LE PROJET D'ANNEXION DU COMTE DE MÉKODE
Cependanl, il adviiil que le cnl)iiiel conseillé par MM. Lambermoiit et Baiiiiing, estima que Je moyen le plus sage de parer aux difficultés (pu s'annonçaient, le plus simple d'oibvier aux embarras financiers chaque jour grandissauts, le plus favorable aux principes civilisateurs cpii commençaient à être comiproniis, le plus conforme aussi à la dignité de la Belgique, serait d'a]nirer lui-même le passé financier de ri*>tat, de i)reiuh'e son Mibninistralioii toute entière, en lin mot, d'al)oirtler, sans plus attendre, la {[uesliou (ie la reprise, telle ([u'elle était prévue par la
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cdiivciilion (lu ;> juilkl l.S9(). reprise dont le roi lui-même venail. du l'esle, de laisser eiilrevoir la possibililé. Dans un conseil lenu le 20 décembre 180!, l'annexion fui domc décidée. LéoïKjld II ne fut pas peu surpris de la décision de son cabinet ; pris à son propre pièife, il signa, le 9 janvier suivant, un projet ([uc lui ])résenta son minisire des Affaires éirangères. SeulemenI, deux mois plus lard, au monnenl où l'on croyait voir s'ouvrir la discussion de la loi. ou ai)prit (pie le roi regrellait l'approbalion (piil lui avait donnée. Déjà, des hommes de sa dévolion. après avoir l<uié le pr(jiel. le condjaltaii'iil . Les stipulations du traité relatives à la comi)tal)ililé n'avaient, du reste, été observées que pendant une dizaine de Jours. Le Times du 18 mars, dans une correspondance bruxelloise inspirée, mettait la Belgique en garde contre la grave décisioin qu'elle s'apprêtail à prendre. Des renseignements réclamés par la commissioin parlementaire ne vinrent pas. Finalement, le projet de loi ne fut [ilus maintenu officiellement que pour la forme.
On a recherché les causes de ce brusque changement d'attitude du roi qui. après avoir laissé son gouvernement s'engager vis-à-vis du Parlement belge, vis-à-vis du gouvernement français
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avec lequel le comte de Mérode régla, à celle occasioai, la question du droit de préférence — el vis-à-vis des autres puissances, fit tout à coiUjk et sans s'exjjlicpier, écluc aux projets au l)as des- ([uels, quelques semaines auparavant, il avait apposé sa signature. Certes, les résultats financiers favorables signalés par les dernières coirrespondances d'Afrique concernant les récoltes d'ivoire et de caoutchoiiîc, ne furent jias étrangers à celle détermination : l'expoirlation de l'ivoire s'étail élevée, en 1891, à une valeur de 3 millions de fr. ; ccIJe du caoutchoaic, à près d'un million et demi et les nouvelles de l'exercice en cours présageaient des rendements plus rémunérateurs encore. 11 eût été pénible, on en comviendra, d'abandonner le jjouvoir au moment même où, grâce au nouve;iu régime décrété, l'Etat naissant allait enfin pouvoir voiler de ses propres ailes, sam; devoir recourir à l'interventioin financière de la Belgique parlementaire. Mais il est une autre cause, imprévue et plus décisive, qui fit que le projet de reprise, à peine signé, fut aussitôt contlamné et combattu sous main.