‹ Histoire politique des papesChapitre 7 sur 13 · I>KS TAPES · texte numérisé non relu

I>KS TAPES

tique r£pondrait tot ou tard h Pappel de ces formules magiques, et ne reussissant qtfk entretenir Porgueil . sterile d'un peuple qui pr£tendait gouverner le monde et ne pouvait, en rassemblant tout son courage et toutes ses "forces, parvenir k dompter la rebellion d'une ville imperceptible comme Tivoli !

En.AUemagne, Frederic de Souabe, surnomme Barberousse, ame despotique, volonte indomptable, main de fer, avait succede k Conrad III. Allie a la fois h, la maison des Welf de Bavtere et aux Gibelins de Franconie, il avait su rassurer les deux partis * ennemis et rendre la paix h PEmpire. C'est lui qu'Eug&ne III implora contre les Romains. Une double promesse fut 6chang6e entre eax : celle du r&ablissement du pape k Rome, et celle du couronjiement de Barberousse comme empereur d'Allemagne. Mais la tache de Frederic 6tait Join de se borner 1 h , car la revolution qu'il allait 6touffer h Rome, il avait a la vaincre d'abord dans toutes les villes italiennes, insurg6es a la fois contre les £veques et les comtes, contre le pouvoir pontifical et le pouvoir imperial , comme les Romains 6taient r6volt6s contre le pape et Ternpereur.

Ces deux puissances, si longtemps divis6es, s'uni- - rent done pour conjurer lepSril commun, et les cites italiennes formerent en m6me temps une confed^ration pour repousser leurs attaques. On voit par la combien cette ligue lombarde,quidevintun peu plus tard la plus sure defense des papes contre P Empire,

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et qui est consider^ d' ordinaire comme leur ouvrage, -prit naissance sous une inspiration peu sympathique au saint-siege. D'ou vient qu'il la favorisa si puissamment apres avoir tout fait pour l'aneantir? C'est k Rome seulement qu'il faut chercher le secret de cette contradiction. Les papes furent les ennemis les plus acharn^s de la confederation et de la liberty des villes italiennes tant que Rome eut quelque part k leur independance ; aussitot qu'elle fut soumise, ils leur tendirent la main. Ils voulaient bien de la liberte * contre les empereurs , mais ils n'en voulaient pas contre eux-memes.

•Frederic Barberousse passa plus de deux ans a combattre la ligue des cites, dont le faisceau sans cesse rompu se reliait sans cesse. II ne vint k bout de leur resistance qu'en les ecrasant par la Superiority de ses forces et par des executions terribles. Adrien IV etait moftte sur le trone de saint Pierre lorsqu'ii se decida a marcher sur Rome* Au bruit de son approche, Arnaud de Brescia s'eioigna, sur les supplications du s£nat 6pouvunte, et choisit pour refuge le chateau d'un seigneur de la Campanie. (Test \k que Pempereur le fit saisir par trahison. Livr6 aux mains de ses ennemis* le disciple d' Abailard fut attache de grand matin k un poteair eieve sur un bucher et bruie vif au milieu d'une place de Rome. Ses cendres furent jetees au vent qui les porta sur des terres fecondes* et le peuple ne connut la mort de son tribun qtfen voyant disperser les debris fumants du bucher* Ainsi

p6rit le premier martyr de la philosophie au moyen &ge.

Peu de jours apr&s, les d£put6s du s£nat de Romevinrent deBiter une harangue solennelle devant Fr6d6ric Barberouse, comme s'ils ignoraient l'6venenement et comirfe s'ils etaient decides k ne s'apercevoir d'aucun des outrages qui leur 6taient adress^s. lis pens&rent que c'6tait le cas d'en imposer au barbare k force d' as&urance, s'efforcerent de lui persuader ded^livrer leur ville du gouvernement des clercs et de lui rendre la domination de l'univers, se declarant prets d'ailleurs k accepter son serment de fidelite avec un tribut decinq mille livres. Fr6d£ric les interrompit ayec mepris; il leur rappela que Fempire, et les consuls, et le senat, et l'ordre equestre, et la vertu romaine n'etaient plus k Rome, mais en Allemagne avec les conqu£rants de l'ltalie*; puis il les cong6dia brusquement. Le peuple essaya une emeute qui fut exterminee. L'empereur se fit couronner a Saint-Pierre par le pape Adrien, et bientot aprfes il regagna les Alpes, poursuivi par des maledictions unanimes.

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