‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 71 sur 126 · W LEÇON. — NOU\ELLE-AKGLETERRE. Î · texte numérisé non relu

W LEÇON. — NOU\ELLE-AKGLETERRE. Î

murailles flottantes n'est pas dans la même condition que la France, placée en face de peuples qu'elle a souvent combattus, et on comprend aisément que les États-Unis , sans autre voisinage que celui du Canada ou des aucieuueâ coiouies espagnoles ^ et plus'menslçants qne menacés, n'aient aucun besoin d'une ajinéc Tout ce que je veux montrer, c'est que les Américains, comme tous les peuples libres, ont considéré les armées permanentes comme un danger, et qu lU se sont réservé, avec une jalousie extrême, et cotnme le premier attribut du citoyen, le droit de porter les armes et de détendre seuls la patrie et la liberté.

Cest aqisi , du reste, que les anciens considéraient la chose. A Rome, par exemple, durapt toute la république, il n'y eut point d'armée permanente, et on poussait si loin la défiance ccnb'e les soldats, on était si jaloux de ne laisser dans la ville d'autre puissance que celle des lois, qu'on prenait des précauLiuub, même contre les citoyens. Quoique l'armée ne fût formée que de Romains, et de Romains propriétaires, on craignait cependant qu'un ambitieux ne tournât à son profit le respect de l'autorité, et cette Tcrtu d*d>éissance que les habitants de la ville éternelle poussaient à l'extrême. 11 n'y avait point de soldats dans Rome ; c'était hors des murs qué se réunissaient les citoyens en armes. Jamais non plus il n'y avait de général dans la ville. Une fois qu'il avait revêtu

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Vimpcriuiii^ eu vertu d'une loi particulière, le coûsui ou le préteur ne pouvait plus rentrer dans Home -tans abdiquer ; el pour qu*ua trioiiqdiafaur montât au Capitole, revêtu de ses insignes militaires et entouré de ses troupes , il fallait un décret dn séttai ou du peuple. Qn Yoit que les Romains comprenaient de quels ménagements la liberté a besoin, et TexpérîMice prouTa combien leurs craintes étaient fondées. Dès que 1 armée fut composée de gens qui avaient point de propriété à défendre, et pour qw la guerre était un métier, retenus qu'ils étaient par des conquêtes ioiutaines, Rome fut trahie par ceux qui devaient Ja gaider; Marius et Sjlla s'en disputèrent les dépouilles ; leurs successeurs se battirent autour d'^a cadavre.

En Angleterre, d'autres causes et un même amour de la liberté , amenèrent des effets semblables*. Dans la féodalité, le service était fait par les propriétaires de terres, et c'était un service limité, contractuel y et qui attestait la liberté même de celui qui servait. Plus tard, les communes se ûreut place dans le système féodal , et dans ses longues guerres coaire la France, ce hit avec ses yeomen et ses milices que TAngieterre nous ût tant de mal. 11 n'y eut d'armée permanente, dans la Grande- Bretagne, que celle du parlement, sous Charles 1"',

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