LE DÉCRET SECRET ET T.E CONFLIT DE
aux sociétés. Les capitaux comfiés à leur garde étant en péril, celles-ci durent se résoudre à accepter, tout en faisant des réserves, le modus Vivendi, signé Wahis, cfu'on leur offrait.
Le décret du 30 octoibre 1(S92 organisa un régime transactionnel et transitoire. Les terres vacantes du territoire furent divisées en trois zones : une première zone, que l'ivlat se réserva, cfiii allait deviMiir son <Doimaine privé» et qu'il allait faire exploiter, en régie, par ses agents ; une deuxième dont il autorisa l'accès aux particuliers ; une troisième qui fut proivisoirement réservée pour cause de sécurité publique. La théorie du salut pnblic était inadmissible en la circonstance attendu que celui qui l'appliquait allait en tirer profits et bénéfices.
On notera que l'arrangement du 30 octobre 1892 qui consentait à respecter la liberté du connu erce dans le bassin du Kasai, était essenliellcment provisoire : il était intimement lié à la convention du 3 juillet 1890 relative au contrôle financier de la Belgique et au droit de reprise, c'est-à-dire qu'il devait prendre fin à l'époque où la Belgique pourrait exercer le droit d'annexion pure et simple, acquis grâce au prêt de 25 millions.
9k'> LA POLITIQUE NOIVELLE.
L'orientation de la politique nouvelle it les discussions passionnées (jue son application souleva, altérèrent profondément les rapjiorts, jusqu'alois si cordiaux, entre le gouvernement congolais et le groupe d'hommes dévoués et entreprenants qi<!. dès les débuts, avaient secondé énergiquemeni les vues du roi, en Afrique.
Les hommes politiques et les administrateurs de la première heure : MM. Beernaert, Lambermonl, Banning. Strauch, Janssen, Van Neuss, cèdent la place à des hommes noiuveaux. Le capvtaiîic Thys qui. depuis quinze ans, rempli^-sait effectivement le rôle de secrétaire-général de l'Etat et qui. à diverses reprises, avait fait fonction d'administrateur -général, cesse sa coopéralion journalière à l'œuvre politique, pour se vouer plus spécialement aux entreprises privées, industrielles et commerciales, qui devaient la mettre en valeur.
En Belgique, un cabinet sous la présidence de M. Jules de Burlet et comptant dans son sein le comte de Mérode-Westerloo et M. de Smet de Naeyer, remplace le cabinet Beernaert. M. Van Eetvelde dirige le gouvernement central du Congo, à Bruxelles. Depuis le 15 avril 1891, le major Wahis est devenu le chef du gouvernement local, à Borna.