XIV LEÇON. — PE.NSVLVAXIE
priétaire on y reconnaissait les droits des colons à obtenir une représenlalion'. Pour éviter qu'il se glissât dans Tacte quelques articles contraires à la loi anglaise, ou le fit reviser par rattoruey général et par lord North, grand juge d'Angleterre) qui y introduisit certaines clauses réservant la souveraineté du roi et la suprématie du parlement. Les décrets de la législature colo* niale devaient être soumis au roi et à son conseil dans les cinq années de la promulgation, et on les considérait comme abrogés si dans les six mois, le roi les désapprouvait.
Le droit de taxer la colonie fut expressément réservé au parlement ; clause importante dont l'omission s'explique dans les autres chartes par leur date , et qui plus tard fut invoquée par le parti anglais dans les discussions avec l'Amérique. Du reste, après le parlement anglais, c'était à l'assemblée coloniale seule qu'il appartenait d'éta* blir rimpôt.
Quant aux autres dispositions de la charte, elles sont conformes à toutes les concessions faites à des propriétaires.
Aussitôt la patente obtenue , Pean qui , suivant ses propres expressions, s était promis d'avoir un tendre soin de cette colonie k que Dieu devait bé-
1. Charlc de Pensylvauic. Rausay^ American rèvoL, I. U. Amar,
r^O LIVRE I. — COLONIES.
nir, et dont il ferait le germe d'une nation*, ■
écriv it ù ses vassaux et sujets la lettre suivante :
« Mes amis, je vous souhaite toute espèce de bonheur ici-bas et plus iiaut. C'est pour vous faire savoir qu'il a plii à Dieu dans sa providenoa de vous mettre dans moii lot , de vous confier k mon soin. C*est une af&iro que jusqu'à présent je n'ai point entreprise; mais Dieu ma donné la conscience de mon devoir et un esprit honnête pour agir droiteiuent. J ospôrc q!ie vous ne serez point troublés par ce changement et par le choix du roi, car vous voici maintenant solidement établis et non pas à la merci d'un gouverneur qui vient pour faire gnmde fortmia. Vous serez gouvernés par les lois que voms ferez vousmêmes, et vous vivrez libres , et, si vous voulez , comraa une nation sa^e et industrieuse. Je n'usurperai aucun droit et n'opprimerai personne; Dieu m'a inspire une meilleure résolution et m*a donné sa grâce pour rexécuter. En somme, je me prêterai cordialement à tout ea qu'un homme sage et libre peut raisonnablement désirer pour sa sûreté et son bonheur. Je prie Dieu de vous diriger dans la voie de la justice pqur que vous prospérie^i vos entants après vous.
« Je suis votre véritable ami* « Londres, 8 du mois nommé avril 1681. »
Tels furent les engagements pris par le quaker
roi au début de son gouvernemeiil, et c'est le devoir
de i'hislonen de dire qu'à la diUerence de beaucoup plus grands souverains, ces promesses furent fidèlement tenues; pendant un règne de trente annéeS;