une patente qtli lemr

i*Bincraflfn, 7», ' - '

S36 LIVBE 1. ^ COLONIES.

accordait, plein et absolu pouYoir de gouvenier k peuple de ce lien par de« hommes choisis d'eiitr» eux, et suivant les lois qu'il leur conviendj^^t d'établir. Une donation royale sous le grand sceau

est la plus grande sûreté qu'il y ait dans les ailaires humaines. Par rencouragemant et sous la protection de cette charte royale, le peuple s'est tfanaporté sur TOcéan et à ses propres frais avec femmes et enfants; il a acheté la terre des indigènes» il a planté la colonie avec des labeurs, des dangers , des frais, des diûlcultés iiitinis, luttant pendant longues années avee lea misères du désert et les charges d'un établissiinent nouveau, ayant ainsi depuis plus de trente ans joui du jn ivilége de se gouTemer par lui-même, comme d'un droit cer* tain à la vue de Dieu et des boiames. Être gouvernés par des administrateurs de notre choix, et par nos propres lois, c'est le piÎTilége fbndamen* tai de notre charte.

« Une commission sous le grand sceau, qui

donne à quatre personnes (dont Tune esL autre ennemi déclaré) le pouvoir de recevoir et de terminer toute plainte et tous appels à leur discrétion , nous soumet au pouvoir arbitraire d'étrangers, et finira par notre entière subversion.

« Si Ton se propose de gratifier quelques personnes de pensions et de revenus, le but sera manqué par la pauvreté du pays. Quand tous les revenus annuels de TÉtat seraient mis ensemble, puis

IX* LKÇOH, — MASSÂCflUSSËTS. 237

doublés et triplés , cela ne ferait point encore un

traitement considérable pour un seul de ces gentilshommes. Le peuple n'y pourra rien fournir^ et il sera difficile de lit)u\er un autre peuple qui puisse supporter en ce pays quelque charge considérable, car c'est une terre où Ton ne peut subsister q^e pai* uu rude travail et une grande frugaUté. , , ^

«r Dieu sait que notre plus grande ambition est de vivre d'une vie trai^uiiie dans ce coin du monde. Nous ne sommes pas venus dans le désert ])Our y clierclier la iorluae; et si quelqu'un y vient dans cet espoir, il sera déçu. Nous restons dans notre ligne ; et il est loin de nos coeurs de méconnaître notre juste dépendance, notre sujétion envers Votre Majesté, conformémenlà notre «harte. Nous ferons volontiers tout ce qui sera en notre pouvoir pour acheter la continuation de vos bonnes grâces; mais c'est un grand malheur qu'on ne nous demande d'autre témoignage de notre loyauté que de sacrifier nos libertés qui nous tout Uen plus chèree que la vie, car pour les obtenir nous avons volontairement risqué plus d'une fois nos jours et passé au travers de mille morts.

u Ce fut le mérite de Job, quand il siégeait conmio roi parmi sou peuple, d'être un père pour le pauvre. Un pauvre peuple , dénué de tout secours extérieur, sans richesse, sans puissance, crie maintenant vers le roi son seigneur. Daigne

238 LIVRE I. — COLOlflBS.

Votre Majesté regarder notre cause et mintaBir

notre droit ; ce sera pour lui im honneur duraUt dans Tavenir. »

Les commissaires y repoussés de toutes parts, revinrent sans avoir agi, et la mollesse de Charles il négligea cette offense et oublia la plantation ^rebelle. Peut-être même la colonie eût-elk échappé aux dangers qui la menaçaient, si Tintérèt des marchands anglais , blessé par rinobsenralion de Pacte de iiavigatiou, n'eut ranimé toute la jalousie de la métropole.

' Un procès fut intenté pour obtenir Faunnlation

de ia charte; eu vain le Massachussets essaya-t-il de résister en offrant rabandon du Maine, en essayant de corrompre le roi lui-même par des présents, en acceptant Tacte de navigation, non point comme une loi anglaise (c'eût été renoncer à ses privilèges )t mais cuiume unv, loi coloniale librement votée par la cour générale | tout fut inutile; le roi, poussé par un parti, Youlail une son* mission absolue.

Cette soumission, la colonie s'y refusa, isftr c'était your elle un crime que de renoncer à la liberté.

« Les franchises de la Nouyelle- Angleterre, n*é-

criait-on, sont une part de l'héritage de nos pères; j renoncerons-nous? On nous dit cpie c'est nous exposer à de grandes souffrances! Plutftt souffrir que pécher. 11 vaut mieux mettre nqtre ctMiiiance

IX* LEÇON. — 1IUSACHII88ETS. * S30

dans le Dieu de nos pères que <laus iea priaces. Si souB BouffroDs parce que noue^ jie nous aooommo-

dons pas à la volonté des hommes contre la volonti de UiQUf nous soufùrirouapour la houue cause, et nous seroM comptés comme martyrs par la gécé*ration prochaine et au grand jour du jugement. »

El sur la registre de la oolonie, les représentants écrivirent : « Les députés ne consentent pas^ mais s'en tiennent à leurs résolutions précédentes »•

U fallut céder néanmoins deyant un arrêt, et ainsi tomba, en 1684, la charte que 1 expédition de Winthrop avait apportée sur les rivages de TAraérique^ acte précieux qu^on avait défendu au travers de toutes les vicissitudes, et sur quoi Imposait l0ut l'édifice des libertés de la Nouvelle- Aneletcrre. Désormais j)lus de barrière cntie le peuple du Massacbussets et la volonté absolue de la cour d'Angleterre y plue de garantie pour la religion, plus de sécurité pour le commerce, ni même pour la propriété*

L'avènement de Jacques II a§^^vii la situalion die la colonie. Dès 1680, le gouvernement fut remis â une commission ayant un pouvoir arbitraire; et le fameux Aiidros renversa ce qui restait de liberté. La repréaentation populaire lut abolie, et rÉglise anglicane introduite; on établit des impôts arbitraires; les planteurs perdirent à la fois

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