‹ Histoire politique des États-UnisChapitre 85 sur 126 · Bancron , II · texte numérisé non relu

Bancron , II

XIV l%Çm. — PENiJYLVANlfi. roi

Penn ne repoussa jamais une demande raisonnable des habitants de la Pensylvanie*

Ce fut en octobre 1682 que Penn arriva dans la colonie pour commencer ce qu'il appelait : la sainte expérience {holy experment); ce fut aussi vers cette époque qu'il fit avec les Indiens I^ni Lenape ou Delaware, sous Forme de Shakamaxoo, cet ac« cord célèbre que l'histoire a souvent raconté et que les arts ont plus d une fois reproduit, cet accord que \ oltaire déiloissait avec plus d esprit que de vérité : le seul traité entre ces peuples et les chrétiens qui n uit puinl été juré et qui n'ait point été rompu**

« Nous nous rencontrons, leur dit Penn, sur la giapde route de la bonne foi et de la bonne volonté; aucun avantage ne sera pris de Tan ou de l'autre cété ; tout sera franchise et amour. Je ne vous appellerai pas mes enfants, car quelquefois les pères châtient leurs enfants avec trop de sévérité; je ne vous nommerai pHs non plus mes frères, car souvent les frères sont en désaccord ; nous ^mroef comme les membres d'un même homme; nous sommes tous une même chair et un môme sang. »

Jamab on n'avait p^Ié anx Indiens un langage

aussi liumaia; jajpai^ les Européens n avaient twté 4vec tw sur ce pie4 4'égaUté pbi*étiepne ;

1. Dictionnaire philosophique, art. Quaker. Penn a raronlé luimême retlp entrevue dans une lettre qui contient de Irès-curieux <létails mr les lowurs indiennes, et la situation de la culonte naissaale. Voy. i'Amér. aiujl., |>. ib'i.

35i LIVRE I. — COLUM£S.

aussi la sécurité dont jouit la colonie pronve-l-elle que cet esprit de douceur et d'é^^alilé avait gagné ces iiaturas sauvages* Cet esprit , du reste , était bien celui di's ([uakcrs, de ci's hommes qui devançaient leur âge par leur horreur de la guerre , et leur amour sincère de l'humanité*

« Nous avons lait mieux, » écrivait l'un d eux à cette occasion , « que si avec les ûers Espagnols nous ' avions gagné les mines du Potose. Nous ferions rougir de leurs honteuses victoires ces héros amhitieux que le monde admire. A ces pauvres âmes sans lumière qui nous entourent » nous apprenons leurs droits comme hommes'. i>

Penn s^occupa avec ardeur de la constitution qu'il donnerait à la colonie, des principes sur lesquels il appuierait son gouveruement. li avait sur ce sujet des idées fort avancées. Pour lui y sans iiH[uiéter outre mesure des formes politiques, tout gouvernement était libre^ la loi régnait et où le peuple prenait part à la ors ces deux

conditions, tout était tyrannie, oIigarcl\ie ou confusion. En ce point son amour des homlçes s'ac* cordait avec la fierté républicaine de son alui Algernon Sidncy, véritable Romain des beaux jours de la république. Chez Fun c*était Tadmiration le l'antiquité, chez l'autre c'était la rcliLîiou qui nw naît droit aux formes démocratiques^ le tiiomphe

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