UN PLUS GRAND CONGO
l'Etat les sultans azaiidc Seinio, Sasa, Dorunui. Bio, Wandoi, Bili, Enguettra, Kana et Tambi:ra. Semio devint le i)rincipal auxiliaire de l'expédilion, qu'il conseulit à accompagner jusqu'-iu Nil avec 4.000 à 5.000 guerriers, moyennant un présent de mille fusils Albini. Les prescriptions de l'Acte général de la Conférence de Bruxelles et les décrets de l'Etat ne défendaient pas à l'Etat d'offrir aux chefs indigènes des armes à feu. Seul, le trafic de celles-ci était interdit aux particuliers, dans l'intérêt de la sécurité publique. Inutile de dire à l'aide de quels procédés cette horde de sauvages se fit une |)ercée jusqu'au Nil. Les récoîtes en ivoire turent abondantes : Bumba, près i\u confhient de l'Ilimbiri, devint, pour de longues années, rentrei)ôt principal de l'exportation de ce produit.
M. Van Kerckhoven mourut avant avoir atteint le fleuve. Le 29 septembre 1892, son successeur le lieutenant Milz, reçut la soumission des anciens officiers soiudanais d'Emin demeurés à Wadelai et qui s'étaient portés à sa rencointre. Il atteignit le Nil, en amont de Boiru, le 9 octobre. Un camp fortifié, laissé à la garde de cinq blancs et de 125 soldats, fut établi à Ganda.
Naturellement l'Agleterre vit d'un assez mau-
vais œil les essais d'expansion du Coingo dans le bassin du Nil ; elle ne cacha pas son seiiLimenl à cet égard. Léopoild II, dont le jeu de bascule avait, jusciu'à ce jour, si habilement servi la polilique cougolaise, se retourna vers le France et engagea, en 1892, avec cette puissance, des pourparlers, en vue du partage, sur le papier, d'une partie du bassin du haut Nil. Ils demeurèrent sans suite. M. Hanotaux a révélé le fait dans le discours qu'il proinonça à la Chambre française, le 7 juin 1894:
Ou a dit, déclara-t-il, que la France aurait pu, si elle l'eût voulu, signer avec l'État Indépeiulaut du Congo une convention analogue à celle signée par lui avec l'Angleterre. Je ne le cache pas : il y a deux ans, en effet, des i^ourparlers avaient été engagés.
Et le ministre après avoir exposé les raisons l)Gur lesquelles la France n'avait pas pris liniliative de violer la souveraineté du sultan et du khédive, ajouta :
Le gouvernement de la République n'a pas voulu laisser à une autre puissance le rôle de défenseur des traités. Satisfait de son propre droit et du légitime développement que ce droit comporte, il a sagement pensé que ni les séductions ni l'appui si souvent offert