LES SOCIETES A MONOPOLE
Les frais considérables nécessites par l'orgasation et la mise en œuvre de ces expéditions de conquête pesaient lourdement sur le l)U([gct de l'Etat qui, plus que jamais et en dépit de ses ressources noiuvelles, demeurait aux prises avec des difficultés d'ordre financier. Il fallait, coûte que coûte, sortir d'uue situation ({ui. si elle devait se proloinger, allait compromettre l'œuvre, la ruiner même, à brève échéance.
L'organisatioin méthodique et Texploitation commerciale de la zoaie attribuée au Domaine j)ar la conventioin du lîO octobre 1892 et à laquelle fut bientôt adjointe la zone qui avait été réservée, furent donc po'ussées avec la plus fié-
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>Teiise activité. Non seulement l'Etat se créa personnellement un immense moinopole en donnant une extension abusive aux mots terres vdcantcS'., mais il accentua le système en concédant à dcnx sociétés anversoises, fondées à son initiative, le monoipole d'exploitation dans deux des bassins les plus riches de l'Etat, celui de la Mongala et celui de la Maringa-Lopori . La Comjmiiive anversoise du commerce au (Aingo fut fondée le 2 août 1892, sous la présidence de M. de Browne de Tiègc, et VAngIo Belgian îndia Rubber C"(ABIR), quatre jours plus tard, sous celle d'un Anglais, le colonel North, ami particulier du Roi et son hôte, à Ostende. L'Etat s'assurait une part importante dans les bénéfices des deux affaires, qii'il faisait administrer, du reste, par des agents choisis par lui et portant runifoirmc de ses fonctionnaires. Le commerce belge n'allait pas tarder à être invité à céder la place aux agents de ces deux sociétés royales.
Quant au « Domaine privé» de l'Etat il fut organisé par décret du 5 décembre 1892. La récolte, ou pO'ur employer un mot plus juste, la rafle des produits naturels — plus spécialement le caoutchouc et l'ivoire, — devint liientôt si intense et si inconsidérée, que l'épuisement de la contrée
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pouvait (Hre i)rédit à coup sûr. Et son dépciiplcnicnl aussi, car rcxploilaliou directe du Domaine ])rivc' par l'Etat devait entraîner l'impôt en travail, c'est-à-dire le travail forcé, et même l'enrô- Itment d'esclaves. Enfin, la misère allait entraîner le développcMuiMil de maladies et décimer la population. C'était fatal.
En 1893, on vendait déjà, à Anvers, 223 tonnes d'ivoire d'une valeur de plus de trois millions et demi de francs et 211 tonnes de caoutchouc valant près d'un million. De tels résultats, si ral)idcmcnt obtenus, étaient pleins de promesses. Ils ne purent être acquis sans des abus et des vexations qui lassèrent et finirent par exaspérer les populations indigènes des districts exploités. Elles protestèrent près des autorités et des missionnaires. N'ototenant pas justice, elles se soulevèrent. La force publique mit les rebelles à la raison, fit des exemples et rétablit l'o'rdre. Le commerce, entravé dans ses opérations par la concurrence de l'Etat et l'insécurité du pays, continua à protester.
Cependant, le système des grandes sociétés à Cmonopole ne devait cesser d'être développé.
A la fin de l'année 1894, à la suite d'un accord intervenu entre le souverain 'du Comgo et le colo-