I. ' iS
Quand Tlfalie a^UUe été brillante et à la tète de
la civilisatiou moderoe, sinon à l'époque <ic la • floraison de çes municipalités? D'où vint la richesse des Flandres y sinon de la puissance des communes/ Qui fait aujourd Uui de la Belgique un des pays les plus industrieux et les plus libres du coutiiieut, siuuii cette ori^aiiibalion municipale qui a maintenu le goût de la liberté au travers de tant de dominations diverses? Quand l'Espagne a-t-elle commencé de décliner ^ sinon après l oppression des communes de Castille? et pourqaoi les provinces basques sont-elles les plus actives et les plus éclairées de la monarchie catholique, sinon qu'elleé ont conservé leurs fueros ou privilèges municipaux? L'Angleterre ^ le pays d'Europe où Tesprit de liberté est le plus général^ doit cette grande conquête à 1 ancieniietc de ses muiiicipalités» presque aussi indépendantes que celles de l'Âmérique.
Chez nous, c'est du règne de Louis XIV, c'està-dire de Tayénement du despotisme » que date li destruction des dernières libertés municipale» j on en savait le prix cependant, et sous Louis XVI ^ Malesherbes^ un au avant la révolution d'Amérique» en 1775; s'écriait avec une noble éloquence :
Il restait à chaque corps « à chaque communauté de citoyens le droit d'administrer bcs propres sffidres, droit que nous ne disons pss qui fasse partie de la constltutîoii pri-
Xl« LEÇON. — ROUVILIA-AHGUTSRBK. 275
mitive du royaume , car il remonte bien plus haut; c'est le droit naturel, c'est le droit de la raison. Cependant il a été enlevé à vos sujets, Sira^ et nous ne craindrons pas de dire que l'administraticrit est tombée, à cet égud» dans des eicè» qu'on peut nommer puérils.
Depuis que des ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point laisser convoquer d'assemblées 2uUk>aaIes, on en est venu de conséquences en conséquences, jusqu'à déclarer imUes les déiibérations desliabittttia d'un vilhige quand eUes ne sont pas autorisées par l'kMai^ dant ; en sorte que si cette communauté a une dépense à faire , il faut prendre l'attache du subdélégué de l'intendant; par conséquent suivre le pian qu'il a adopté, employer les ouvriers qu'il favorise, les payer suivant son aiS bitraifè; et ri k eommtmattté a uik procès à Mrteiilr, ft faut aussi qu'elle se disse autoriser par l'intendant. Il finit que la cause soit plaidee à ce pieniier tribunal avant d'être portée devant la justice. £t si l'avis de Tinteudant est contraire aux habitants t ou ri leur adversaire a du crédit à l'intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits.
Voilà, Sire, par quels moyens on a travaille à étoulTer en France tout esprit municipal, à éteindre, si on le pouvait, jusqu'aux sentiments de citoyen, on a pour ainsi dire tj»têrdié la nation eotiére, et on lui a donné de8^tat•«r»^
Aineii Thistoire $1 la raisou » accordent à prou* TOT que, pour qu'uo paya aoit TraiÉiMl Ubfft, e^est diuM ka institiitioiui commonaléB qu*il faut emacmer la liberté. Cest là son véritaijie sol^ jusque-là tout eat plue appareot que réri; il y a deâ admiûiâtréa, il n'y a pas de citoyeaâ.
s. MmùHtrtmm âê la eour dti Mda^ 17ÎT.
276 UVHiû 1. ^ CULOMËi».
Une auti'e institution qui achève de caractériser la Nouvelle -Angleterre y c'est la place qu'on y a toujourB donné à réducatton <in peuple. C'eat la gloire du protestantisme que ses auteurs reconfiurent dès le premier jour Tiaiportanee et la sainteté de renseignement. Luther surtout corn* prit quelle est la force d'uu pareil levier. Traduire la Bible » la mettre dav toutes les maina, élever jusqu a ce livre sacré toutes les intelligences, ce fut pour lui une pensée constante, et la premiève condition de la réforme* Aassi a4-il parlé de réducatioii iivçc cette ardeur qu il portait en toutes les choses qui touchaient la religjiMi
Je voudrais , dit-il dans ses Propos de table , que persohoe ne pût être Doromé prédicateur avant d'avoir été maître d'école.... Le travail est grand , quoique le monde
ne lestime guère.... Si je n'étais point prédicateur, je ne connais point d'état que je préférasse; il ne faut point considérer comment le monde le paye et le considère, mais comment Dieu l'estime, et comment il le réoompensera au dernier Jour.
C'est Luther, c'est Mélanchthon son disciple , qui| en AUema^ue» ont été laa vrais fondateurs de renaeigpement du peuple , letjeur penséa vit an» core dans les écqles et chez l^s gouvernements d'oiitre4ihin.
Mais ai la réfMne a donné le branle à Téducatiou du peuple, la politique a complété cette csuvre, et on a bien senti en Amérique que là où
XI* LEÇON. — DiOUV£LLE-ANGLËT£iiH£. 277
rimlÎTidti est souverain, le premier intérêt de la nation, c*«&t que le souverain soit éclairé.
Dès 4647y la cour générale du lhflsaehuaiets rendait une loi concernant Téducatton, et cette loi renferme les ^dispositions les plus libérales. Cette faveur M, dn reste, coneevalle, car il ne faut pas onhUer que la colonie se composait eu général d*homm68 inalraits, et qui de plus s'étaient
librement choisi leur reliiîion, ce qui suppose une
force de réûexioii inséparable d'une éducation sé* rieuse.
Le préambule de la loi esi singulier, mais il étonnef% moins à présent qu'on sait que ahea les puritains la religion était toujours iWro** loppo 4^ la liberté.
« AiÂenèéf dit la loi, que Satan, Tennami dn genre bumaui, trouve ses plus puissantes armes dans rignoragce des hommes, et qn*il importe que la «ienee ne soit pas enterrée dans les tombeaux de nos pères ^ attend)^ que l'éducation des eifai^i est un des premier» intérêt» de TÉtat;
nous ordonnons , etc. »
- Suivent des dispositions qui enjoignent à toute commune réunissant cinquante feux d*étahltr un maître pour apprendre aux enfants la lecture et réerituro. Chaque ec^mmune de oent feux doit en* tretenir une é«ole de grammtre» c'est-à-'dire une école latine, avec un maître assez instruit pour metire les Jeunes g^ns à même d'entrer à Tirniveniilé.
que les parents envoient leurs enfants aux écoles. AlHHIU d^^res, dit la loi, ue doit soufiLrir
qii*|l ; d0 Iwbari^ dans wip fomille ponc
qu'on p^y apprenne pa^ ^ux enfant^ et aux appie]|ti% k vaf^i»it(ptif> h l^ngfte ^uigluMS » ^es magistrats 04t U droit de prononcer
f^m^& U uégUger^pei et si elle continue, 1^ société» lie mi»t1t»it fUm ^ place d» 1# UmSkf
s\*niparc de l'enfant, et enlève au père le Jroit que la nature lui a donné, mais dont ii ne pas ou ne sait pas user.
Et ils ont raison ces législateur^ prin^tifs { j§ a^aU^pi^ifi «omprli Vcpposîti^a ^ VMucitioii pri'^
maire obligatoire, et j'entends par là, comme on |p fs^t en Friiç^e, ^P^Ug^tioii wpçs^^ ||u p^re de limiMa d'mToyer pou ^^t d^s oq^ éisoto giatuit0. Il ne peut être perp^îs à per^çnue, dans U c\tét ^ t^mv UA hoimne, un pitoyei^ t^Vspf d»ns rigi^pr^uce et le bruta}Hé ^ et d^élsfver fing^ un epQpiQi poup la soeiété.
Le droit du p4re à Téduc^oi^ de «A ^s e^^ sacré sans doute; mais c*e^t un droit de direction et mu de pl^s. il e§tt ou l>ccprde, le pmitf e d'4r Uvii son fila àten gré , mais il g^est point maître de le tenir d^u^ l'ignorauce et lui refuser réduealiofi ; ear .eeti» édueatipn» si c*eDt un dl9tt
u BMierftft, l,4fis.
XI» LEÇON. — NOUVELi^E-ANGLETERKE. 273
à Tégvd de VËtat ^ c'est nu devoir à l'égard de
1 enfant, et cest la cause de l'enfant que l'État |>rend en ipain, ffH^à il force le père à eQyo;|fer ^on fils à réeole.
Cet esprit de pfctectiop^ d'encouragement pou|p l'éduçatiim , ne s'e9t jaipai^ ralenti dai}s Nour yelle-Angleterre j c'est une da^ gloires auxquelles l^lle tient ]§ plus^ An^si pour pe qui re^de la difihsion de renseignement primaire, a-t-dlf le pnsmiejr jiang p^mi 1^ Qations; ell^ paise même ftvapt la Frqme, qni avec raison tiro vanité
des sacrifices considérable^^ qu'elle a J'aits yo^' {'Vacation du peuple S'
L'organisatioii de renseignement primaire diffère de la nôtre^i fit ipépite ^ è^r^ étudiée. )oi d^ l ^t^t ^9 1q nombre mininum des éeole^, et
le minimum de l'impôt qu'on y doit appliquer; inais le reste regai^de le toip^ship^ quoif^t^'on «fit sentie comm ep Angleterre y la nécessité d'uqe certaine direction générale , et c^u'au ]^a9§achus- 84(s, par eiemp)e| oii ait ét^t^l^ nn )>ureau ceptral pour surreillev l'ei^spigneroent. ^.a qi^estion de coaimunale e^^ devenue proyinciale» mais ce q^ue ncns fipmmonii l'État n'y tppche point.
On a vu plu^ Jiaut comment TÉtat se divise en towmhips ou pommuf^e^ ; c'est à la commune
U Je trotive, dans un rapport de 1832, que sur cent communes du Ilas8achu&&el6 donnaut a peu près deux cent mille habilauU , OS tftTall trouvé 'ftrml^ les jeunes gens de quatorpe i vingl ans que «s l^fiWIIIIS» f|id f)t ffYaifSl ^fff }\f^
qu'il appartieat de fournir aux frais de réeole.
On réunit tous les habitants^ et on leur fait voter une taie sur la propriété pour le budget scolaire de raooée. La commune, pour ce qui concerue i'en&eigaeineQty est divisée en ua certain nombre de ^districts, suivanl sa grandeur et sa population , et dans chaque district il y a un comité d*éducation^qui reçoit une part de Fimpôt, suivant b nombre des enfants qu*on élève. C'est ce comité qui choisit remplacement de récolCt nomme le SMÎtre et désigne les livres et les méthodes, à moins qu'il ne s'en remette au maître en ce point; en deux, mots, cest le comité qui répond à ta commune du bon état de l^ensaignement» Il y a dans chaque district une école avec deux classes, Tune pour Ie8 4>etit8 enCantSt tenue d'ordinaire par une femme j l'autre tenue par un homme, pour apprendre aux enfants plus âgés la lecture, récriture, l'arithmétique, b grammaire, rhistoire et la géographie.
Quant à renseignement religieux, il n*est point donné dans Técole payée par l'État ou la commune, et il était diûiciie qu'il en fût autrement dans un pays partagé entre tant de sectes diverses, et qui se disputent les esprits.
Sans juger ce système sous le point de vue technique, je me contente de signaler, comme résultat acquis, un grand avantage et un grand incewénient. L'inconvénient est le peu de stabi-
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lité du maître qui dépend du comité local, et qui BOUYent se trouve en buHe à de petites jalou-r ries Imsales. Cette dépendance éloigne de la car* rière une foule d'hommes qui eussent fait d'ex- ..eeUents mattree, et c'est à quoi on a remédié an Bfossaehnesets par rétablissement d'un bureau central. L'avantage, c'est Temploi des femmes pmr l'éducation des petits etifants, emj^faà'^i» dans un pays où le temps est précieux, permet de commencer Téducation^ meilleure heure. De Tayeu général, tes femmetflshargées de l'enseignement s'y montrent plus soigneu9e|, plu^ dévouées, plus attentive^ que les hommes. Aussi, dans le Massachussets , les deux tiers des maîtres sont des femmes. 11 ^ut que Tavantage en sait bien évident, car on sait qu'il n'est pas dans les idées anglaises ou américaines d occuper les femmes. Il est vrai que l'enseil^lnènt estuner profession toute "particulière , et qui tient d'une fonction religieuse plus que d'un métier.
Passons maiiitejiant aux avantages politiquès que ce système a sur le nôtre, et que nous pourrions aisément nous approprier pour vivifier nos communes. ^
Le premier de ces a^ûtages, c'est de donner à toute la population un intérêt direct au progrès et à la bonne distribution de l'enseignement; c'est le peuple qui, dans rassemblée communale, vole le budget scolaire, qui le dépense par ses
Ui LIVRE f . — COLORIES. -
eomités^ etç'ost lui qi^ pioûte par ses .enCanti. Toute Tad^iiniBtratioii de Técole est direptement
dans seç mains.
Et, Qotev^le bien, giâoe à loi qui gaeui^t le droit de l'État en rliiblissant un roinimunif }^ commune pei|t fa^re plus que la Loi a'aiige ( et c'est tecas ordmaire )| mais pHe ne peut jamais fair^ xpoÎDS. Si par égoïçme elle ne se conforme pas saix presoriptipns légal^S| tout père de famille la cite devant le grand jury, et la fait condamner à une indemnité immédiate; c'est une mesure ausd expéditive que certaine.
Un autre avantage de ce système, c'est que les frais de l'école sont i^ts non pp^it par )e père qui envoie son enfant, mais p^ tpue les propriétaires du district*.
(Test une disposition toute favorable m% pai|-
vres. Ou a rcmar([ué qu'en général uu cinquième des )iat)itants paye la gipitié 4e 1^ taxe, tout en ;à*envoyaat à Pécole que moins du sixième des enfants.
Ainsi la taxp d'école est au fond un impôl^ mis fur le ricbe pour élever le^ enfants di| pauvre ; et c'^st pne oeuvre également utile aux deux par-
1. Cette taxe est fort aUégé« dans les Étatf nouveaux , ou lors de
chaque ^^rêalion de ronveaiix territoires im trente-fixtème de chaque towfphip jffix c«j}t «i^^aafp acref] eat ^(lept^ à \'tulfplm des écoles.
il y a 9UMi des roofbiiQQf copiidértble^ Le ComMK^icut , gar exemple, comaere k rédueation un fioiidi ût deux ntIJIioosde lars. produit de la ?eme des t«rm que l'Atet poieiddl^ eu bord Ai
toc %i4 deqf ym»-
XI* LEÇON* — IfOUYELLE-ANGLETERRE. 283
lies.. Le pitiitre 4^ la loi le ))iepfait de
Téducation, c'est-à-dire un moyen de vivre et un présemt^ CQUtf:^ la misère et )e chme^ le ricbio 98t wnré qn'u&e société où réducstion est générale ser^ à l^bfi bpuleverfiements auxquels Tigiionuiçe {ivrara toujours une répu* blique. En outre, et comme il paye une taxe assez él^yée pouf gue récoie ^oit parkilemeut tepue , le riebf^ eoToie ses eofants se mêler avec
les enfants à^ p^iuvre, et ainsi s'obtient sans
Yiol^nce, sans CQiilFaiiite, cette qommuoanté éducation première que les anciens dédaraieul
nécessaire dans mje République, et dont Ha faisaient la pemière condition d'un État libre» On sait quQ ce fut le rêve de nos réformateurs au tejii^ps de 1^ CpiiTention.
C'tst iliuai que la liberté donne aux Américains cette éducation ppi^paune que l^epelletier ï\e croyais o))tenir ipe |a séparation yiolente du père et*de^ enfants; insensé, qui détruisait la CwiUfi au profit incertain de la répui)iique, çoma^^ ^ (a famille n'était pqint, aussi bien que rÉtat, d'institution divine; comme si tous
dei|x n'avaient point d^g conditions mutuelles d'existence qui s'enIrVdent an lieu de se contrarier ! Fleuve nouvjelle q^'il n'est point de progrès qvf'pp f|e puisse obtenir par la liberté; et qu*il n'en est point qu'on emporte par la violence. Là est la différence des politiques et des
rêveurs r Quand un homme vous demande cinq 'ans de despotisme pour fonder la liberté , soyez sâr que cet homme, s'appelât-i! Turgot , est . non poiDt un homme d'État qui veut éclairer et régulariser la société existante, mais uh théoricien qui rêve une société impossible.
Les Américains de la Nouvelle-Angleterre, gens pratiques el positifs , ont fait des saerifiees const« dérables pour l'éducation ^ mais c'est qu'ils ont calculé dès le premier jour que l'éducation du peuple était jjour la république une question de vie ou de mort; et c est parce qu'il s agissait de Tintérèt et du salut commun, que ces gens, qui s'en remettent à Tintérèt privé du uiaintieo de la religion, et d*uue foule de choses que nous résenrons'à TÉtat, n*ont point vouhi que Téducation du peuple pût être un instant négligée, et en ont fait le premier devoir de la commune.
Voici, du reste, en quels nobles termes un des grands orateurs de l'Amérique, M. Webster, a fait Péloge des écoles Sn nouveau continent, « écoles où il avait reçu toute sou éducation et dont
il était le vivant éloge. C'est en i^i , cpiand le Massachussets réforma sa constitution , que M. Webster exposa dans la Convention les pria* cipes suivis âm tout temps dans la Nmivell^Aih gleterre pour renseignement pn maire :
A ce «ulet des écoles libres, la Nouvelle-ÂDgfoterreest en droit de prétendre à une gloire toute particulièra. Elle
Xi« LEÇO». » NOUVËLL£-ANGLEÏ£ttftfi. i85
adopta dèft le premier jour, et a coDsUiçment miotena
ce principe, que c'est un droit incontestable et un devoir ri|?oiireux pour l'État que de pourvoir à rinstruction de toulQ. la jeunesse. Ce qui en d'autres pays est laissé au hasard ou à la charité, dous Iteurons par )a loi* Quaad U 8*agit de TiDstruetion puUîque, nous tenons que tout homme est« sujet à Timpôt en proportion de sa fortune, et sans nous inquiéter de savuir s'il a ou non des enfants qui profiteront de l'éducation qu'il paye. C'e&t pour BOUS un système d'administration sage et libéral qui as* sare tout à la fois la propriété et la vie des citoyens et la paix de la société. Nous cherchons è prévenir dans une certaine mesure l'application du Code pénal, en inspirant dès le premier ii'^e des principes salutaires et conservateurs de la vertu et de la société. £n développant l'esprit , en agrandissant le système des Jouissances intellectuelles, nous espérons habituer l'homme à se respecter davantage, et à mettre en lui-même plus de cooftance. Par Tinstrdo tion générale, nous cherchons autant que {lossddt; a purifier l'atmosphère morale , à donner le dessus aux bons sentiments , à tourner contre l'immoff^té et le crfhie le courant des idées et des opinions, secondant ainsftos ipenaces de la loi et les prescriptions de la religion, m deVeloppant le sens moral , et en faisant prévaloir les principes et les lunuères, nous espérons trouver des garanties en dehors et au-dessus des lois , nous espérons continuel^ et prolonger le tanps où dans les villages et les lirmes de la Nouvelle- Angleterre on puisse dormir en paix derrière des portes sans verrous. Et sachant que notre gou-* vernement repose diieclement sur la volonté publique, nous tentons de donuer à cette volonté une bo^e et sûre <lirection.
Nous ne comptons pas sans doute que tous nos élèves deviendront dee philosophes ou des administrateurs, mais
t86 LIVRE I. COLONIES.
nous espérons, et notre croyance en la durée de notre gouvernemeDt repose sur cette confiance, que par la diffà»on des lumières et des bons et vertueux sentiments, l'édifice politique sera aussi bien défendu contre les violences ouvertes iit les ruines subites que contre ractiou lente et souterraine, mais non moins destructive, de la licence'.
Après les iastitutioDS mimicipules et l' éducation populaire, il nous reste à parler de la milice qui , de tout temps, a été considérée par les Américains comme une des principales garanties de la liberté.
La milice, c'est ce qoe nous nommons la garde nationale, avec cette diiïérence qu'en Amérique la milice n'est point un supplément de l'armée i une défense intérieure : c'est Tannée même. On n'a jamais voulu de troupes permanentes, fus^ent-elies composées de citoyens. En paix comme en guerre, les iWiiencdiiis ue b'eii remettent qu'à eux-mènies du soin de proléger la patrie » et c'est l'œuvre de tous.
Je ne veux point aborder ici une question souvent discutée, savoir si la liberté est possible avec
des armées permanentes; il est clair qu'il y a là un problème compliqué et qui ne peut recevoir partout la même solution. La siUratîon géographique et politique d'un [lays, l'état des esprits, le goût et les idées de la nation, sont des choses dont il faut tenir compte. Il est évident que FAngleterre, entourée par ia mer i^l défendue par ses