‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 76 sur 126 · OacoD'i lawst tCkO, cb. i. Banoron · texte numérisé non relu

OacoD'i lawst tCkO, cb. i. Banoron

304 UVAS I. — COLONms.

son siècle quand' il demandait la li&erté poork juif et même pour le gentil.

Jl Q*y avait paa un m qu'on avait pris terre

quand ou rcuiiil les émiij:raiils en corps [)olitique; lord Baltimore avait préparé un code pour la colonie, mais les planteurs le rejetèrent, comme fait au mépris de leur droit, et en rédigèrent uu autre que le propriétaire à son tour refuaa de ratifier, attendu que rinitiative en législation lui appartenait.

Dans ces origines des États-Unis rien n est plus remarquable que rattachement uniforme de tous les colons à leurs franchises. On voit une poignée d'émigrants à peiile établis , montrer dès te premier jour un goût et une capacité pour le libre gouvernement^ qui révèlent tout ce qu'il y avait d energie dans la race anglaise dès qu'elle n'était plus comprimée par la féodalité du vieux continent. Lord lîaitimore abandonna l'initiative qu'on lui contestait; et en 4639 on tint une troisième assemblée composée en partie de députés nommés par les planteurs , et en partie d*individus choisis par le lord propriétaire. Le premier acte de cette réunion fut de constituer rassemblée et de confirmer la constitution qui dura)iisqu*à la restauration. Le seul changement qu'on y fit dans cet intervalle, fut que rassemblée se partagea en deux corps , et que les élus du gouvernement formèrent une chambre haute, qui eut le veto sur la chambre des députés. Ainsi après sii ans pendant lesquels la

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colonie avait été une esp&ede démocratie sous un

patriarche héréditaire , le gouvernement était de- Tenu une copie du gouvernement anglais.

On ne voit parque dans tous c«i»cbangement8 le bon accord du lord propriétaire.et des planteurs ait été troublé un seul instant. La maxhne de lord Baltimore était que par la concorde une petite colonie peut devenir une grande nation , tandis que de puissants royaumes périssent par la dis* corde. 11 plaçait sa force dans l'affection du peuple; aussi de bonne heure voit-on les émigrants t reconnaître le grand soin qu*a pris lord Baltimore pour les protéger dans leurs personnes et leurs droits, et loi témoigner leur recopnaissance pour les dépenses qu'il a faites, et les peines qu'il a eues, en lui accordant librement un subside tel que peut le comporter l'état naissant d*une pau* vre colonie. »

. La colonie prospérait sous la sage tutelle de lord Baltimore \ lorsque la révolution rompit tout à coup l'union. Quand la royauté, quand

* 1. Kb 1640, l'MMmMée rendit une ordonnance restée célèbre qol soumit à l'inspection le tabac exporté. Aujou: d'hui encore, le labac, les farines, les 9^lée<% snnt visitées avec soin; le poids

et la qualité de la niat( luniiii e sont loiislatés et imprimés sur le couvercle du liaril par i uiapecLeur, el ieâ qualités supérieures suai l«t leulet doal rezporlation sott permise. La fraude aal ainil |ir^ vtnwe, el le négociant étranger n'a point à sinquiéler de ce qu'il achète. C'est une Institution remarquable chez un peuple jaloux à l'extrême de rindépendance iiulividuelle, mnis qui a compris depuis longtemi'^ que l'ordre , l'honnêteté, la bonne foi sont les conditions premier e& de là ititerle.

SOe LIVRE. I. — GOLORiBS.

le droit divia tombaient dan» U métropol6| qniad tout pouYoir héréditaire était abattu , il était diffi«

cile que la petite monarchie de iurd Baiùcaore pùl se maialenir. Lee droits prétendus par le propriétaire fLUsaicut a,u Marylaiid une coiidition à part et presque illégale daos la démocratie aa* glaise.

L'autorité du lord propriétaire fut emportée par l'orage* Des commissaires puritains s'emparèrent du pouToir, supprimèrent le privilège de bri Baltimore et deti'uisirent la chambre haute ; c était une conséquence forcée de la révolution d'outremer j mais, chose triste à dire, h j)remier sum des vainqueurs tut de proscrire le papisme, o es^ irdire la religion qui les avait protégés. Crraiwell ne ratifia point cet acte d'ingratitude; il écrivit aux coBimissaires de ae point s'a&irer après la religion , mais d'établir le gouvernement civil. En véritable politique, il penchait vers la tolérance et voulait» disait-il , que les différentes seetes fus*

sent plantées ensemble daub le deberl, cumme le cèdre» le myrte et l'olivier.

La restauration amena le rétablissement du lord propriétaire y et avec lui le retour de la liberté. Les émigrés de tous pays, les huguenots de France, les proscrits de l'Allemagne, de Is Bohème, de la Hollande, de la Suède, vinrent chercher un refuge dans cette patrie commune des exiles pour cause de religion, et y apjK>r-

Xn* LBCION. -* lURTLAMD. Wî

tèrent ieuië capitaux , leurs lumières et cet esprit de sociabilité qui distingue encore aujourd'hui Baitiinore, et qui, au commeDcemeut du siècle ^ en fit le refbge que choisirent de préférence les familles françaises échappées au désastre de Sâint-Domiogue.

il fut donné à lord Gécil de jouir de son œuvre. Après un long et mutuel accord que les orages du dehors avaient seuls pu troubler, il mourut plein de jours , laissant avec ses bienfaits le souvenir d'un règue de quarante -trois ans, le plus doux, le plus bienfaisant qu'on puisse imaginer.

Aussitôt après la mort de cet homme excellent , 1 archevêque de Caotorbéry se mit en campagne pour introniser TÉglise anglicane dans cette henreuse province, qui jouissait de l'égalité religieuse. « Le Marylandy disaient les prêtres du temps, est une Sodome d^impureté, une maison de peste et d iniquité. » Guérir le mal était du reste chose fecile, il suffisait d'imposer à la colonie l'entretien d'un ministère prolestant, comme on avait fait pour Tlrlande. En d'autres termes , ee que voulaient les prélats , c*était le privilège; et rien ne semblait plus religieux et plus légitime que de faire payer à des hérétiques les frais d'un culte que leur conscience repoussait.

Le nouveau lord Baltimore résista comme l'eût fait son père. Mais bientôt l'agitation politique vint se joindre aux intrigues religieuses. La colo-

nie 86 trouvait à l'étroit soas ce goaTememeat

d'apparence féodale, avec deux souverains superposés. Oq disait que les idées de i ancien lord avaient fait leur temps; on repoussait les maximes du droit divin , de mise au lendemain de la resfauration» mais déplacées à la veille de 1688.

« La divine Providence, disait en 1688 à l'ouverture de l'assemblée le représentant de lord Baltimore, a ordonné notre réoDton. Le pouvoir en vertu duquel noos sommei eonvoqués ici est certainement descendu de Dieu au roi,

du rot à sou Excellence le lord propriétaire, et de son Excelleoce à nous. »

On rejetait ces principes d'un autre. âge; on ne voulait plus d'un système oii les principales fonctions, et notamment les fonctions Judiciaires^ étaient à la disposition du souverain , où certaines taxes étaient levées sans le vota direct de rassemblée. Enfin le protestantisme avait grandi et repoussait légalité. Les agents de la colonie étaient catholiques ; on les déclarait incapables de tenir les rênes du gouvernement; ils favorisaient les papistes, disait-on , et opprimaient les protestants. Dès Tannée 4684 , le ministère anglais avait ordonné qu'à lavenir toutes les fonctions pubii- ' ques seraient confiées aux seuls, réformés. Les catliuliques étaient exclus de l'administration dans la colonie qu'ils avaient fondée. Leur culte même fut interdit; au moins ne fiit-il pus permis de célébrer publiquement la messe , et, de crainte

XIP LEÇON. — MARYLAND. 309

de prosélytisme y 3 fut défendu à un catholique d^étra professeur et d*înstroire la jeunesse. On

mil aussi dans ie code colouial cette abominable

lot anglaise qui» pour récompenser l'apostasie ,

forçait le père à donner une partie de ses biens

à lenfant qui trahissait sa foi.

Lord Baltimore eut donc à défendre son autorité contre les planteurs , et sa foi contre les évèqueSy et, comme si ce n'était pas assez de pa« reils adversaires , il lui fallut aussi défendre , contre le parlement anglais , l'industrie de la colonie menacée par Taete de navigation. Ajoutez les préteiUions toujours renaissantes de ia Virginie ^ qui réclamait -^le Maryland comme uj|6 part de son territoire; c'était trop d'ennemis à la fois. L'avéneuient de Jacques II ne donna pas mèm^ un protecteur à lord Baltimore ; le roi, qui prétendait réduire toutes les colonies sous la dt pendance directe de la couronne, traita lord fialtimoro -avec son injustice habituelle en attaquant la concession corame forfaite. Le procès venait de commencer quand le peuple prononça contre le roi Jacques un arr^ sans appel. Les libertés de r Amérique étaient sauvées.

TouteCj^iSy une révolution faite au nom des in* térèts protestants ne pouvait être favorable a un grand seigneur catholique ; lord Baltimore garda ses droits utiles de propriétaire, on ne lui rondit point la souveraineté. Le Marjlaod lut désormais

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administré par des gouverneurs envoyés d'Angleterre ju8qu*en 1715, où Bénédict Calvert» le fils du lord propriétaire, ayant renoncé à la corn* munion romaine, fut rétabli , grâce à son apostasie , dans le droit de ses alenx, et le transmit à ses héritiers qui le irardèrent jusqu'à la révolution.

C'était, du reste, une souveraineté bien imparfaite. Tout se réduisait à nominerlegonveniear età euufirmer ou désapprouver les actes de i asbeuiblée, droit d*un exercice délicat pour un souverain sans sujets et sans armée. Le revenu principal du propriétaire consistait dans uue petite redevance imposée lors des concessions premières, et qui se levait sur les ventes et les donations ; il se nommait le quitretUj c'était quelque ^hose comme le droit de quint ou de relief dans nos coutumes féodales. 11 y avait loin de ce privilège à la liste civile d'un souverain.

Nous avons fait rhi8tx)ire politique de la colonie jusqu'aux premières années du xviii* siècle; quant à son développement intérieur, il lut sem* blable à celui de la Virginie; même climat, mêmes productions, même genre de vie. Le tabac fut aussi toute l'industrie, tout le commerce, toute la riciiesse de la piantaiioa. Cette culture eu concurrence amena une jalousie excessive entre les deux colouies. C'était, en elïct, un obstacle continuel à l'entente qui eût été nécessaire pour résister au monopole des marchands de Londres. Quand»

XII* LëCON. — MÀEYLiND. ail

poussée i l'extréiiMy la Virginie menait d'arracher le tabac, à rin&tâût le Maryland développait aa produetiofi : de là des livalilés aaiw pomlae et qui ne profitaient qu'aux Anglais.

Cette culture, taite par grands domaines, ameua le» mêmes habitudes et les mêmes mœurs qu'en Virginie. Les piaii leurs se répandirent le long des boia et des rivières. Chaque plantation fut un petit monde, une société parfaite en soi, et ce fut aussi vainement que le législateur essaya de créer des villes dans un pays où la vie était toute féodale^ ou plutôt toute patriarcale. Sainte-Marie ne fut jamais qu'un bourg insignifiant ; AnnapoiiSi qui la remplaça comme capitale de i*Ëtat» et dont il est souvent question dans riiisloire de Tinsurrectiouy est une ville de trois mille habitants ; Balti^ more seule, dont Texistence est toute récente, car en n65 elle ne contenait pas plus de cinquante maisons, est aujourd'hui la ville la plus considérable de l'Union après New-York et Philadelphie. £Ue compte plus de cent cinquante mille habitants. C'est le plus grand marché du monde pour le tabac et la tarÏDe, mais il n y a pas d autre fille dans l'État^ et c'est au oommeroe seul qu'elle doit sa grandeur.

Ce qui ajoutait à la ressemblance du Maryland et de la Virginie , c'est que fa oonditien des tra^

Tailleurs était la mêino dans ks deux pays. Le tabac demande des soins pénii>icse4desbras

à bon marehé ; bas prix , on ne Tobtenaît que de deux façons, ou par l eaclavagei ou en empiayant ces indmUed iêrvantSf ces engagés dont on a [larlé plus haut, véiitables esclaves blancs, inais esclaves temporaires, et qui, après sept ans» retrouvaient' la liberté.

Comme le Maryland est situé sous une latitude où la chaleur n'abat point le blanc» et lui pennel de lutter avec avantage contre la paresse et Tapa* thie du nègre, le Maryland fut, de toutes les provinces d'Amérique» oeHe où Ton trouva le pins grand nombre d'engagés. Le marché en était toujours fourni, le prix d'un hopme valant de douze à vingt livres sterling, c*est4Hlire de trois cents à cinq cents francs.

Sous le règne de Jaeques li>^notamnient» il 7 eut une exportation coiisiilérable en Amérique des partisans de Monmuutb. Les condamnés étaient une marchandise, une valeur que les courtisans se disputaient, au grand mécontentement de Jefi&ies» qui écrivait au roi :

" Je dois informer Votre Majesté qae chaqui' prisonnier vaut dix livres la pièce ^ sinon quinze livres, et que si elle continue ses largesses comme elle a commencé, de«> personnes qui n'ont pas souffert dans le service emporteront le butin. »

Ces bannis ou conviets étaient des hommes que la naissance et Téducation avaient habitués

à une tout autre vie que celle d'esclave ; aussi ,

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dans 8a vengeance , le roi faisait écrire aux eolo* Dies du sud» bo^s le contre-seing de Sunderliuid : «c Prenez soin qu'on les iwe servir au moins dix ans, et qu'on ne k s laisse racheter pour argent ui autrement avant l'expiration de ce terme. » La tyrannie peuplait FÂmérique d'hommes éprouvés par l'adversité, et la mûrissait ainsi pour uue future indépendance. * *

Du reste, ce commerce des blancs était assez prolitabie pour que, sur le littoraL de TAngl^erre» ce fût un métier que d'enlever dee hommes et de les transporter en Amérique. Bien plus, à Bristol, le maire « les aldermen et les juges, ûi^naçanl^^e pendre les gens sans avçu qu'on arrêtait» leur, faisaient accepter la transportation comme seul moyen de salut» puis se les ^artageàient «omme un bénéfice de leur charge. Jetlries, le l ude Jeftries, dans un accès de justice, fit paraître à son banc le maire de BristcJ; et il fallist I» révolution de 1688 pour amnistier ce crime iniàme.

Enlever des .^mmes libres n*en continua pas moins d*ètre un métier suivi jusqu*au moment oà h colonie repoussa le service des engagés, service plus cher et plus dangereux*^que celui des nègres. Depuis 1692, on n'introduisit plus que des noirs dans la plantation.

Cette lâche "de rescla?agey le Maryland Ta conservée lorsque les colonies du nord lui donnèrent l'exemple de l'émancipation ; et cependant » c'est

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peut-être FÉtat où l'affranchi 8 sèment serait le mieux justifié , car le climat, qui Joue un si grand rèle dans la question de Tesclavage et qui en complique la solution, est assez doux au Maryland pour que le travail de l'homme libro y soit plus avantaiïeuîc que celui du iièp^re, et ce serait un profit certain pour cet État que d écouter la voix de Thumanité. A présent surtout que» comme en Viiginie, la culture du tabac a ruiné le sol, le Maryland aurait besoin de toute Ténergie de la liberté pour régénérer une tetre épuisée. Au lieu de se réduire au triste métier de producteurs d'esciayes et d*é- • lever de malheureux nègres pour lee planteurs du sud, il serait beau de revenir aux traditions de lord Baltimore y de proclamer aussi la liberté civile sur cette terre où a été inaugurée la liberté religieuse , et d entraîner le sud par un noble exemple.

OOLORIBB MI GBIRIB.

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